IV PREFACE
bedonnant. Pais, sa spécialité était d'égayer Faction en imitant le piaulement du poulet, au moyen d'jine sorte d*appeau, le sgherlo ou pivetta, pour parodier la voix des acteurs passant à travers la bouche métallique du masque. La pivetta est devenue la pratique, le seul trait essentiel que le Polichinelle français ait conservé de son origine napolitaine.
Maccus était d'ordinaire vêtu de blanc. C'était le mimus albus. Le blanc est donc resté le costume traditionnel de Pulcinella. Aujourd'hui encore sur les théâtres de Naples, il paraît toujours en blouse blanche très ample, serrée et plissée à la taille par une ceinture basse, en pantalon blanc et large, en souliers blancs à forte semelle, un chapeau pointu en feutre blanc sur un serre-tête noir^ un demimasque en cuir verni au nez crochu. Dans l'occasion, il complétera ce costume par quelque pièce du vêtement spécial à telle ou telle profession, mais le fond reste immuable. Tantôt gros et tantôt maigre^ scton le tempérajnent de l'acteur, il doit toùjerurs être agile et souple.
Dès qu'il paraît en scène, le public crie, de tradition :
— Marchera! Maschera! (Le masque! le masque !)
L'acteur doit alors s'avancer jusqu'à. la rampe, soulever son masque et saluer. Cette politesse accomplie, Pulcinella replace son masque et commence. Il va offrir au populaire napolitain son fidèle portrait, car son répertoire est tout réaliste et d'observation.
Au moment où ce masque se soulève, on est frappé de la figure impassible, sérieuse, presque triste, qui apparaît un moment. Le titulaire actuel de l'emploi,