LE CINÉMATOGRAPHE, REVUE DE LAN
Les Revues de fin. d'année en Italie. — Le Cinémat revue napolitaine en 3 actes et 14 tableaux. — La lot Superstitions et coups du hasard. — L'année 1899 el 1900. — Ce qu'on voit devant l'Hôtel de Ville. — I italo-parisien. — La Poupée, — Notes tristes. — Li inonde. — Un souvenir à Ga^^badi. -^ La veilleuî Madone .
Les Revues de fin d'année sont rares pays, et la raison en est bien simple. Ain je l'ai expliqué dans le Théâtre en Italù capitales comme Turin, Milan, Florence, 1 Naples, Paierme ont une vie propre.
Qu'importe aux Florentins de savoir ( se passe à Milan, ou aux Vénitiens de con la vie de Naples.
Il y a même une certaine afîectation à rer. Ce n'est donc plus comme à Paris, à 5 ou à Lisbonne où des Revues de lin d'ann
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faisant défiler sous nos yeux les événements les plus récents, nous mettent en scène tles faits que nous connaissons tous en France, en Espagne, au Portugal. Il ne saurait ici être question que. de revues locales, très locales. Mais il y a un autre obstacle pour la réussite de ce genre en Italie : presque toutes les troupes étant nomades, aucune d'elles, devant entreprendre une tournée Turin-Milan-Gênes- Venise, etc., ne se- hasarderait à monter -une jR^t^^^ qui ne serait jamais comprise que dans la ville pour laquelle elle aurait été faite.
Une exception existe cependant pour Naples dont la population dépasse celle de toutes les autres capitales d'Italie, qui a ses usages particuliers, qui ne veut pour rien au monde être confondue avec le reste de la Péninsule, et qui a plusieurs compagnies dramatiques stables — ^ telle celle du théâtre Nuovo dont nous nous occupons en ce moment.
Rompant pour une fois avec les usages établis qui consistent à changer l'affiche chaque soir, l'imprésario Cammerano voulut donc frapper un grand coup pour la saison du Carême en montant une Revue que Ton jouerait jusqu'à, extinction de succès — une Revue napolitaine en
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trois actes et quatorze tableaux, due à la plume d'un modeste artiste de la compagnie, Francesco Paolillo, avec musique nouvelle des Maestri Valente, Di Chiara, Nulile, Fonzo, Fanli et Gambardella.
Des décors nouveaux furent commandés ; on ne recula même pas devant les trucs ! Cette Revue prit le nom de In Cinematografo^ et la première fut annoncée pour le 3 mars.
Je ne dissimulerai pas que j'ai toujours pris un très vif plaisir aux Revues quand elles sont spirituelles et bien faites. A Paris, nous avons des maîtres en ce genre. En Espagne, elles sont navrantes, et ne sont tolérables que grâce aux airs fort jolis qui les accompagnent. J'ai raconté dans le Théâtre au Portugal combien la Revue était en faveur à Lisbonne. Jamais je n'en vis de si alertes, de si pimpantes, de si gaies ni de si mouvementées que dans ce pays où des auteurs tels que MM. Sousa Bastos et Eduardo Schwalbach Lucci se sont acquis une véritable célébrité, très méritée, comme revuistes.
Ce né fut donc pas sans une certaine appréhension que j'allai voir celle-ci... avec Pulcinella bien entendu. Eh bien! je dois déclarer de suite qu'avec les éléments de ce théâtre il
était difficile de faire mieux. Qu'on en juge! Le premier tableau qui s'intitule Un quaiame et trois cent mille lires commence à Ja façon d'une comédie populaire, et nous présenté une spirituelle satire de la Loterie, Ce mot ne vous dit rien peut-être? Il faut avoir vécu quelque temps è Naples pour en connaître la véritable signification. Il existe, il est vrai, 2.328 bureaux de loterie dans toute lltalie, mais: la seule circonscription de Naples "en compta à elle seule 597, plus du quart ! V Le Lotto est une des ressources des finances * italiennes ; il donne net plus de 30.000.000 de lires au Trésor, sorties de la poché de malheu* reux qui pour la plupart se privent de manger pour mettre sur deux ou sur plusieurs numéros, . et qui n'ont jamais . envie de travailler dans l'espérance de gagner le samedi suivant. On joué. 1 extrait simple, l'extrait déterminé, Tambe, le terne, le quaterne qui touche 60.000 fois la mise. L'administration accepte depuis deux centimes pour Tambe et le terne, huit centimes pour l'extrait simple ou déterminé, quatre centimes pour le quaterne. Le samedi, l'on ne peut, pas jouer moins de cinquante centimes ou d'une lire.
La Ictrrie à Naple?^