Poésie au xvie siècle, p. 218, édit. de
s'agissait d'autres criminels1. » On voit avec plaisir, par cet exemple, que les jésuites n'ont jamais été d'une rigidité absolue dans leurs interdictions et qu'ils ont su toujours appliquer en tout le distinguo dé leur école, ou ce que nous appelons aujourd'hui le sentiment des nuances. Ainsi leurs élèves n'auraient pu se permettre, en 1636, d'assister à la représentation du Cidj mais ils eussent pu l'année précédente se donner le plaisir innocent de voir brûler vif Urbain Grandier ou , plus tard , sous Louis XIV, Simon Morin, « un des plus dangereux fanatiques du xvne siècle2 », atteint et convaincu de crimes énormes, comme de s'être imaginé avoir reçu une mission de Jésus-Christ en personne, d'avoir annoncé « le règne du Saint-Esprit ou de la Gloire», de s'être appelé le Fils de l'homme, et même d'avoir poussé la perversité de cette damnabie doctrine jusqu'à conseiller par écrit au roi, au milieu de beaucoup de balivernes peu sérieuses, quelque chose d'infiniment plus grave : c'était de s'approprier les biens du clergé3. Il est probable, toutefois, qu'au moment où les flammes de la Grève étouffaient, comme dit l'arrêt, « le pernicieux venin de cette secte infernale », qui ne paraît pas avoir étendu bien loin ses ravages, la compagnie de Jésus avait déjà