‹ Le théatre français avant la période classiqueChapitre 50 sur 140 · Remarques et observations, p · texte numérisé non relu

Remarques et observations, p

avais promis. Je le présentai de bonne grâce ; il eut Thonneur d'entretenir une demi-heure ce jeune prince^^ et môme il eut la satisfaction d*en recevoir quelque libéralité, ayant fait sur le champ ces quatre vers à sa gloire :

Ma muse à ce prince si beau

Consacre un monde de louanges, . **

Qui volent au palais des anges

Et sont exemptes du tombeau.

Quoique ces vers eussent des défauts, nous n'étions pas capables de les pouvoir discerner, et nous trouvions seulement agréables ces termes ampoulés qu'il avait recueillis vers les Pyrénées. Je ne sais comment, en prenant congé de mon maître, ce poète débauché dit inopinément quelque mot sale, et qu'il avait accoutumé d'entremêler en tous ses discours. Notre précepteur en fut averti, qui prit ce prétexte pour se venger de l'affront qu'il avait reçu pour mon sujets II me vint surprendre le lendemain au matin et me fit une grande remontrance sur la discrétion qu'il fallait garder à faire connaître de nouveaux visages à un jeune prince, et m'aggrava fort la hardiesse que j'avais prise de présenter à mon maître un homme inconnu et

vicieux^ »

Tel est le récit de Tristan. Or, rien ne permet de douter de l'authenticité de l'anecdote, la véracité du biographe ayant été mise hors de doute par la patiente et savante enquête de M. Bernardin ; mais, quoi qu'en aient pensé tous les auteurs qui avant nous avaient cité ce texte ^,

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