‹ Le théatre français avant la période classiqueChapitre 129 sur 140 · I. — Lefebvre et Vautray · texte numérisé non relu

I. — Lefebvre et Vautray

Lefebvre et Vautray se sont-ils retirés tous deux du théâtre vers 1620?

On lit dans un article consacré à mon Hardy par Ch.>L.

Livet (/?ev'Me générale^ i**" décembre 1890, p. 5o4) : « Dans la

vie civile, les comédiens avaient été d*abord, en masse et tous

ensemble, réputés infâmes, incapables d'occuper aucun emploi,

même après avoir quitté le théàtfe ; plus tard, des réhabilitations

individuelles furent accordées, tantôt avec exclusion de toute charge

à la Cour, dans la magistrature et à Tarmée, comme à Laporte,

le 18 janvier 1620, tantôt avec une autorisation « de tenir et

exercer charges, offices et dignités», comme à Mathieu Le Febure

le 3i décembre 161 9 et à Français de Vautrel qui fut pourvu par

Sa Majesté d'un office de fourrier de sa grande écurie, « sans

que le nom de comédien, dont il a ci-devant fait profession, lui

puisse être objecté ni imputé » (juin 1620).

Les renseignements contenus dans ces lignes seraient précieux s'ils étaient exacts, mais le nom de Vautrav est bien estropié, ce qui concerne La Porte-Lefebvre est contradictoire, et il n'est renvoyé à aucune pièce justificative.

IL — Bruscambille

Dans le prologue en faveur ctes écoliers de Toulouse {Fan* taisies, p. 176), Bruscambille dit qu'il a filé avec les écoliers, c'est-à-dire avec les étudiants, le plus délicat de ses ans. £n quelle année a-t-il débuté à l'Hôtel de Bourgogne ? Un prologue, qui figurait déjà dans l'édition de 1609, est une sorte de discours d'installation et me parait dater de 1607, si même il ne date de quelques années plus tôt. Citons-le, il ne manque pas d'importance pour l'histoire de notre théâtre : « Tout ainsi que la terre, produisant un petit arbrisseau, ne le peut décorer d'une grandeur si

hf^'ïi^ H M [Kirtjitr ij>i«> '*(*//'» dont ïisx le gratifie en son période,... atii»î n'ure petite truupc ne faisAni encore que k joindre et éclore de^ ilànc* il*; la <lt>tin«^<>. qui l'aTiit amoureusement conçue du propre ^orme d*' n>M «If^irs. ne vous pourra figurer au berceau de sa n4i»«diice une tant ail nirable et excellente forme, €|ue si eQe etAii d«-jà h«''rititTe du futur, qui. comme père et possesseur de sa 1« .:iUrnet^p''raiice, lui promet tout au moins un ran^ assez notable p>ur bra>er par elTct ce que la France adore selon rinlentîon de %f^ It'giTvU'S . car, si le mérite e«t plus digne de louange que la fulic l'on quittera la mignardi>e Italienne. l'Espagnole gravité et la curio>ilé .Vn^'lai<»e. pui«4|u*après cela rien ne reste plus que le »il(»nce ne 5oit capable d'exprimer, afin de voird'unœil amoureux rt'io<|uence Française, comme sur un théâtre plus élevé, fouler le ga/on du Parnasse et triompher en toutes sortes de merveilles que le Ciel, comme son g<*nileur. se délecte d'offrir à son avantage... Nous nous en rapporterons à vos beaux jugeinents, qui sauront trop mieux dérouvrir le secret de nos âmes », et nous espérons acquérir et c^>n9erv'er « la- réputation due à nos labeurs en faveur du contentement que nous vous promettons et du service que nous vous jurons en toute humilité. » Prologues de 1610, f**^ iio à lia r®. (^ProL de 1618 (1609), p. 96-99. — Œuvres de 1619, p. aoa-a(>4. page marquée par erreur 293.)

\ ouions-nous nous faire uue idée du costume et de la physionomie de Bruscambille .' Lui-même ne parle que de ses « lunettes h grand volume* »; mais, dans la Ville de Lyon en vers bur- If.sques. poème facétieux et mal rimé de i683, une a librairesse 9 , cherchant à vendre à un amateur « le Songe et vision de Brus< cambille le bouffon », décrit ainsi lo portrait qui se trouve en tête du volume :

Il a pour casque une marmite, Pour plastron une lèchefrite Ornée d'andouille et saucisson ; N'a-t-il pas bien bonne façon P Une broche pour hallebarde Pluinc de chapons et poulardes,

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