‹ Le théatre français avant la période classiqueChapitre 109 sur 140 · I. Mémoires anecdotes, p. ii · texte numérisé non relu

I. Mémoires anecdotes, p. ii

a. Sophonishe ne fut imprimée qu'en i635 ; or, on lit dans la Gazette du a3 décembre i634, p. 584 '• << Monsieur ouït le soir du même jour (du 18) la comédie chez lo duc de Pu^laurent (qui fut la Sophonishe de Mairet, représentée par Mondory et son ancienne troupe, encore ralliée pour cette fois). » — L'auteur d'un Essai sur les théories dramatiques de Corneille s'est efforcé de démontrer que la Sophonishe n'avait pas été jouée avant i635. (Voy. A. Lisie, Essai..,, p. gi-ga.) Il était plus près de la vérité que ceux qui ont si longtemps maintenu ou qui maintiennent encore pour cette œuvre la date de 1629.

3. Bizos, p. a86. — Cette aide prêtée aux classiques par Mon-

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I. L Art dr ,a iragfUi'f. f - S r-. D es! mi que cette formule 4éc if^fj d*r U TaJ.^ a an seos un peu diîTrrv^t de cdui qu ou lui (tiif ih Mi 4 ^/rdiiMJkire et sicniEe : « Les œurres dramatiques ne 4oififfti jhuèmU /rire formées de plusieurs Journées ; elles doivent •'^ \^4>-h*-:T i'u un mètne leinps (ce qui est ^"aîrue^ et en un même huii ,, \oy, mm élude sur le Théâtre de ia Renaissance, dn/i» I ///*/. de la langue et de la lia. fr., t. lU, p. 2S2.

U, r'féf^ni'i, p, 317. (Cet auteur est Jean de Baubreuil.)

Mais ce ne sont là que dés apparences, par lesquelles il ne faudrait pas se laisser tromper. Les classiques du.xvi® siècle n'avaient pas de théâtre, et, par conséquent, leurs oeuvres pouvaient posséder toutes sortes de qualités : il leur manquait la vie ; ceux du xvii* venaient de mettre la main sur un des deux théâtres publics, et le second ne pouvait manquer de se soumettre bientôt à eux.

Pour le moment, il s'obstinait dans sa résistance, et Mairet le constate très clairement. « Il faut avouer, dit-il à propos des vingt-quatre heures, que cette règle est de très bonne grâce et de très difficile observation tout ensemble, à cause de la stérilité des beaux effets qui rarement se peuvent rencontrer dans un si petit espace de temps. Gest la raison de rHôtel de Bourgogne, que mettent en avant quelques-uns de nos poètes qui ne s'y veulent pas assujettir*.» Ainsi, l'Hôtel de Bourgogne appartenant ? encore aux irréguliers, et le théâtre de Mondory étant / . ouvert aux deux partis, commence une longue période de | V transition et de lutte, où les uns attaquent les règles ^, où «

I. Préface de la Sihanire, p. 18 — Pourquoi Mairet ne parlet'il ici que de la règle du temps ? Sans doute parce que celle du lieu n'avait pas pour elle l'autorité expresse d*Aristote (voy. d'Aubignac, 1. II. ch. vi ; t. I, p. 87) ; mais on peut ajouter que la règle de Tunité de lieu était la plus difficile à faire accepter — et l'on pourrait presque dire : à faire comprendre — à des spectateurs familiers avec la décoration multiple. En Italie, en Espagne, en France, les classiques ne s'avisent de réclamer l'unité de lieu qu'après avoir longuement réclamé l'unité de temps ; chez nous. Corneille assure qu'en 1639 la règle des vingt-quatre heures était la seule que l'on connût, et, si c'est une erreur, elle est significative. Quoi qu'en pense Breitinger, il y a autre chose ici que la seule influence d'Aristote. (Voy. Breitinger, les Unités d'Aristote avant le Cid, p. la, aa, 3a ; et cf. Arnaud, /c5 Théories dram. au xvii^ s., p. ia4» n. Voy. Corneille, Examen de Clitandre, t. I, p. 270.)

a. Contre les règles, voy. la préface mise par Isnard au-devant de la Filis de Scire de Pichou (fr. Parfait, t. IV, p. 4a4) ; l'avertissement « à qui lit » en tête du Ligdamon et Lydias de

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les autres les défendent, où d'autres enfin s*en servent ou les négligent selon les cas.

« J*ai cru, dit Corneille en tête de la Veuve, rendre assez de respect à l'antiquité de lui partager mes ouvrages, et, de six pièces de théâtre qui me sont échappées, en ayant réduit trois dans la contrainte qu'elle nous a prescrite, je n'ai point fait de conscience d'allonger un peu les vingt-quatre heures aux trois autres » * . Et Scudéry se montre parfaitement d'accord avec Corneille, tout en étant plus instructif encore pour nous, lorsqu'il écrit en tête de sa Didon : « Cette pièce est un peu hors de la sévérité des règles, bien que je ne les ignore pas ; mais souvenez-vous (je vous prie) qu'ayant satisfait les savants par elle, il faut parfois contenter le peuple par la diversité des spectacles et par les différentes faces du théâtre » . Et Scudéry ne s'en faisait pas faute: dans le Trompeur puni (i63i), il mettait sur la même scène l'Allemagne et le Danemark ^ ; dans le Fils supposé (i634)» l'action se transportait de Paris en Bretagne dans le même acte ^ ; le Prince

Scudéry, i63i ; les préfaces de T^^^ari^e, i636, etde ]a Pa/t^/iée, iGSg, par Durval, etc. ; et surtout le Traité de la disposition du poème dramatique, 1637 (voy. à l'Appendice, note viii). C'est sans doute là qu'on trouve la formule ]a plus nette et la plus complète de la poétique fondée sur la décoration multiple : (( C'est à l'esprit du poète à disposer la scène en telle sorte qu'il y puisse représenter plusieurs actions aussi^ bien comme une, et qu'on y puisse voir et discerner autant de pays, séparés ou contigus, voisins ou éloignés, que l'argument de la pièce en pourra toucher, parcourir ou comprendre, et tout cela dans un temps raisonnable que le jugement de l'auteur saura prescrire, étendre ou raccourcir, non suivant la naturelle dimension, mais proportionnément, ayant égard à la contenance et capacité du théâtre et la considérant comme un raccourci des lieux et des choses qu'on y veut représenter, et même, si besoin est, comme un abrégé de tout l'univers. » P. 271.

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