Prologue du Grondeur
2. Notes de René d'Argenson, collection L. Larchey et Mabilîe,
la seconde compagnie, qui se distingue au milieu du tapage, incident que nous avons rappelé plus haut, excité par la présence d'un chien danois amené sur le théâtre par M. le marquis de Livry fils. Une autre fois deux mousquetaires interrompent la comédie en frappant sur une bassinoire; ou bien trois autres perturbateurs (ce sont toujours des mousquetaires et encore parmi eux M. de Greil) qui prétendent entrer à la Comédie sans payer. « Les deux premiers mirent pour cela l'épée à la main et parlèrent des ordres du roi dans des termes peu convenables. Il est vrai que le vin eut beaucoup plus de part à cette insulte que la réflexion. » Cette note de d'Argenson confirme l'assertion dePalaprat au sujet du dangereux voisinage du Cormier et de l'Alliance. Mais, sous la ferme main du nouveau lieutenant de police, ces troubles deviennent plus rares. Il y avait déjà quelque temps que l'usage du sifflet avait été interdit, et lui-même nous apprend que le terrible Creil, de la seconde compagnie des mousquetaires, deux fois signalé par lui, était de ceux « qui regrettaient fort le temps des sifflets. »
La nécessité de faire surveiller les mousquetaires par leurs officiers, engendra un autre abus : c'est que sous ce prétexte les officiers prétendaient entrer à l'Opéra sans payer. Pontchartrain écrit : « J'avertirai les commandants des mousquetaires qu'il n'aille point à l'Opéra un nombre d'officiers au delà de ce qui est nécessaire pour contenir les mousquetaires1. » On voit qu'il fallait aussi surveiller les surveillants.