‹ Le théatre français avant la période classique: (fin du XVIe et commencementChapitre 48 sur 130 · Œuvres de Malherbe, t. III, p · texte numérisé non relu

Œuvres de Malherbe, t. III, p

a l'hotel de bourgogne, les poètes a gages io5

donne cette fois les noms exacts 1 étaient à l'Hôtel de Bourgogne. Mais l'un d'eux, Valleran Lecomte, y était sûrement, et l'autre, Vautray, y était très probablement en 1610 2 . — En i6i3, Théophile était revenu depuis peu de son voyage en Hollande, et certainement il était pauvre, n'ayant pas encore obtenu la protection du duc de Montmorency. Mais en 16 10, il venait à peine d'arriver à Paris, au sortir de sa province, et il était plus pauvre encore.

Dans tous les cas, Théophile était jeune, puisqu'il avait vingt-trois ou vingt ans ; il était nouveau à Paris : on pouvait donc le regarder comme un inconnu et un écolier. — Il avait quelque chose d'excellent dans son naturel. — Son langage était extraordinaire, rempli de traits, d'hyperboles et de termes ampoulés. Et, si Tristan nous dit qu'il les avait recueillis vers les Pyrénées, pourquoi cette expression ne serait-elle pas prise à la lettre? Théophile était Gascon, son aïeul avait été secrétaire de la reine de Navarre, il venait vraiment des Pyrénées. — Les épithètes de vicieux et de débauché, on les lui a prodiguées toute sa vie ; luimême reconnaît qu'il les méritait dans sa jeunesse. — Les mots sales qu'il pouvait avoir à la bouche ne nous sont que trop connus par le Parnasse satyrique et par les œuvres mêmes que Théophile a avouées. — Théophile, comme le poète des comédiens, faisait des vers qui n'appartenaient pas au genre dramatique; et si, dans la variante de la seconde édition, qui paraît être aussi de Tristan, le poète des comédiens se plaint qu'on lui ait volé un sonnet, des Barreaux accusait Mairet d'avoir volé à Théophile sa Sophonisbe. — Théophile, en i6a5, écrit à Tristan : « Votre excellent génie ne démentira pas les prédictions que j'en ai faites » ; et ces prédictions ne peuvent guère dater que

1 . A une faute d'orthographe ou d'impression près. « Vantret et Valleran », disent les Notes; il faut lire Vautretet, mieux encore, Vautray.

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