Les Mystères, 1. 1, p. a
2. Guéret, p. 58 (c'est Tristan qui parle). — Cf. le Coriolan de Shakespeare, et, dans mon Alex. Hardy, l'analyse de la tragédie qui porte ce nom.
3. Dryden dira plus tard : « Un autre avantage des Français sur nous et sur les Espagnols, c'est qu'ils ne prennent d'une
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exiger de lui que des autres une étroite unité d'action. Tout ce qu'on avait le droit de lui demander, c'était une réelle unité d'intérêt, une sérieuse unité d'impression, parce qu'il n'est pas sans cela d'art dramatique.
Maintenant que nous avons étudié rapidement le système décoratif en vigueur pendant les trente premières années du xvn e siècle, et l'influence qu'il exerçait naturellement sur l'art dramatique, on se demandera peutêtre pourquoi ce système décoratif a si vite disparu, pourquoi l'art dramatique s'est si vite transformé.
On sait combien elle avait d'adversaires et de détracteurs. Après s'être tenus, pendant toute la seconde moitié du xvi e siècle, à l'écart du théâtre populaire et de ses grossières représentations, les lettrés y avaient été attirés par l'art relativement classique de Hardy. D'abord sans action sur le public, ils avaient peu à peu vu grdssir leur nombre et s'augmenter leur influence. C'est pour plaire à cette élite raffinée que Racan et Mairet ayai^n^ cultivé le théâtre ; d'autr es po ètes avaiej^jjuaûtô-câux-là ; et maintenant lesleltrés se croyaient assez forts pour lutter contre le public populaire, pour détrôner son poète ordinaire, Hardy, leur allié secret, mais impuissant, et pour abolir enfin un système décoratif suranné. " .""
Que de reproches n'avaient-ils pas à lui adresser ! Estce que la présence sur la même scène de lieux et d'objets si différents : palais, cabanes, forêts, rivages, n'offrait pas
histoire que ce qui est nécessaire à l'action, sans l'embarrasser d'une foule d'incidents subalternes privés de liaison entre eux. » Mais les Français du temps de Hardy ne s'étaient pas encore dis* tingués des Anglais et des Espagnols. (Voy. Dryden, An Essay on dramatic Poetry, dans Royer, t. IV, p. 8.)
TRANSFORMATION DE LA MISE EN SCÈNE 28l
quelque chose de choquant, et ne répugnait pas à des goûts artistiques un peu délicats ? Est-ce que, sur cette scène mal éclairée et de dimensions restreintes, auteurs et acteurs parvenaient toujours à faire comprendre en quel lieu se passait chaque partie de l'action P Est-ce que les libertés prises par les dramaturges : pérégrinations dans l'espace et dans le temps, décousu de l'action, pouvaient convenir à des esprits nourris de l'antiquité classique, et qui se souvenaient peut-être des Garnier et des Montchrestien ? Il fallait donc reprendre, mais dans des conditions tout autres et biçn plus favorables, la tentative de Jodelle et de la Pléiade : il fallaiLJuilJùC^serdéfinitivement sur le
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Le premier qui travailla et contribua m puissamment à cette réforme, ce fut Mairet f . Mis par son état de fortune hors de la dépendance des comédiens, protégé presque dès ses débuts par des hommes haut placés, accueilli au théâtre par de brillants succès, Mairet était plus en position que personne de soutenir et de faire réussir sa cause ; et cependant son histoire même montre combien cette cause était difficile à plaider auprès du public.
Ses deux premières pièces, Chrisêide et Arimand et la Sylvie*, étaient de tout point ir régulières, ce qui leur avait permis d'être bruyamment et longuement applaudies. La troisième, en 1629, afficha la prétention d'être régulière ; aussi l'auteur ne l'avait-il pas composée pour l'Hôtel de Bourgogne, mais pour l'Hôtel de Montmo-
1. Voy. l'intéressante monographie de M. Bizos. Etude sur Jean de Mairet ; la savante dissertation de M. Dannheisser : Zur Chronologie der Dramen Jean de Mairet's ; et mon étude sur le Théâtre au ivir» siècle avant Corneille.