LE REPERTOIRE DE L HOTEL DE BOURGOGNE
une Tragédie à huit personnages traitant de Vamour d*iin serviteur envers'sa maîtresse et de tout ce qui en advint^ par M® Jean Bretog (i56i) : Vénus et Jalousie y jouent des rôles, et le valet, surpris avec la femme de son maître, est condamné à mort et pendu sur le théâtre * . — Un autre genre avait été recommandé aux Confrères par le Parlement lui-même, celui des ce histoires et romans », pour lesquels notre littérature du moyen âge offrait tant et de si populaires sujets encore en vogue, mis plus en honneur sous Henri II par les mœurs chevaleresques de la cour*. Les acteurs de THôtel de Bourgogne entrèrent dans cette voie ; en i557 fut monté à grand frais Huon de Bordeaux, pièce en plusieurs journées ', et nous avons vu que plus tard Agnan Sarat jouait Amadis. — Mais le genre préféré des Confrères était la farce, Tancienne farce hardie et licencieuse ^. C'était à elle sans doute que la confrérie devait d'avoir pu lutter contre des diilicultés nombreuses, d'avoir retenu — en partie du moins — un public que la farce charmait toujours.
I. Frères Parfait, t. III, p. 33o. Cf. Suard. qui fait une ana* Ijse piquante de quelques pièces de ce temps, p. 78 sqq.
a. \oT. Bourciez. les Mœurs polies et la littérature de cour sous Henri II, Paris. Hachette. 1886, in -8; cbap. m, l' Amadis. — Plus fard encore, les Lancelot du Lac, les Amadis. \e% Huon de Bordeaux faisaient l'amusement de la jeunesse. Yoy. Monlai^Ofne, I. I, ch. xxT. t. I. p. 3^7 de Tédition Lofiandre. La fin du xn"siècle TÎt paraître de nombreuses réimpressions de no^ romans du moyen âge,
3. Les reprinenfations en forent inifirrompaes, on ne sait trop pourquoi, par ordre du prérit ; mais l'interdiction fut lerée par le Pariement. Voy. Dulaure. t. IV, p. S^i ; He^me rétrospective . 1. 1, p. 3^6; et cf, Ebert. p, ia5,
4- Voy. dn» les fr. Partit, t. HI, rpelrpies forcer publié*^ dans laieeoDde partie dn xn* siècle, celle de^ Femmes salées, p. 3o5; b Parce jfyreus^ etprofitahU a un chnam. contenartt la ruse, mtéchanccié et obstination d aucunes femmes, p. 5i-*»* etc. Cf , le Répertoire du tk. corn, en />. au m*y nie. par Peift de JBlfeTiile.
l3a LE THÉÂTRE FRANÇAIS AVANT LA PÉRIODE CLASSIQUE
En 1699 seulement, elle renonça pour toujours à Tart dramatique et céda son théâtre à de vrais comédiens, que Hardy accompagnait. La nature des spectacles pouvait changer.
Ainsi, en i55a, Jodelle avait inauguré des représentations d'un genre nouveau ; près de cinquante ans après, Hardy reprenait son œuvre. Mais le premier, poète dramatique par occasion, s'était adressé à un public de passage par la voix d'acteurs improvisés ; le second, vivant au théâtre et par le théâtre, faisait entendre à un public populaire des pièces qu'interprétaient des comédiens de profession. La tentative de l'un avait été originale, mais éphémère, celle de l'autre était plus opportune et devait produire des effets durables. Les différences fondamentales entre les œuvres de ces deux écrivains et de leurs émules se devinent déjà d'après ce contraste.
Hardy et ses compagnons arrivaient de la province, et c'étaient les pièces qu'ils avaient fait applaudir en province, c'étaient surtout les genres qu'ils y avaient mis en œuvre, qu'ils apportaient aux Parisiens. Quels étaient ces genres et ces pièces ?
Mais d'abord, quel était, en général, le répertoire des troupes de campagne à la fin du xvi* siècle et au commencement du XVII* ?
M. Trautmann * a donné sur ce sujet quelques renseignements fort importants. En 1672, le Français Nicolas Bource est signalé à Nancy comme a maître-joueur d'histoires » ; aux environs de i583, des Welches représentent des « comédies bibliques» à Metz, à Strasbourg et à