Voy. une note de Fournier dans son édition de Ghappuzoau
4. Les renseignements de Chappuzeau (l. III, ch. lu, p. a^o) ne s'appliquent pas à une époque aussi éloignée :.« Ci-devant, on les plaçait ou derrière le tnéâtre, ou sur les ailes, ou dans un retranchement entre le théâtre et le parterre, comme en une forme de parquet. Depuis peu, on les met dans une des loges du fond, d*oii ils font plus de bruit que de tout autre lieu où on les pourrait placer. » Au début du siècle, il paraît difficile qu'on ait mis les musiciens, soit sur le théâtre où ils auraient été gênés par les décorations, soit entre le théâtre et le parterre où ils auraient eu à craindre la turbulence du public. Leur place naturelle paraît avoir été clans une de ces loges de côté, d'où Von voyait très mal la scène et qu'évitaient les spectateurs.
5. Nouv, imaginations, p. 11 ; cf. p. 6a : « Un vertueux passe-temps » ; p. 64 : << Un honnête loisir », et passim.
3a6 LE THÉATKE FRANÇAIS AYANT LA PéRIODE CLASSIQUE
un prologue, une farce, une chanson ^ Quel déboire pour un poète tragique I mais quelles circonstances atténuantes pour ses fautes, si nous tenons à être justes I Qui lui savait gré, en effet, de faire effort vers le grand art? Qu'aurait-il gagné à chercher longuement la vérité des caractères, la régularité et la vraisemblance de l'intrigue, la pureté et la poésie du style? Ses pièces en auraient-elles été jouées plus longtemps? Auraient-elles mieux fait vivre leurs interprètes et leur auteur?
Des incidents multiples pouvaient seuls intéresser le public ; la variété seule pouvait l'empêcher de fuir. Il fallait produire, et produire sans cesse. En Espagne même, où le public était moins inexpérimenté, où la tradition théâtrale était depuis longtemps établie, un directeur de troupe montait en dix-huit mois cinquante-quatre comé-
I. Une pareille disposition de spectacle est si naturelle, avec un public foncièrement populaire et grossier, qu'on la retif uve chez plusieurs nations. A Rome, quand Livius Andronicus introduit la pièce sérieuse et artistique, 1 ancienne farce (satire, atellane, mime) devient exode et termine la représentation. La chanson accompagnée de la flûte ne disparait pas non plus, mais sert d'entracte ; le prologue latin lui-même rappelle quelquefois ceux de nos farceurs. (Voy. Teuffel, Hist. de la litl. rom., trad. fr., Paris, Vieweg, 1 879-1883, 3 vol. in-8 ; t. I, p. 6, n. 3.) — En Espagne, une représentation commençait par la loa. sorte de prologue : puis « une demi- douzaine de musiciens exécutaient sur la guitare quelque air à la mode ». Enfin la comédie, morceau principal, était accompagné d entremets d'un caractère plaisant et burlesque. Il n'y avait qu'un entremets à la fin du temps de Lope, il y en avait trois avant et après lui. Il arrivait souvent qu'une danse voluptueuse couronnait le tout. ( Damas -Hinard, § 3, p. i33o, et § I, p. 1194) — En Angleterre, à la fin du xvi« siècle, la grande pièce était précédée d'un prologue et suivie de la farce ou à\i jig. (Royer, t. II. p. 4 14 : Gervinus. Shakespeare ^ t. I, p. 116.) — Enfin en France, au moyen âge, il arrivait souvent qu'une farce suivait le mystère, et que, dans le mystère même, entre autres éléments plaisants, figuraient des chansons comiqtjes.