VIII PREFACE
tants de l'espèce fut Pasquale Altavilla) mort en 1872, qui, pendant trente-huit ans, alimenta le San- Garlino, le petit San-Garlo, c'est-à-dire le temple du genre pulcinellique, comme le grand San-Carlo Tétait de l'opéra. Il a fait imprimer une centaine de pièces, mais une grande partie de ses compositions est restée inédite.
Qu'était-ce que cet Altavilla ? « Un observateur, répond M. Lyonnet, un fin et gai critique, saisissant l'actualité sur le vif, et, avant tout, un homme de théâtre, c'est-à-dire un amuseur. » Il a écrit et joué l'histoire de Na{)les au jour le jour, trouvant pour chaque fait cette forme concrète et saisissante qui est la forme dramatique. Cela ne l'avait pas enrichi, car les droits d'auteur à San-Garlino sont minimes, mais il portait gaiement et bonnement sa misère.
Si, au sortir du théâtre, nous suivons l'auteur dans la vie privée, nous trouvons un homme bon, simple, doux, religieux jusqu'au bigotisme, allant entendre la messe chaque jour, sortant de l'église pour donner une leçon de guitare, se rendant ensuite dans quelque bureau public où il est copiste, faisant, avec la permission de son imprésario, sa partie de ténor dans une église, s'échappant de là pour enseigner la danse ou la mimique, et ne manquant jamais de se rendre à la répétition du San- Garlino pour mettre en scène une comédie nouvelle, tout en songeant à celle qu'il va écrire après diner dans sa cuisine.
Dans les pièces d'Altavilla et de ses confrères, l'invention proprement dite est peu de chose : il n'y a guère d'intrigue. Le théâtre napolitain attache même peu d'importance à cette complication ingénieuse