‹ Le théâtre-FrançaisChapitre 25 sur 34 · LA CRITIQUE; GEOFFROY · texte numérisé non relu

LA CRITIQUE; GEOFFROY

de théâtre (1). II ne se trouva guère que la revêche et philosophique Décade pour prendre ouvertement le parti des comédiens qui s'insurgeaient contre « ce nouveau genre de souveraineté,... ce ridicule tribunal (2) ». Les rieurs furent presque tous du côté de Geoffroy, qui annonça que cet ostracisme le laissait parfaitement indifférent et ne modifierait nullement sa manière de faire: « Je n'avais mes entrées à aucun spectacle (3); je ne perds ni ne gagne rien à cette révolution (4). » On s'étonna d'autre part que le Théâtre-Français, placé dans une dépendance plus étroite par rapport au gouvernement, eût été laissé libre de participer à une si mesquine manifestation de rancune. Ainsi qu'il arrive toujours en pareil cas, l'exclusion fut surtout préjudiciable aux théâtres qui en avaient pris l'initiative, et on ne tarda pas à l'abroger. Dans la suite, Geoffroy n'eut à compter de la part des acteurs quavec des protestations individuelles, dont la plus retentissante fut la scène scandaleuse provoquée par Talma le 9 décembre 4812 (5;.

Les auteurs dramatiques, les écrivains dont Geoffroy avait critiqué les œuvres ou combattu les idées, montrèrent moins de mesure encore que les comédiens. Pour donner une idée du ton qu'ils prenaient avec lui, il suffira de citer un passage de la Décade, qui se posait en portedrapeau du parti philosophique : « Les représailles sont permises contre un feuilliste qui, n'ayant rien fait qu'une

(i) Des Gn.iNGEs, Geoffroy, p. 264-265. — Cf. Avlxrd, Paris sous le Consulat, t. III, p. 364, 381-382, 391, 397.

(2) Décade, an XI, t. 1, p. 369.

(3) Ceci était-il bien exact? il eut du moins par la suite la jouissance d'une loge au Théàtre-Franrais, comme le prouve l'iticident Talma.

(4) Journal des Débats, 12 brumaire an XI (feuilleton). (o) Cf. plus haut, p. 60-61.

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