I. Gomme on appelait Rojas
s. (< Sunto quidem duo gênera, quae etiam vicatim et oppidatim per universam Galliam mirificis artificibus circunferuntur,. morale et ridiculum. » Julii Cxsaris Scaligeri viri clarissimi Poetices libriseptem. Ed. tertia, i586, 1. 1, ch. ix, p. 43.
la France comme de l'Espagne, où chaque troupe un peu considérable avait à sa tête un aator ou directeur. En France, ce mode d'entreprise théâtrale exista aussi, mais surtout à l'origine, et disparut de plus en plus * ; dans la plupart des troupes, les acteurs ne voulaient pas de maître, et se contentaient d'accorder une influence plus grande à celui d'entre eux dont le talent paraissait le plus remarquable. Il en est ainsi dans la troupe du Roman comique *, et Chappuzeau dit nettement : « Si le séjour des Républiques n'est pas le fait des comédiens, le gouvernement républicain leur plaît fort entre eux ; ils n'admettent point de supérieur, le nom seul les blesse, ils veulent tous être égaux et se nomment camarades... Ceux d'entre eux qui ont le plus de mérite ont aussi dans l'État le plus de crédit^. »
Mais, si le poète des comédiens n'en était pas le directeur, on aimerait à penser tout au moins qu'il était traité par eux avec quelque respect; illusion difficile à conserver, si l'on veut tenir compte des faits et des textes. Quand le poète était en même temps comédien, comme Desfontaines, Jean-François l'Hermite ou Ragueneau, la considération qu'on lui accordait était celle que méritait son talent d'acteur, et elle était nulle certainement si, comme Ragueneau, il ne s'entendait qu'à moucher les chandelles. Si le poète ne montait pas sur la scène, ou n'y «nbntait qu'exceptionnellement et dans les moments difficiles pour sa troupe, ainsi qu'a dû faire Hardy, ainsi que faisait le Roquebrune de Scarron, quels égards pouvait-on avoir pour lui? Les comédiens de nos jours, plus éclairés que ceux du xvi® siècle, ont la faiblesse de regarder de haut
i* Petit de Julloille, les Comédiens, p. 337-338.
2. Comme la remarqué Fournel, les Contemporains de Mc" Hère, t. I, p. 434-