‹ Le theatre hors de France, Volume 4Chapitre 2 sur 43 · PREFACE III · texte numérisé non relu

PREFACE III

fiai par ne plus guère ressembler à leurs ancêtres^ mais, entre tous, ^oliehinelle est celui que nou^ avons le plus profondément modifié. Tandis que tel d'entre eux, comme Arlequin, a toujours retenu quelque chose de son origine bergamasque, ne fût-ce <iue son costume, il n'y a presque plus rien de commun que le nom entre notre Polichinelle français et le Pulcinella napolitain. Ils pensent, parlent et s'habillent de manière toute dififérente.

C'est que Pulcinella est l'incarnation du caractère napolitain, qui ne ressemble pas du tout au caractère français. Comme le dit M. Lyonnet, « Pulcinella, qu'on le sache bien une fois pour toutes, est né entre Santa-Lucia et la Porta Gapuana. Il est Napolitain de la tête aux pieds, et toutes les tentatives faites pour le dépayser échoueront ». Il ne s'est même pas répandu dans le reste de l'Italie. A plus forte raison ne le retrouve-t-on pas dans les pays, autres que la France, qui ont cru l'accueillir et le garder. Le Punch anglais, le Hanswurst allemand, le Toneelyck hollandais, le don Polichinela espagnol, le Karagheus turc ne sont que de faux Pulcinellas.

Le vrai est un descendant de Maccus et de Bucco, deux personnages grotesques des antiques Atellanes, ces farces improvisées, que jouaient les paysans de Campanie. Maccus était maigre et Bucco était gras, tons deux gourmands et sensuels, menteurs et voleurs, fanfarons et poltrons, vaniteux et plats, niais et spirituels. A tous deux, Pulcinella prit quelque chose, tantôt chargé de graisse et tantôt famélique d'aspect, mais il dut surtout à Maccus.

D'abord son aspect physique et son organe. Maccus avait le nez crochu, le dos convexe et le ventre

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