PRÉFACE XI
OÙ accroche son pardessus et son chapeau à une patère ; à Torchestre, on trouve adapté au siège que Ton a devant soi un petit mécanisme, simple et commode, pour recevoir ledit chapeau et pardessus celui-ci plié en deux. Sur le rideau est peint Timprovisateiur, le fameux improvisateur de Naples, le cantatore^ qui n'est plus guère qu'un souvenir. Le public se compose de petite bourgeoisie, avec beaucoup d'enfants, surtout aux représentations de jour ; public nombreux et gai, sans excès de bruit. Une fois le spectacle commencé, il n'y a pas ou presque pas d'entr'actes, « de ces entr'actes énervants et lassants qui permettent, à Paris surtout, de servir, ea trois heures d'horloge, un spectacle d'une heure et demie j»«
C'est dans ce cadre et devant ce public que défile, avec une affiche nouvelle par jour , le vieux répertoire de San-Garlino, toujours rajeuni et semblable à lui-même, c'est-à-dire simple et gai, piquant et décent. Pas une pièce où ne paraisse Pulcinella. Le Pulcinella d'à présent est ce Giuseppe De Martino, dont je viens de parier.
A cette heure, le Nuovo est un théâtre plus bourgeois que populaire. Est-ce à dire que Pulcinella ait perdu son caractère primitif? Non, il amuse toujours par la représentation du caractère napolitain, étudié surtout dans le peuple et dans la rue, mais, dans cette ville où la petite bourgeoisie et le peuple se mêlent, il se tient aujourd'hui plus près de cellelà que de celui-ci, alors que, à l'origine, c'était plutôt le contraire. Il n'y a rien perdu de sa verve et de son intérêt, il y a gagné en tenue relative et surtout en décence ; il s'est élevé d'un degré vers l'art.