‹ Le theatre hors de France, Volume 4Chapitre 13 sur 43 · ACTE DE NAISSANCE DE PULCINELLA · texte numérisé non relu

ACTE DE NAISSANCE DE PULCINELLA

J'ai SOUS les yeux une liste de. pièces jouées à Paris par les Italiens au temps de Molière ou peu après lui , et je n'y vois pas une seule fois

Pulcinella dans les Balli di Sfessania, par J. Callot. . (1622).

figurer le nom de « Pulcinella ». Il n'apparaît point ou guère dans les troupes italiennes qui vinrent en France, et c'est encore Molière qui, dans un intermède du Malade imaginaire lui a donné le plus grand rôle; mais, comme Ta fait remarquer M. Louis Moland \ ce personnage ne

* Molière et la Comédie italienne, par Louis Moland, p. 367. Paris, Didier et C^s 1867.

le remplacer le Pédant, et n'a point là son >riginal. D'où il résulte que Molière a bien lu parler de lui — puisqu'il lui a emprunté om — mais qu'il n'en a jamais connu le ère.

onasque de « Pulcinella », — si nous voudmettre que Fiorillo en fût « l'inventeur », rait dû revenir de droit à Scaramouche, s, comme un héritage. Or, celui-ci semble tre fort médiocrement soucié. C'est pour- 'aime beaucoup mieux croire que ce mot inteur » ne signifie pas que Silvio Fiorillo, lit chef de troupe, ne l'oublions pas, tenait iploi pour son compte, mais veut bien plue qu'il avait eu l'idée de mettre en lumière psonnage sur son théâtre, et d'en faire re le masque par quelque acteur de sa Lgnie. Ce qui nous induirait à penser que B par lui-même est beaucoup plus ancien j»

is ce cas, Scaramouche n'avait aucune pour l'adopter en Italie ou en France, ce dvint.

irice Sand, qui s'est occupé passionnément asques et Bouffons de la comédie italienne, in joli ouvrage à peu près introuvable à

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rheure actuelle, était absolument de cet avis ' : a Pendant tout le moyen âge, écrit-il, à Tépoque où Ton ne représentait sur les théâtres que des mystères, Pulcinella disparut. Ce n'est qu'au xvi' siècle, à la renaissance de» théâtres, qu'un comédien nommé Silvio Fiorillo tira ce personnage de l'oubli, et introduisit Pulcinella dans les parades napolitaines. Fiorillo était chef d'une troupe de comédiens. Il jouait lui-même sous le nom du Capitaine Matamore^ et confia le rôle de Pullictnielio (comme on l'appelait alors) à Andréa Calcese, d'abord tailleur, surnommé le Ciuccio^ qui imitait dans la perfection Taccent et les manières des paysans d'Acerra, près de Naples. Le Ciuccio mourut en 1636 ^. »

Voilà une version infiniment plus acceptable

^ Masques et Bouffons, (Comédie italienne) texte et dessins par Maurice Sand, gravures par A. Manceau, préface par George Sand, 2 vol. Paris, A. Lévy fils, 1862.

* Qu'Andréa Calcese dit le Ciuccio ait tenu avec autorité l'emploi du « Pulcinella » dans les commencements du xvii" siècle, cela est incontestable, mais je ne puis m*empécher de signaler les contradictions suivantes que je relève au sujet de son origine et de la date de sa mort :

L'abbé PaciccheUi veut qu'il ait été jurisconsulte.

Perrucci dans son Arte rappresentativa nie le fait, et prétend que ce fut un tailleur qui par ses études et sa grâce arriva à perfectionner le « masque » qu'avait inventé Fiorillo. Il fait mourir le Ciuccio de la peste en 1656 (et non 1636 comme dit Maurice Sand).

Bastoli invoque l'autorité de Bernardo de' Dominici (Vite de"

que toutes les autres et qui met tout le monde d'accord, à moins que M. Benedelto Croce ne persiste à faire tenir Femploi de « Pulcinella » par le matamore en personne ?

Quanta Tantiquité du personnage, c'est encore Maurice Sand qui nous semble le plus près de la vérité.

« Ce fut vers Tan 840 de Rome, nous dit-il, que les Romains introduisirent chez eux le genre des pièces improvisées, diies A tellanes, avec les types principaux : Maccus, Bucco, Pappus et Casnar^ parlant l'osque, le grec et le latin.

« C'étaient presque toujours des sujets champêtres, les mœurs des paysans de la Campanie, puis les ridicules des habitants des petites villes. C'est Pappus prœteritus^ comme qui dirait P«ntalon éconduit ; Maccus soldat ; Macciis dépositaire testamentaire ; le Médecin; les Peintres ; le Boulanger ; Pappus agricola. )>

Le Maccus était vif, spirituel, insolent, un peu féroce; le Biicco était suffisant, flatteur, fanfa-

Piltori NapolUani, t. III, p. 87) lequel affirme qu'il fut jurisconsulte et* l'un des meilleurs acteurs de son temps non seulement à Naples, mais aussi à Rome où il fut appelé à jouer.

Luigi Rasi (/ Comici italiani, p. 542) nous dit qu'il florissait vers 1660 ? Bien malin celui qui pourra déchiffrer cette énigme. — Ce qu'on ne saurait refuser au Ciuccio, c'est son talent 1

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