Adlsu, bel HâUI ds Bourgogne
dit avec regret le Poète crotté de Saint-Amant,
Où malat eirnt^inent d« Blou.
Coué d-ua «l« a., .«u. lo».
P«ur.n-.lkr.i.>nai. ilagu=r„.
Sa pflnaMla dmaa un parterre
DonI las hoiiant l'ont l«8 lUuri.
- Las diien babîta lag couleura.
Les reuilles Isa badauds <fii Iramblant,
El où loua aea auppAta a'usHmblsnt,
Ivrsa de biirs el de petun.
Pour faire ud aabbat Importna.
(Édition Livct, 1. 1. p, ïa5-îa7.)
aiG LE THÉÂTRE FRANÇAIS AVANT LA PÉRIODE CLASSIQUE
chaussés ; c*est qu'il faudrait faire voler quatre diabEes en l'air, vous infecter d'une puante fumée de foudre, et faire plus de bruit que tous les armuriers de la rue de la Heaumeric. Voilà vraiment bien débuté ! Notre théâtre, sacré aux muses qui habitent les montagnes pour se reculer du bruit, deviendrait un banc de charlatans. Hélas I messieurs, c'est votre chemin, mais non pas le plus court ; s'il nous arrive quelquefois de faire un tintamarre de fusées, ce n'est que pour nous accommoder à votre humeur. Apprenez la patience de moi, qui endurerais fort librement un fer chaud en votre cul sans crier ; ce que ne voudriez pas faire toutefois ^ »
C'est en ces termes, et en d'autres termes que je n'ose pas reproduire, qu'il fallait parler au public pour lui plaire ; on comprend que les pièces sérieuses ne fussent pas son idéal. S'il consentait à les entendre et à ne pas rire pendant deux heures, c'était à la condition de se rattrapper largement; s'il ne repoussait pas un mets aussi fade, c'était à la condition qu'il serait accompagné d'autres, fort épicés. Le marché avait été accepté par les comédiens, et voici comment étaient composés les spectacles qu'ils servaient d'ordinaire à leur public.
Tout d'abord, il eût été imprudent de commencer les représentations par une vraie pièce. Avec un public aussi turbulent, elle eût couru risque d'être mal écoutée; et si les acteurs, rarement prêts à l'heure, avaient tardé à paraître sur le théâtre, il y 'eût eu danger à laisser trop longtemps de tels spectateurs, dans une salle et dans des couloirs obscurs, à leur grossièreté et à leur immoralité.
I . Fantaisies , p. 8o-8i (prologue facétieux de l' impatience. ")
L ORGANISATION DES SPECTACLES Ul'J
he prologue obviait, en partie du moins^ à ces inconvénients. Il occupait le public en attendant que les acteurs fussent préparcs*, et, mêlant les facéties aux recommandations sérieuses, les imaginations superlijiques aux plaidoyers pressants en faveur des comédiens, l'amenait à plus de calme et d'attention. Aussi chaque représentation commençait-elle par un prologue, que débitait un acteur de la troupe.
Quel acteur P On a dit que tous s'acquittaient de cette fonction à tour de rôle ^ ; mais rien n'est moins probable, car on n'a jamais publié, cité, vanté, que des prologues de Bruscambille ^ ; car, après la mort même de ce farceur, ses camarades supposaient qu'il faisait encore des harangues aux enfers, « n'ayant personne, disaient-ils, dans les Champs-Elysées, qui soit capable comme il est pour ce faire, et aussi que c'est une chose que de tout temps il a pratiquée parmi nous* ». Le prologue appartient donc surtout, sinon exclusivement, à Bruscambille, et il a sans doute disparu avec lui^.