‹ Le théâtre et les MoeursChapitre 8 sur 62 · XII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XII PRÉFACE

biens acquis ; le 2^Décembre détruisit tout. Non, jamais pareil changement à vue ne s'était encore accompli dans notre histoire. Le 19brumaire 1799, quand Napoléon Bonaparte, sur l'invitation pressante de son frère Lucien, se décida enfin à commander : « Grenadiers, en avant! » le 21 octobre 1652, quand les royaux reprirent possession de la capitale ; la matinée fatidique du 9 mars 1660, à Vincennes, quand le jeune Louis sauta en catimini hors de son lit, pour s'assurer que le Mazarin était bien mort et s'habilla sans bruit pour convoquer tout de suite les secrétaires d'État et leur signifier qu'il serait désormais lui-même et lui seul son premier ministre; le 22 mars 1594, quand le « peuple assassin » en s'éveillant, vit défiler le long de la rue Saint-Honoré et des Innocents les bataillons huguenots avec leurs écharpes blanches et Notre-Dame s'ouvrir toute grande devant leur drapeau blanc et leur Béarnais que la veille encore, les curés en chaire, parmi des millîasses d'autres injures, appelaient

couramment fils de p , putier, gros pourceau,

V..., toutes ces journées ou bien inattendues ou bien tragiques ont été certes des moments décisifs dans l'histoire de la nation française. Les conséquences en ont été incalculables, sur les idées et sur les mœurs. Mais aucun de ces événements, analogues à celui du 2 Décembre, n'a

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