‹ Le théatre français avant la période classiqueChapitre 37 sur 140 · Eud. Soulié, p. i · texte numérisé non relu

Eud. Soulié, p. i

LES THÉÂTRES DE PARIS DE l548 A l635 \ 79

ces auquel nous avons assisté eut une solution définitive* ' Les biens de la confrérie furent confisqués au profit àe rhôpital général, et c'est à Thôpital général que les comédiens en payèrent le loyer. La confrérie avait vécu.

Mais nous n'avons pas à descendre si bas ; les limites que nous nous étions tracées ont été atteintes. Résumons en quelques mots ce que nous avons appris.

Fondé en i548, le théâtre de l'Hôtel de Bourgogne ne servit d'abora qu'aux, représentations de» confrères de ]a Passion. Leur -succès ayant été médiocre, une vraie troupe

de comédiens fut, en 1678, chargée par eux de les remplacer ; mais il ne semble pas qu elle ait abandonné leur répertoire, et les maîtres, d'ailleurs, n'avaient abdiqué que provisoirement. Ils remontèrent sur leur scène, mais pour en descendre bientôt, et sans retour. Dès lors, leur rôle se borna à louer leur salle, à percevoir un tribut de ceux qui représentaient en quelque autre endroit de Paris, et à poursuivre devant les juridictions compétentes ceux qui feignaient d'ignorer leurs privilèges.

Maintes troupes, françaises ou étrangères, passèrent ainsi sur leur scène, successivement ou simultanément. Mais, s'il n'y eut pas, comme on l'a dit, de troupe régulièrement et définitivement installée dès la fin du xvi® siècle, nous voyons du moins certains acteurs y revenir à plusieurs reprises, y faire de longs séjours, et installer enfin à l'Hôtel de Bourgogne ce théâtre définitif qu'on avait voulu y voir trop tôt. Valleran Lecomte représente quelques mois rue Mauconseil en 1699 ; il y revient probablement l'année suivante avec Robert Guérin ; nous l'y retrouvons en 1607, et cette fois pour longtqipps. Sa troupe y semble même définitivement assise, lorsque nous

8o LE THÉÂTRE FRANÇAIS AVANT LA PÉRIODE CLASSIQUE

la voyons quitter l'Hôtel en i6aa, pour promener dans Paris ou dans les provinces ses représentations. Elle y revient enfin en 1628, et cette fois pour n'en plus sortir*. Depuis longtemps, elle porte le titre de troupe royale, et prétendra même le mériter seule, alors que d'autres auront acquis le droit de le porter.

/^ En face de cet Hôtel de Bourgogne, qui ne prend que tardivement le caractère d'un théâtre définitif, mais où cependant les représentations ne chôment guère et où une même troupe séjourne si longtemps, un théâtre rival existait-il, même soumis à des éclipses et à des changements de personnel, même se transportant à plusieurs reprises dans des locaux divers P *\ Nous sommes forcé de répondre non.

Les troupes que nous avons vues paraître à l'Hôtel de Gluny, à la foire Saint-Germain, au faubourg Saint-Germain -des-Prés, dans la rue Bourg-l'Abbé, ailleurs encore, n'avaient entre elles aucun rapport et ne sont restées que fort peu de temps.

De 16a a à i6a8, la troupe royale, qui n'est pas restée conslammcnt à Paris, n'en a pas moins changé plusieurs fois de local dans la capitale ; preuve qu'elle n'avait pas trouve de théâtre tout fait pour s'y établir.

Restent les représentations données par Laporte et par la troupe royale elle-même à l'Hôtel d'Argent. Les premières ont commencé vers 1609, et n'ont guère duré qu'un an ; celles de la troupe royale n'ont peut-être duré que quelques jours. Et voilà, si l'Hôtel d'Argent était au Marais, à quoi se réduirait toute l'histoire du « Théâtre du Marais » jusqu'après Mélite. Mais il manque même, à la légende que nous venons de combattre, ce faible fonds de

I. Jusqu'en 1680, date de la fusion entre le théâtre de l'Hôtel de Bourgogne et celui de THôtel Guénégaud.

THUL Fierr»- .t ir— i . - -• " '' —

nom !♦• Brii'""— '''

Cf' n •*?* "Àa.- -s^ - — • /:

mak. Ib- Ui'T -■: -.i ■ *^

rt dt •?— ^ -?- .-■ - - ■ ■ ^

moi*' at Oii^r . ♦ "

ik Oh pc-r

(t TA -* XL

(It; Eti -^i^:„— .- Une .^p zr-

vri:.-r

Page 1