Fr. Parfait, t. V, p. ii
TRANSFORMATION DE LA MISE EN SCÈNE sSq
déguisé séduisait les spectateurs par le « superbe appareil de la scène, et la face du théâtre qui changeait cinq ou six fois entièrement à la représentation de ce poème* ». Que d'autres ne sont pas plus réguliers ! Il est inutile ide citer de nombreux exemples, le mémoire de Mahelot nous en fournissant de forts intéressants ; mais nous ne pouvons nou s empêcher de rapocler une tra^i-comédioc^ç^^ ^l ^^ ira y . qui porte pour titre le Jugement de Paris et le ravissement d*Hélène, L'action s'y passe dans l'Olympe, sur le mont Ida, dans le palais de Priam, -à Lacédémone et sur un vaisseau ; les unités de temps et d'action ne sont pas plus respectées que celle de lieu ; et cette pièce a été cependant jouée vers 1689 *.
En dépit de ces hardiesses, la préoccupation des règles est désormais partout ', et, si quelques-uns de ceux qui les violent s'en font gloire, la plupart s'en excusent et hasardent d'étranges justifications : « Ici la scène est à Salerne, dit le sieur d'Ouville, et sur la fin à Naples, ville du même royaume, où l'on peut aller en trois heures *. »
Mais — et c'est le point le plus important à noter — ceux même qui veulent être classiques comprennent ces unités, et surtout l'unité de lieu, d'une façon très large et avec beaucoup de libertinage ^. a Ma scène est en un château d'un roi, proche d'une forêt», dit Corneille en
I. Scudéry, le Prince déguisé, tragi-comédie, au lecteur. (Voy. ci-dessus, p. a54. n. i.) Rotrou fait dérouler l'action do r Heureuse constance (i635. d'après M. Stiefel). tantôt en Dalmatie, tantôt en Hongrie. Dans la Belle Alphède (i636, Stiefel), on passe, au milieu du 3' acte, de la prison d'Oran en un bois près de Londres. (Jarry, p. ag.)
a. Fr. Parfait, t. VI, p. 54 57.
3. Voy. Lisle, Essai sur les théories dramatiques de Corneille, p. 88 sqq.
4. Les Trahisons d'Arbiran, tragi- comédie ^ 1637, prologue. (Fr. Parfait, t. V, p. 354.)