I. Nouv. imaginations, p. ii
a. Éd. Fournier, la Farce et la Chanson, p. xcvj.
3. Les fr. Parfait, t. lY, p. 837, disent que Gaultier Garguille « est l'auteur de plusieurs prologues et d'un recueil de chansons »; mais, s^ils donnent le titre du recueil de chansons, ils n'indiquent pas où se trouvent les prologues. Celui même qu'ils citent, sur le mensonge (p. 3a7-3a9), n'est que la réunion, fort négligemment faite, de divers passages de Bruscambille. Il en est de même pour les fragments que cite Dulaure. t. VI, p. 65. Nous ne connaissons qu'un prologue dont Bruscambille ne soit pas lauteur et dont il soit fait une mention authentique : celui que Laporte a prononcé à Bourges en 1607. Voy. ci-dessus, p. aa. n. i.
4. Révélations de l'ombre de Gaultier Garguille, i634. (^Chansons, p. 176.)
5. Pour faire place aux harangues de V orateur. Le premier orateur de la troupe royale fut sans doute Bellerose qui, avant l'arrivée de Floridor, s'acquitta de ces fonctions avec un grand %uccès. (Chappuzeau, 1. III, ch. lvi. p. 376; Lemazurier, t. I, p. i49-) On voit quelle révolution s'était accomplie, puisque Bruscambille était remplacé par Bellerose, et le prologue facétieux
ai8 LE THÉÂTRE FRANÇAIS AVANT LA PÉRIODE CLASSIQUE
Nous n'avons pas &. étudier longuement le style et le caractère de ces prologues ; peut-être nos citations les ontelles déjà trop fait connaître. Il y a là un mélange singulier d'esprit alerte et d'absurde galimatias, d'érudition indiscrète et d'obscénité grossière, qui fait invinciblement songer à Rabelais, là où Rabelais n'est pas excellent. Certains des sujets sont sérieux, sinon sérieusement traités : de ramitié, de la folie, de la misère ou de V excellence de V homme, de la colère, de V honneur ; d'autres sont simplement plaisants : nihil scientiapejus, en faveur du mensonge, des puces, à la louange des poltrons, harangue funèbre du horinet de Jean Farine; mais que de titres aussi se refusent à la citation et en disent long par cela même sur le public devant qui on les développait * î Tels quels, ces prologues,
débité au commencement du spectacle par la harangue sérieuse prononcée à la fin. — Nous n*avons pu, malgré de très longues recherches, trouver un opuscule qui figurait au catalogue de la vente Ta^flor en iSgS sous le n® 3967 : le Duel du sieur Mistanguet contre Bruscamhille pour un vieux chapeau, auquel ledit Mistanguet sonstient que son père le premier cpmeaien
a faict le premier prologue sur Vhostel de Bourgongne
1619, in- 13, 48 p. Mais la contestation même dont il est fait ici une plaisante mention prouve à quel point le prologue était considéré comme étant le monopole de Bruscamhille. Sur un ouvrage dont la lecture parait infirmer nos conclusions, et qui porte pour titre: Hecueil des pièces du temps, yoy.lfinoie vu de l'Appendice, z. Cette diversité était rendue nécessaire par la diversité méine du public, et Bruscamhille ne laissait pas d être quelquefois embarrassé pour savoir quels sujets et quel ton il devait adopter : « Je sais ». dit-il en tête de ses Facecieuses Paradoxes, « je sais que les jugements en seront divers, les uns aimant le mol, les autres le dur ; ceux-ci désireux d'une plus ample polissure. ceux là blâmant l'auteur de n^ avoir embrassé une matière plus sérieuse et de meilleur exemple... Mais tel peut agréer à plusieurs, qui ne saurait plaire à tous. Ceux qui le verront de bon œil ne seront pas les moins avisés, ce me semble. » — Nous n'osons citer le recueil suspect des Pensées facecieuses : il contient, p. 186-188, uç curieux prologue en forme de galimatias au sujet d'un reproche qu'on avait fait que Bruscamhille devenait trou sérieux dans ses discours prologinues.
NISATION DES «PBCTUCLES
|-uiblK- ne pouvait nier la corruplion du théâtre ■ninmc il n'avait garde d'accepter la peu sédition <Ii; Bru scam bille, la farce continuait à Ips rniiiikliens continuaient à recommander IIS toi.ii''i |)ctites pièces gaillardes, capables de lii'iui.T hirmes et pleurer en riani, et de leur li-mrnt la bouche comme torijice d'an Jour
jias encore assez pour les spectateurs, et la l'iLCt'Iip ni' leur paraissait pas comble. Il fallait iiiT le iipectacle par une chanson; Gaultier I liantail donc avec un succès immense, et ni ii's laquais n'auraient permis qu'il y maniiliiicnL ri>s chansons de Gaultier Garguillei* , le- constater en parcourant le recueil que ce ,<iililiâ lui-même, et qu'Ëd. Fournier a réim-
I rnprement. après une ample oolUtian.
I conBlure '' » Ce qui suit est légèrement in changement fort important : e Que
I (.(ncieux dan» son action il n soumet 1 ni il respectera toujours les jem aasù ifiologie de liuiUot Gorju, p. 33'34
nt disait au sujet des pièces des delosi,
l ie paillardise et adultères et ne servaient
la jeunesse de tout seie de la ville de
Coin ital p 74
I '^ et 307 Les frères Parfait ont reproduit
^' ' tViréative n de 1 Hdtel de Bourgogne, t. IV,
mire de Tariupin e» l autre monde.,.,
titres de trois autres : la Malle de Gaultier;
; et Tire la corde, j'ai la carpe.
ia.)
... {Chansons, p. i53), Gaultier Garplaisanls en Taveur de Guillot Gorju, a à la is les jours de comédie d'une chanson I pages et aux laquais, sauf le droilque rarga Bvtit édité le* chtnsoni.
aaO LE THÉÂTRE FRANÇAIS AVANT LA PÉRIODE CLASSIQUE
De quoi se composait-elle ? Bruscambille ne parle jamais que d'une seule pièce ; mais c'est qu'il n'a à recommander aux spectateurs que celle qui va suivre son discours. Un passage que nous aurons à citer ^ suppose qu'une farce faisait partie de toute représentation, et le berger extravagant de Sorel assiste à la représentation d'une pastorale et d'une farce. Il est donc probable qu'on donnait toujours deux pièces, comme dans les anciens spectacles des poU piles : la grande, c'est-à-dire une tragédie ou une comédie^, et la petite, c'est-à-dire une farce. Mais il n'y avait pas d'ordre immuable, et ce n'était pas toujours une pièce sérieuse qui suivait le prologue de Bruscambille^.
Nous ne dirons rien de la grande pièce, puisque nous cherchons à comprendre ce qu'elle pouvait être dans le milieu où elle se produisait ; mais il nous faut dire un mot de la farce. Dédaigné par les érudits, mais nullement oublié du public au xvi* siècle, ce genre semble avoir été, au commencement du xvii*, l'objet d'un engouement tout particulier. Ce n'est pas qu'on écrivît beaucoup de farces nouvelles, mais on en reprenait beaucoup d'anciennes, dont on rajeunissait le style, dont on renouvelait