‹ Le théatre français avant la période classiqueChapitre 7 sur 140 · Roman comique, i^^ partie, ch. xix, t. I, p. ao · texte numérisé non relu

Roman comique, i^^ partie, ch. xix, t. I, p. ao

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une bagarre se produit à la porte du théâtre : le portier est blessé au bras et deux comédiens sont emprisonnés * . Pauvres comédiens ! C'étaient toujours eux les responsables; et quand, le 35 février i585, les Consuls d'Agen accordaient à Guillaume Marteau la permission déjouer pendant une huitaine, ils avaient soin d'ajouter : a ce sans scandale, à peine d'en répondre de sa vie et de ses compagnons ^. »

• Du moins, pour les autorités civiles, il n'y avait scandale que si les représentations étaient troublées. Mais, pour le clergé, toutes les représentations, quelles qu'elles fussent, étaient scandaleuses, et il le faisait bien voir aux comédiens. En 1699, à Tournai, des acteurs français ayant été autorisés à jouer farces, comédies et tragédies, l'évêque se présenta à l'assemblée des prévôts et jurés et déclara qu'il « n'entendait aucunement tolérer, vu qu'en leur permettant ce serait donner moyen de débauchements et ivrogneries au peuple, et que, comme Français, ils pourraient épier le pays, emportant les deniers du peuple, lequel aussi se mettrait à oisiveté, ajoutant après plusieurs propos que ce fait n'était seulement de la connaissance séculière, ains aussi ecclésiastique, et qu'on ne devait avoir donné ladite grâce et licence sans lui en avoir parlé, disant avec grande colère, chaleur et béement, par plusieurs fois, qu'il ne permettrait lesdtts jeux, ains que, s'ils jouaient, il les tirerait jus du théâtre et renverserait ledit théâtre, priant que Dieu lui en donnât la force'.» Les autorités civiles tenaient-elles bon et, comme à Tournai en 1699, priaient-elles l'évêque « de vivre en« repos de ce côté et se mettre hors la tête tels soucis », les moyens ne manquaient pas au clergé de nuire aux

1. Scarron, Roman comique, 3« p., ch. v, t. I, p. 288 ; Mugnter, p. i4i. Cf. Bricauld de Verneuil, p. 34.

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