‹ Le théâtre français sous Louis XIVChapitre 86 sur 132 · DE DIEU ET DE LA SAINTE VIERGE, AUJOURD'HUY LUNDY 26 AVRIL · texte numérisé non relu

DE DIEU ET DE LA SAINTE VIERGE, AUJOURD'HUY LUNDY 26 AVRIL

Cet en-tête est, si je ne me trompe, le seul de ce genre dans les registres de la Comédie. Rien n'empêche de croire que ce fût l'expression d'un sentiment sincère. Mais, en tout cas, on voit que cette invocation ne lui avait pas porté honneur auprès du clergé.

pas plus des salles de spectacle que des cloaques ou des amas de boue qui se trouvent quelquefois dans les rues, qu'on se contente de faire cacher par des tapisseries. » (P. 225.) Encore faudrait-il expliquer cette exception faite pour le tas de boue qu'on appelle la maison de Molière. — Huerne de la Mothe, avocat au Parlement, dans son livre intitulé : Libertés de la France contre le pouvoir arbitraire de l'excommunication, 1701, présente le même fait d'une façon toute différente, et quant à la date et quant à la cause. Ce ne serait pas en 1689 qu'il aurait eu lieu, mais beaucoup plus tard : « Jusque dans les premières années du siècle présent, la procession du Saint-Sacrement passait devant la porte de l'Hôtel de la Comédie; là était un reposoir aux frais de la Société, et sur l'autel était un présent en argenterie de la valeur d'environ 3,000 livres, consacré à l'église de Saint-Sulpice. Survinrent quelques années dans lesquelles il arriva des circonstances fâcheuses qui mirent la Société hors d'état de faire des frais si considérables. Un reposoir simple et uni fut substitué â la magnificence de celui des années précédentes, et le présent cessa. Deux années consécutives firent éprouver à l'église de Saint-Sulpice le même sort, et bientôt après la procession changea de route. » (Introd.P p. xxn.) Le livre de Huerne de la Mothe fut déféré au Parlement et condamné au feu; lui-même fut rayé du tableau.

La Comédie avait placé sur la façade de son hôtel une inscription qui était l'exacte et simple expression de la vérité, et dont l'abbé de la Tour parle en ces termes : « Il est singulier qu'on ait ose mettre au frontispice de l'Hôtel de la Comédie : hôtel des comédiens entretenus par le roi... Une troupe de comédiens n'étant composée que de gens vicieux, infâmes et méprisables, la comédie n'étant qu'un composé de bouffonneries, de passions et de vices, ils ne sont que tolères1. »

Et pourtant cette maison de tolérance une fois installée, malgré tant d'efforts hostiles, dans son local définitif, le clergé ne dédaigna pas de recevoir et de solliciter d'elle des aumônes ou charités. Nous avons vu qu'au temps de Chappuzeau ces charités étaient déjà d'un usage ordinaire pour toutes les troupes de comédiens; mais dans la seconde moitié du règne, elles se régularisent et deviennent une sorte de redevance périodique; les registres en font foi.

Voici le montant pour chaque mois :

Aux Cordeliers 3 livres.

Aux Récollets 3 »

Aux Carmes déchaussés. ... 0 û

Aux Petits-Augustins. ... 3 »

Aux Grands-Augustins. ... 3 *

Plus une redevance de 18 sous chaque dimanche, désignée sous ce tire : chandelles des religieux.

Ces religieux étaient les Capucins. C'étaient eux qui avaient eu la première part aux charités de la

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