L HISTOIRE
Si rinde a oublié les précurseurs de Kâlidâsa, si les œuvres encore imparfaites des vieux dramaturges ont disparu sans laisser de traces, si la littérature dramatique entre dans l'histoire comme par miracle, avec des chefs-d'œuvre, si la poétique du théâtre se vante d'une origine divine, et prétend être arrivée dès sa naissance à la perfection, la vanité jalouse des brahmanes n'a pas cependant réussi à effacer entièrement le souvenir des progrès successifs qui ont préparé la création du nâtaka. A défaut des ouvrages dramatiques, les autres genres racontent l'évolution du théâtre, soit par des témoignages formels, soit par des témoignages indirects. La litté* rature indienne ne manque pas de documents antérieurs à la Renaissance sanscrite : les Samhitâs védiques, quelle qu'en soit la date absolue, remontent à des siècles lointains avant l'ère chrétienne; les Brâhmanas suivent de près les Samhitâs. Les grandes épopées, arrêtées sans doute assez tard sous leur forme actuelle, continuent cependant des traditions, des usages, des procédés même contemporains de l'âge védique et se