CHAPITRE IL
Heureusement la rétribution que les comédiens recevaient du public était plus régulière et plus
1. Se rappeler que le brevet du roi pour cette pension n'est datc'î que du 24 août 1682, c'est-à-dire deux ans après la réunion qui avait eu lieu le 25 août 1680. La compagnie doit être payée de cette pension « de six en six mois ». On voit ce qu'il en est. A la fin du règne, la pension est toujours en retard : le 15 août 1706, « reçu au Trésor 6,000 livres pour le premier semestre de 4705, payées en deux billets de monnaie, mille francs en espèces, et le restant en une assignation à échoir le 10 octobre ». Les billets de monnaie avaient une assez mauvaise réputation, et on ne tarda pas à les abolir. Palaprat, dans la préface de son édition de 1112, parle du brigandage exercé parles agioteurs sur les défunts billets de monnaie.
lucrative. Le prix des places était, relativement au prix actuel, assez élevé. Sous Mazarin même, le parterre était à 15 sous; et pendant les premières représentations' d'une pièce nouvelle, on doublait le prix des places ; c'était ce qu'on appelait jouer au double, condition que l'on maintenait le plus longtemps possible. Ce prix de 30 sous au parterre était considérable pour le temps; 15 sous à l'ordinaire était pour le parterre le prix consacré par l'usage. En 1652, c'était ce qu'on payait déjà à l'Hôtel de Bourgogne; la preuve de ce fait se trouve dans une affiche en vers rédigée à cette date par l'acteur Villiers :
Venez donc, tous les curieux!
Venez; apportez votre trogne Dedans notre Hôtel de Bourgogne, Venez en foule ; apportez-nous Dans le parterre quinze sols, Cent dix sols dans les galeries1.
i. Frères Parfaict , t. VII, p. 335. Il y avait évidemment beaucoup d'arbitraire pour le prix des places pendant cette première période, môme au temps de Molière : d'après le registre de Hubert (1672- 4673), il semble qu'alors le prix des principales places, celles du théâtre et des premières loges, était invariablement de 5^ 10^. On voit même une représentation où ce prix est marqué pour la place,, sur le théâtre, d'un unique spectateur, qui devait être à lui tout seul un spectacle. Mais le prix du parterre semble avoir été toujours, pendant cette première partie du règne, de 15 sous au simple, de 30 sous au double. C'est par erreur qu'on a dit « qu'au' temps des Précieuses (1659) le prix du parterre était à dix sous, et fut doublé à la seconde représentation. » La Grange nous donne le prix des places du parterre à la première, 15 sous : il fut doublé en effet à la seconde. Rien n'indique que cet usage de jouer au double, comme on l'a aussi prétendu, date de là. On
C'était aussi 15 sous qu'on payait, nous l'avons vu, au théâtre des Jésuites, au collège de Clermont, en 1658.
Le prix des places (depuis la réunion des théâtres, et même avant, au théâtre Guénegaud), sauf les jours où l'on joue au double, est ainsi fixé à deux époques différentes :
jusqu'en