Liv. VI, ch. r
2. Montfleury, Poisson, Hauteroche, de Villiers, Rosimont, Champmeslé, Chevalier, de Villiers, Baron, Raisin, Dancourt, la Tuillerie, Legrand, tous ont signé un grand nombre de comédies, et il paraît bien que pour beaucoup de ces pièces ils n'étaient que des prête-noms.
ce genre réputé subalterne, soit que les véritables auteurs eussent cru compromettre leur dignité en égayant le public sous leur véritable nom. Tout le monde voulait écrire dans le genre noble, Scarron lui-même, dit Guéret : « Scarron, que la nature fit tout burlesque et dont l'esprit et le corps furent tournés tout exprès pour ce caractère, eut bien l'audace de vouloir composer une tragédie, et sans doute il l'aurait faite, si la mort n'eût prévenu la témérité de son entreprise1. » Ce même Guéret, qui était un homme d'esprit, s'il se croit obligé ailleurs de parler « des poètes que révèrent l'Hôtel de Bourgogne et les Marais2, » croit pouvoir se dispenser en même temps de dire un mot de Molière et de sa troupe vouée à la comédie. Encore une fois, Molière n'a été nullement méconnu, il a été populaire même, mais il l'était comme « le plus grand des amuseurs », quoique La Fontaine ait réservé cette qualification à Platon, auquel elle convenait moins. Ses qualités sérieuses n'ont eu que bien peu d'appréciateurs de son vivant. Mais que l'on attribue à sa profession de comédien ou au genre qu'il avait cultivé, la nuance très-marquée que les contemporains observent en parlant de lui, il est certain qu'elle existe et se marque dans les moindres détails. On ne manque .guère de dire : M. Corneille, M. Racine, M. Despréaux; mais Molière est toujours Molière tout court. Le mot si connu de la femme du peuple di-