Voy. fr. Parfait, t. III, p. a62-a
3. Est-ce d'eux ou des camarades d'Agnan que Tallemant veut parle^? Dans la seconde hypothèse, ceux-ci auraient valu ceux-là. « Agnan a été le premier, dit-il. qui ait eu de la réputation à Paris. En ce temps-là, les comédiens louaient des habits à la friperie ; ils étaient vêtus infàmement et ne savaient ce qu'ils faisaient. » T. III, p, 170 (Hist. de Mondory).
4. Nous en avons cité quelques-uns, p. 85-86. Ajoutons que VArimène, pastorale de Nicolas de Montreux, fut jouée devant le duc de Mercœur en 1596 ; que Polyxène^ Hypsicratée, Es au de Jean Béhourt, furent jouées au collège des Bons-Enfants de Rouen en 1597 et 1598; que ï Hercule furieux, YAgamemnon,
LE RÉPERTOIRE DE l'hOTEL DE BOURGOGNE ia5
Comment expliquer, par exemple, si les pièces de Gar~ nier ont été représentées, que, parmi les éloges si nombreux et si enthousiastes qu'en ont faits les contemporains, aucun souvenir ne se soit glissé de ces représentations ? Or, c'est de nos jours seulement qu'on a affirmé que les tragédie» de Garnier avaient paru sur la scène de l'Hôtel de Bour— gogne * , et tout proteste contre une telle assertion : la nature même de ces pièces, dont la dernière, les Juives, renferme seule quelques traits dramatiques ; l'absence absolue dans les préfaces et les dédicaces de renseignements concernant la représentation ; le terme de traites par lequel l'auteur désigne ses œuvres ^, et qui semble mal convenir
VOctavie et la Diéromène, pastorale de Roland Brisset, ne furent pas représentées. (Voy. fr. Parfait, t. 111, p. ^i6, 53o, 532, 538,. 478, 491, 494.)
I. Voy. Faguet; voy. ViolIet-lc-Duc ^Ancien théâtre francois, introduction du tome IV). — Nous nous trompons pourtant •.. Perrault faisait de même, à la fin du xvii» siècle, dans son Parallèle des anciens et des modernes ; mais il suffira de citer le^ passage pour faire voir ce qu'il mérite de confiance. f/Abbé vient de dire quelles étaient autrefois la structure et les décorations du « Théâtre de la Comédie de Paris » ; il ajoute : « On j«uait alors^ les pièces de Garnier et de Hardy, qui la plupart ne sont autre chose que les pièces de Sophocle et d'Euripide traduites ou imitées... Nos pères, à qui l'on faisait entendre que les tragédies qu'oir leur donnait étaient les plus beaux ouvrages de Tantiquité, ics^ écoutaient avec patience, et croyaient même être obligés de s'y divertir, parce qu'il leur aurait été honteux de n'être pas touchcs^ de ce qui avait fait les délices de toute la Grèce et mérité l'admiration de tous les siècles. » Et plus loin : a L'Abbé : La preuveque je crois devoir résulter de mon histoire de la comédie est que les tragédies des anciens sont beaucoup moins belles et moins^ agréables que celles de notre siècle. — Le Président : Et cela, parce que la Sylvie de Mairet a plu davantage que les pièces de Garnier et de Hardy! — L'Abbé i Oui, puisque les pièces de Garnier et de Hardy ne sont presque autre chose que celles de- Sophocle et d'Euripide ! » Parallèlej t. HI, p. 192-196.
a. Précisément en tête des Juives, et dans sa dédicace à Mi?'* de- Joyeuse : « La prérogative que la vérité prend sur le mensonge, l'histoire sur la fable, un sujet et discours sacré sur un profane^ m'induit à croire que ce traité pourra préceller les autres. »
a des drames faits pour le public. Il est vrai que Garnier, -en écrivant sa Bradamanie, a pensé qu'elle pourrait être représentée, et que cette tragi-comédie a été représentée <cn effet tout au commencement du xvii* siècle*. Quoi «d*étonnant, puisque la Bradamanie est la plus dramatique — je devrais dire la seule dramatique — des pièces de Oarnier ? Mais les expressions mêmes de Fauteur montrent que, s*il .prévoit une représentation possible, lui-même n'a pas fait et ne songe pas à faire représenter son œuvre*. Enûn — et ici je demande la permission de me citer moimême^ — , « c'est surtout lorsqu'on cherche en vue de quelles dispositions scéniques étaient conçues les tragédies du xvi" siècle, qu'on trouve, en faveur delà thèse que nous soutenons, un argument neuf et intéressant. A cet égard, <?n effet, les tragédies du xvi® siècle se divisent en deux classes. Les unes ont été composées pour une scène qui ne représentât qu'un seul lieu, réel ou imaginaire, précis ou vague, le plus souvent vague et en quelque sorte abstrait, pour une scène unique et nue, encadrée de tapisseries ; dans les autres, les auteurs se sont contentés de
1. Voy. Roman comique, 2° partie, ch. m; t. I, p. 378. La daverne, qui n'est plus jeune au temps 011 se passent les événements du roman, raconte une représentation qui a été donnée pendant son enfance. — On trouve dans les lettres de Malherbe à Peiresc quelques détails sur une représentation de Bradamanie, qui fut donnée à Saint-Germain par les principaux personnages de la cour le a août 161 r. Voy. lettres du i*'' et du J août, éd. Lalanne, t. III, p. 247-248. Cf. Héroard aux 27 avril 1609, 29 juillet et 2 août 1611 (t. I, p 892; t. II, p. 71-72).
2. « Et parce qu'il n'y a point de chœurs, comme aux tragédies précédentes, pour la distinction des actes, celui qui voudrait faire représenter cette Bradamanie sera, s'il lui plaît, averti d'user d'entremets et les interposer entre les actes pour ne les confondre, et ne mettre en continuation de propos ce qui requiert quelque dislance de temps. » Argument de la tragi-comédie de Bradamanie.
3. Le théâtre de la Renaissance (Jlist. de la langue et de la liit.fr., t. III, p. 267-8).