‹ Le théâtre français sous Louis XIVChapitre 79 sur 132 · Et non le 8, comme le disent ies frères Parfaict · texte numérisé non relu

Et non le 8, comme le disent ies frères Parfaict

LA DÉCADENCE

dans Molière, si prodigieuse qu'elle ait été de vigueur et d'observation profonde, ne supposait-elle pas une façon nouvelle et plus bourgeoise de comprendre l'amour et la femme? Oui, depuis le Cid et Horace, dès les premiers temps de Louis XIV, l'âme humaine a baissé; elle a déjà trop conscience de ses faiblesses; à la fin du règne, elle ne sait plus que ses vilenies. La prédominance seule de la comédie, surtout dénuée de ces inspirations d'une vigoureuse honnêteté qu'y avait mêlées Molière, l'absence complète de sentiments généreux , au moins dignement rendus, suffit pour accuser une dégradation morale. Dans ce siècle où on invoquait si souvent a tort et à travers l'autorité d'Aristote, on a bien souvent répété sa définition de la tragédie et de la comédie : l'une peint les hommes plus grands que nature, l'autre plus petits qu'ils ne sont. Est-il bon de ne représenter à l'homme que ses petitesses et de lui apprendre à se mépriser? Ce qu'il y a de sûr, c'est que la littérature d'alors n'enseignait plus autre chose, et GU Blas, qui couronne l'époque, en est la plus vive expression ; si l'on peut croire qu'elle exprimât, même en l'exagérant, l'aspect de la société, le résultat définitif du grand règne était, pour la morale aussi bien que pour l'art dramatique, une déchéance incontestable.

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