LE CINÉMATOGRAPHE, .REVUE DE LANNÉE
nation, toute vraisemblance, et comme je pourrais être taxé d'exagération, je copie ce qui suit dans le journal // Matlino du 23-26 mars 1900, jour où j'écris ces lignes.
Il s'agit d'une femme coupée en morceaux dont les restes viennent d'être retrouvés murés dans une maison de Fuorigrotla (à la grotle de Pausilippe) et de l'arrestation de l'assassin présumé qui avait, écrit ses Mémoires! Je cite textuellement :
. (( Outre le mémorial, ou journal, dans lequel ce très singulier Basile (l'homme arrêté) notait ses aventures, celui-ci possédait une smorfia (j'ai expliqué plus haut ce que c'était) annotée... Kn marge d'une feuille de manuscrit sur lequel Basile s'amusait à tracer des formules cabalistiques et des combinaisons pour le jeu de Lotto, il avait tracé cette phrase : « 2G juillet 1898 : Angelo Exposito, ma femme, est morte. » Et plus bas : « 28 juillet 1898 ». Ce qui fait croire qu'il Ta tuée. Plus loin cette autre phrase relative à son ancienne maîtresse : « 20 juillet, Rosa Rippa m'a donné son amour. » Puis, il note le jour oti il achète un canif, une chatte, et sur un morceau de papier Ton trouve aussi les numéros suivants : « 3, 6, 50, 45, 29, 89, qui
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ont fait gagner un ambo aux agents de police qui viennent de les jouer ».
J'ai voulu m'assurer du fait : c'est exact. La loterie de Naples a extrait le 24 mars 1900 les numéros suivants : 67, 13, 3, 6, 77. Il est vrai qu^on ne nous parle jamais des millions de combinaisons qui échouent!
C'est ce travers que l'auteur de la Revue qui nous occupe raille agréablement au premier tableau. La scène se passe dans une petite ville de province où quatre pauvres diables, D. Gennaro, Luigi, D. Mincuccio et Pulcinella, ont mis toutes leurs espérances sur des numéros et attendent avec anxiété l'heure du tirage. Par suite d'un accord, ils conviennent que celui des quatre qui aura gagné emmènera les trois autres visiter Naples, l'Italie, la France, et rExposition de 1900 à Paris. Le hasard favorise D. Gennaro qui n'avait pas mangé depuis deux jours pour alimenter son quaterne, et qui, ayant mis cent sous à la loterie, gagne, par conséquent, trois cent mille lires. Pendant ce temps, le jeune baron Filippetto fait une cour assidue à la jolie M*"* Pulcinella qui ne se décide à le suivre, en tout bien tout honneur, que pour s'assurer chemin faisant des trahisons de son époux.
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Tel est le point de départ qui en vaut bien un autre, et qui nous permet d'aller voir ce qui se passe à Naples à la suite des quatre amis.
Nous assistons tour à tour à la naissance de Tannée 1900, gentiment personnifiée par la jeune Elvira Pantalena ; à la rencontre de deux trains, la nuit, dans un décor fort bien truqué pour une si petite scène, et nous arrivons devant le Mimkipio (hôtel de ville) de J^faples où défilent toutes les personnalités les plus en vue, le maire, les conseillers municipaux, les agents de police dont les têles connues du public provoquent lés rires de la salle.
La statue de Neptune que Ton promène de place en place vient se plaindre au maire entre deux déménagements ; les journaux de Naples, politiques et humoristiques, sont criés par des enfants de différentes grandeurs, selon Timportance de la feuille ; Fauteur effleure même les scandales de Tannée y compris une certaine affaire d'extorsion qui fit grand bruit ici, et Tacte se termine par un chœur de conseillers municipaux, de pompiers représentés par des femmes, et de balayeurs.
Au second acte, Carmela, la femme de Pulcinélla, est devenue une chanteuse de café-con-
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cert à la mode, mais lient toujours son jeune baron à distance. Pulcinella qui se civilise esquisse de son côté une aventuré galante, et les docteurs qui reviennent d'étudier la peste au Portugal, et en rapportent des bacilles dans des flacons, nous chantent un chœur assez réussi. Mais le cloti^ c'est le bazar italo-parisien où les directeurs des théâtres de Naples viennent pour acheter des jouets (lisez des pièces) et se précipitent tous sur les poupées disponibles.
Pour bien comprendre cette allusion, il est bon de dire que la Poupée d'Audrân fit fureur à Naples tout Thiver. Après avoir été jOuée, comme elle fut écrite, c'est-à-dire en opérette, par la troupe Acconci-Soarez, elle fut transformée en comédie par Ed. Scarpelta, coutumier du fait. Scarpetla vous prend une pièce française quelconque, Mamzelle Nitoùche^ par exemple, en Ole les airs qui le gênent, défait là pièce à sa manière, copie mot pour mot des scènes entières, l'appelle Santai^ellina^ Tannonce pompeusement comme de lui et gagne une fortune.
Ça n'est pas plus malin que ça!
Donc, pour en revenir à notre Revue, il y avait dans ce bazar italo-parisien une belle poupée automate toute neuve, débarquée fraîche-
M"^ a: Magnetti.
Première actrice du théâtre Nuovo.
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ment de Paris, la vraie Poupée d'Aud sonnifiée par M"* A. Magnetli. Ce beau j chante à merveille, est immédiatemen par rimprésario-ténor Acconci qui d moins à son public une marchandise tique, tandis que Scarpelta en est réd contenter d'un vieux rossignol de pou les traits de la duègne du théâtre.
L'observation est fine, mais il m'a sei cette spirituelle critique n'avait été qui crement comprise du public qui n'atleii le défilé de tous les jouets animés. Il que le nom d'un auteur sur Taffiche d'importance à Naples ! Qu'importe ur de plus ou de moins? C'est pourquoi S a pris une résolution catégorique : U pièces que Ton joue chez lui sont signées Ah mais ! Comme cela ses habitués jamais à se préoccuper du nom de 1 Quelle simplification ! Et dire que perse avait songé avant lui !
Cela rappelle le beau temps où, en p le nom seul de M. Scribe faisait de Tar
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