ACTE DE NAISSANCE DE PULCJNELLA
rendu célèbre dans l'emploi du Capitaine espagnol sous le nom de Capitan Matamoros *. On se rî^ppelle, soit dit en passant, que ce Silvio Fiorillo fut le père du fameux Scaramouche né à Naples le 9 novembre 1608.
Scherillo, de son côté, dans son étude sur « Pulcinella » * s'en réfère sur ce point au témoignage d'Andréa Perrucci dans son Arte rappresentativa (1699). Enfin Fier Maria Cecchi ni, l'acteur originaire de Ferrare, plus connu sous le nom de Frittellino^ avait précédemment affirmé le même fait dans son ouvrage publié à Padoue en 1628 ^
Nous savons effectivement que le personnage de « Pulcinella » figure dans le Viaggio del Parnaso de Corteseen 1621. L'année suivante le grand Callot nous donne le portrait de « PuUiciniello » dans les Balli di Sfessania.
Puis le nom apparaît indifféremment sous les
* Pulcinella e il personaggio del napoletano in commedia, Rome, E. Loescher e>C. 1899.
* La Commedia delVarte in Italia, Etudes et profils, Rome, Loescher, 1884.
3 Frutti délie moderne comédie et avisi a chi le récita^ di Pier MaHa Cecchini, nobile Ferrarese Ira comici detto FnttellinOy dedicati al Sereniss. Gran iJuca di Toscana, Ferdinando Secondo, in Padova, Appresso Guaresco Guareschi al Pozzo depinlo, 1628.
formes de Policinella^ Pulicinella^ Polecenella^ Pullecinella^ et, en italien, Pulcinella et Pulcinello.
Pier Maria Cecchini, contemporain de Silvio Fiorillo, nous déclare donc que ce dernier fût « Tinventeur » — c'est son propre terme — de « Pulcinella ». Mais n'oublions pas que Cecchini était de Ferrare, et que, par conséquent, ce personnage était une nouveauté pour lui quand il vint à Naples. D'autre part, ce mot « inventeur » voudrait-il dire que Fiorillo tint lui-même cet emploi, comme semble le croire M. Benedetto Croce ? Tous les portraits de Silvio Fiorillo nous le représentent en costume de Capitan Matamoros. Et puis comment se fait-il que son fils, l'illustre Scaramouche, qui vint en France vers 1640, et qui y mourut cinquante-six ans plus tard, n'ait jamais essayé de reprendre pour son compte le masque de « Pulcinella » sur les planches du Petit Bourbon ou des autres scènes où il parut? L'on nous objectera que ce personnage aurait eu de la peine à être compris hors de Naples. Soit. Mais n'a-t-on pas acclimaté chez nous, aux siècles passés, l'Arlequin qui ne parle que le bergkmasque et Pantalon qui rie parle que le vénitien ?