‹ Le théâtre français sous Louis XIVChapitre 44 sur 132 · DE · texte numérisé non relu

DE

Théâtre

Loges „

3 livres.

3 liv. 12 s.

Amphithéâtre. . . '

Loges hautes. . .

1 liv. 10

sous.

1 liv. 16 s.

Loges .du 3e rang.

\ liv .

1 liv. 4 s.

Parterre

sous.

C'est à dater du 5 mars 1699, jour où l'on commence à payer le sixième pour les pauvres que le prix est ainsi augmenté l.

pourrait tirer la conclusion contraire de ce passage de l'abbé d'Aubignac, où, à propos de VOEclipe de Corneille, représenté à l'hôtel de Bourgogne le 24 janvier 1659, près d'un an avant les Précieuses, il dit : « Ce serait, en vérité, une chose bien injuste, qu'un poëte vînt ici du fond de la Gascogne ou de la Normandie escroquer le demi-louis d'or et la pièce de trente sous de ceux qui cherchent à se divertir. » (Voir dans le recueil des Dissertations sur Corneille et Racine, tome III, p. 8.) Sans doute, le demi -louis et la pièce de trente sous indiquent le prix des places sur le théâtre et au parterre, doublé, au moins, pour le parterre, aux représentations des pièces nouvelles. .

1. Il y a encore quelques légères variations, mais tout à fait insi-

Le bénéfice le plus réel de la comédie est, après tout, dû au public bourgeois. Nous avons vu que le roi était presque toujours en retard pour la pension ; les grands seigneurs aussi, quand ils viennent au théâtre, s'abstiennent de payer comptant, et on a parfois toutes les peines du monde à les faire financer. Les princes mêmes en agissent un peu avec la comédie, comme don. Juan avec M. Dimanche: C'est une grosse affaire, par exemple, que de tirer de l'argent du prince ou de la princesse de Conti1, qui ont leurs comptes séparés. Ils lâchent de temps en temps des à-comptes « sur ce qu'ils doivent de vieux. » M. le prince de Turenne chicane noblement la comédie pour 8 livres qu'il doit sur un arriéré de 33 livres. La Comédie est obligée de se résigner à cette perte. M. le marquis de Rochefort paye 12* 1 0S « sur ce qu'il doit de vieux : » restent dus « cinquante sols, » pour lesquels la comédie est obligée de faire crédit à ce gentilhomme ; il doit les payer plus tard, quand il sera en fonds.

Il n'y a donc de recettes sûres que pour les places inférieures, celles qui sont payées comptant.

gnifiantes, de quelques deniers, sauf pour les premières places, pour lesquelles on trouve quelquefois des prix tout à fait exceptionnels.

1. Ces dettes criardes sont pourtant d'une modicité honteuse. Et quels retards! « Du jeudi 7 octobre 1G94 : on a reçu de Monseigneur le prince de Conty la somme de 104 livres pour un mémoire de l'année 1091. On en a donné un écu à Subtil pour ses peines. » (Subtil paraît être un garçon du théâtre.) — Le lundi 25 avril 1695, on reçoit de Mnle la princesse de Conty 94 livres pour les places qu'elle a occupées avec sa suite en 1691 et en 1692. Les autres princes et princesses ne sont guère de meilleures pratiques.. .... : ,

Maintenant que pouvait produire une chambrée exceptionnelle? Au temps de Molière, on n'en trouve guère qui dépassent 2,000 livres. Le Tartuffe, après une première suspension bien propre à exciter la curiosité, fait, en 1669, 2,045ft KK; la première du Malade imaginaire, 1,992 livres. Plus tard, les recettes montent sensiblement, surtout avec l'aug- . mentation du prix des places. Mais la moyenne est fort au-dessous de ce chiffre : dans les meilleurs mois des années de prospérité, elle atteint rarement 1,000 livres1. Et puis il y a la morte saison, l'été2; qu'on se rappelle en outre que jusqu'en 1680 les théâtres ne jouent en général que trois fois par

1. Sauf vers la fin du règne. Ainsi dans l'hiver de 1712-1713, quoique la misère fût grande alors, la recette, sans pièces à grand succès, et avec le répertoire ordinaire, dépasse plusieurs fois 2,000 livres. Le 23 janvier 1713, par exemple, Phèdre et les Fâcheux produisent 2,346 tt 16^. Le 24 novembre 1713, Ariane et Madame d'Escarbagnas donnent 3,038 ^ 14^. Et les recettes montent encore après cette date. Auparavant il n'y a de recettes supérieures que quand on joue au double. Ainsi le 10 juillet 1703, une reprise de Psyché, à laquelle assistent le duc et la duchesse de Bourgogne, donne 3,579ft 9^.

2. Palaprat attribue le peu de succès qu'obtint d'abord une de ses pièces (le Ballet extravagant, jouée le 25 juin 1690), au temps des bains qui attire tout le monde à la porte Saint-Bernard : « Ceux qui n'y vont pas pour se baigner y vont pour se promener, et les dames ne sont pas exemptes des railleries que la malignité des hommes leur fait, peut-être injustement, sur ce choix de leur promenade. » (Ed. de 1712, 1. 1, p. 57.) La Bruyère dit la même chose du quai Saint-Bernard : « Les hommes s'y baignent au pied pendant les chaleurs de la canicule : on les voit •de fort près se jeter à l'eau; on les en voit sortir: c'est un amusement. Quand cette saison n'est pas venue, les femmes de la ville ne s'y promènent pas encore ; et, quand elle est passée, elles ne s'y promènent plus. » (De la Ville.)

semaine. C'est là surtout ce qui explique la différence très-marquée entre les parts des comédiens, avant et après cette date.

Mais quand l'unique Théâtre-Français joue tous les jours, les relâches réguliers sont très -fréquents : le théâtre ferme d'abord pendant la quinzaine de Pâques, usage qui s'est conservé jusqu'à la Révolution; puis aux fêtes de l'Église, c'est-à-dire une dizaine de fois par an, sans compter les jubilés qui (en 1684, 1696, 1707) font chaque fois fermer le théâtre pendant quatorze jours. Ajoutez-y les fêtes publiques, les entrées solennelles, les jours où l'<^n désespère de trouver du monde, le spectacle intéressant étant ailleurs : k L'on ne joua point vendredi 17 juillet 1676 à cause de Mme de Brinvilliers. » Tout le monde, et même le beau monde , était aux environs de la Grève, à commencer par Mme de Sévigné, qui était sur le pont Notre-Dame « avec la bonne d'Escars ». Comme elle l'écrit, « ce jour-là étant consacré à cette tragédie », on ne pouvait seulement penser à en donner une autre qui eût paru bien languissante au prix de celle de «la Grève. Puis surviennent aussi les deuils officiels, bien souvent répétés à la fin du règne. Enfin le petit nombre des acteurs et actrices fait souvent fermer le théâtre, pour cause de maladie ou de représentation à la cour-, quelquefois l'insuffisance de la recette détermine à rendre l'argent.

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