‹ Le theatre hors de France, Volume 4Chapitre 6 sur 43 · PREFACE IX · texte numérisé non relu

PREFACE IX

de faits qui a fini par prendre chez nous tant d'importance. Il finit n'importe comment. Ainsi par un compliment au public.

Pulcinella veut se marier. Son maître lui dit :

— Si tu persistes à vouloir épouser la Rosina, je te chasse.

Pulcinella répond :

— Peu m'importe !

Et, retirant son chapeau pointu, il s'avance vers^ la rampe :

— J'ai un autre maître, fait-il, qui m'accueillera toujours avec faveur, cet honorable public dont j'ose réclamer les applaudissements.

Et la toile tombe.

Si ce théâtre s'inquiète peu de l'intrigue, il abonde en situations ingénieuses. Dans une pièce de Petito, le Diable endommagé, qu'analyse M. Lyonnet, se trouve l'indication d'une des meilleures scènes de Cyrano de Bergerac, la déclaration d'amour que Cyrano souffle au beau Christian. Pulcinella est le domestique d'un intendant amoureux et sot. Cet intendant veut faire une déclaration à sa dame et, ne sachant comment s'y prendre, il demande à Pulcinella de lui souffler ce qu'il doit dire. Naturellement, Pulcinella lui souffle des sottises et, pour doubler l'effet comique, l'intendant en ajoute de son cru.

Ici, le Diable endommagé rappelle les Plaidews de Racine. Mais Petito n'a pas plus imité Racine que Rostand n'a imité Petito.

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