I. Traité, p. a
a. A vrai dire, il se pourrait que l'auteur du Traité songeât à r Hôtel de Bourgogne aussi bien qu'au théâtre de Mondory, car il n*a pas l'air plus favorable à l'un qu'à l'autre. Il semble accuser les comédiens royaux d'avoir — si j'ose emprunter son vocabulaire à M. Bergerat — tripatouillé des pièces qu'il leur avait fait l'honneur de leur confier. Et peut-être lui avaient-ils demandé de simplifier quelque décoration trop loufifue. Là-dessus, le dépit lui a fait mettre les deux troupes dans le même sac et lui a fait dire de toutes d^x ce qui ne pouvait convenir qu'à l'une d'elles. Voy. Traité, p. 278 et 278, et, ci-dessous, la note viii de l'Appendice.
paraît en 1 633 la Virginie, tragi-comédie mélodramatique, mais où Mairet s'essaie gauchement à observer les règles ; et ce n'est pas à FHôtel de Bourgogne que, en i634. la première tragédie classique paraît enfin.
Citons le récit du Segraisianat déjà tant cité*^ : « Ce fut M. Chapelain qui fut cause que Ton commença à observer la règle de vingt-quatre heures dans les pièces de théâtre, et parce qu'il fallait premièrement la faire agréer aux comédiens, qui imposaient alors la loi aux auteurs, sachant que Monsieur le Comte de Fiesque, qui avait infiniment de Tesprit, avait du crédit auprès d'eux, il le pria de leur en parler, comme il fit : il communiqua la chose à M. Mairet, qui fit la Sophonisbe, qui est la première pièce où cette règle est observée. » Nous n'insisterons pas sur ce passage : le rôle de Chapelain y est exagéré sans doute, et il est trop évident que ce n'est pas aux vingtquatre heures que les comédiens étaient le plus opposés. Mais ce qu'on a surtout négligé de voir, et ce qu'il était nécessaire d'établir, c'est que la Sopkonisbe n'a pas été ; faite pour l'Hôtel de Bourgogne : Mondory la représen- !' \ tait en i634 dans toute sa nouveauté et alors que la pièce, non imprimée encore, n'était pas tombée dans le domaine commun ' ; et on sait d'autre part que le comte de Fiesque fut un des bienfaiteurs de Mondory ^.