LES MEMES, GERARD
GÉRARD, entrant -avec des tréteaux. — Vous me demandez ?
BÉDOLLE. — Ah!... c'est vous l'Extra ?
GÉR.^RD. — Oui, Monsieur. C'est moi l'Extra-
BÉDOLLE. — Comment vous appel le-t-on ?
GÉRARD. — Comment on m'appelle... Heu.^ Rémy... oui Rémy Fassol... et vous ?
Justin. — Hum! Huml
BÉDOLLE. — Comment ? Comment ? Et moi ?.- Je vous le dirai en vous donnant votre pourboire- (A Justin.) Il est familier!.-
Justin. — Je le mettrai au pas! (A Gérard.) Il faut placer ça là ! et vivement J
i84 L'EXTRA
GÉRARD. — Bien! En plaçant le tréteau, il aperçoit le tableau sur le mur.
BÉDOLLE. — Qu'y a-t-il ?... Ah ! vous regardez ce tableau !... C'est un Corot
GÉRARD, examinant. — En effet... C'est même un faux Corot!...
BÉDOLLE, furieux. — Qu'est-ce que vous dites ?
GÉRARD. — Oh ! il n*y a pas d'erreur !... Voilà ce que j'ai vu de mieux comme faux Corot!
BÉDOLLE, furieux. — Un faux Corot!... Insolent 1...
Justin, V écartant. — C'est un vrai !.. Et puis ça ne te regarde pas... Va me chercher la suite et plus vite que ça !
GÉRARD, sortant. — Je veux bien !... Mais c'est un faux Corot.
BÉDOLLE. — Qu'est-ce que c'est que cet idiotlà!
Justin. — Je demande pardon à Monsieur!.. Ce garçon ne sait pas !...
BÉDOLLE. — Je pense bien... J'ai payé ce Corotlà, vingt francs à l'Hôtel des Ventes... Et on me l'a garanti... Dites donc, il me semble bizarre, votre extra... Surveillez l'argenterie hein! {En sortant à Gérard qui apporte les rallonges.) Critique d'arti va!...