‹ Le théatre français avant la période classiqueChapitre 90 sur 140 · L ORGANISATION DES SPECTACLES · texte numérisé non relu

L ORGANISATION DES SPECTACLES

dies et quarante intermèdes"* : il ne fallait pas moins faire à Paris.

Pour que les œuvres dramatiques puissent fournir une assez longue série de représentations, il faut, en effet, ou un public nombreux et qui se renouvelle fréquemment, — mais il n'existait pas au temps de Hardy ; — ou un public lettré, aimant à revoir des œuvres fortes et bien écrites, — mais on n'avait alors ni ces sortes d*œuvres pour le public, ni un public pour ces sortes d'œuvres. L'Hôtel de Bourgogne changeait donc sans cesse son affiche, comme nos théâtres de province, et sans avoir comme eux la ressource d'un vaste répertoire. Que de pièces ne fallait-il pas, puisqu'il en fallait encore tant en i84o? Les choses, a-t-on dit, ont bien changé depuis cette époque I « Les théâtres Imrés aux Parisiens et visités seulement par une petite troupe d'étrangers et de provinciaux devaient renouveler incessamment leur affiche. De là une consommation de pièces à laquelle Scribe lui-même, avec son armée de collaborateurs, ne pouvait suffire. Les auteurs naissaient sous les pas des directeurs^ » — Et Alexandre Hardy fut longtemps seul î

Que pouvaient donc exiger les comédiens en échange de la situation précaire qu'ils assuraient à leurs poètes ? Qu'ils fussent féconds et intéressants. Or, de ces qualités, Hardy surtout posséda largement la première et suffisamment la seconde ; il leur en joignit quelques autres par surcroît. Jamais, on peut le dire, service plus mal payé ne fut mieux rempli.

I. Voy. Roias, p. 48-55. Cf. Damas Hinard, § a, p. iSag. a. Abr. Dreyfus, l'Auteur dramatique (dans la Bévue d'art dramatique, i5 janvier 1887, p. 66).

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