XII PREFACE
Quant au petit peuple, il n'est pas privé pour cela du héros favori auquel il a donné naissance et qui n'a pas renié son origine. Si le Pulcinella par excellence, il vero Pulcinella, est au Nuovo, il y en a d'autres puro sangue au Partenope, au Petrella, dans une foule de théâtricules, à dix sous et h, trois sous, où fréquentent les petits marchands et les lazzaroni.
Il faut que Pulcinello et le Nuovo soient bien vivaces et qu'ils tiennent bien ferme au sol natal, car ils résistent à une concurrence redoutable, qui se proposait de les anéantir, celle de Scarpetta et du théâtre dei Fiorentini.
Il signor cavalière Eduardo Scarpetta, aussi connu sous le surnom de don Felice, qu'il s'est donné luimême, a déclaré à Pulcinella une guerre à mort ; il veut sa peau, comme nous disons. Directeur, auteur et acteur, il s'est installé près de la rue de Rome, l'ancienne et célèbre rue de Tolède, dans une salle très élégante, les Fiorentini, et pàf un manifeste en règle, plus grandiloquent que la préface de Cromwell, il a déclaré que les vieilleries traditionnelles du Nuovo devaient céder la place à un art plus moderne et plus vivant, le sien.
Mais cet art original consiste principalement à « réduire », comme dit Scarpetta, des pièces étrangères, surtout françaises, ainsi le Bébé de Hennequin et de Najac, qui est devenu Tetillo aux Fiorentini.
Scarpetta s'est enrichi à ce commerce , malgré