‹ Le théâtre indienChapitre 160 sur 263 · IV · texte numérisé non relu

IV

Théâtre indien. 21

grammairien au v* ou au vi* siècle après J.-C. Nous croyons avoir démontré, à l'aide des documents grecs comparés aux données de Pànini, l'authenticité et l'exactitude absolue de la tradition*.

Le commentaire de Patanjali sur les Règles de Pànini, le Mahàbhâçya, nous fait connaître le dernier terme de l'évolution qui tira de l'épopée le drame. Il n'est pas impossible de fixer avec précision le temps oii vécut Patanjali.

Son ouvrage, appelé aussi la Cùrni, a été commenté à son tour dans la première moitié du septième siècle par Bhartrhari* l'auteur du Vàkya-padîya. Le deuxième chapitre (Kâiida) de Bhartrhari raconte l'histoire de la doctrine depuis Patanjali. « Après la mort du maître, Vaiji, Saubhava, Haryakça, qui cultivaient la logique toute sèche, laissèrent se perdre le vieil ouvrage; à la fin, les disciples de Pànini n'eurent plus le texte de ce traité ; il n'en restait qu'un seul exemplaire, à force de temps, dans le pays du sud. Candra et d'autres maîtres étudièrent le texte retrouvé à Parvata (dans le Teliôganà), s'appliquèrent aux sùtras et aux commentaires et formèrent des branches nombreuses. Mon maître* exercé à toutes les méthodes de la logique et à son propre système, a composé ce livre-ci pour nous. ^ » Ainsi Bhartrhari est séparé de Patanjali par une longue série de générations. Bhandarkar* a soutenu par des arguments sérieux que le Mahâbhnçya avait été composé vers 140 av. J.-C. ; cette opinion a trouvé des adversaires ardents, mais aussi des partisans zélés. Un examen minutieux des données les plus importantes nous a déterminé à accepter sans hésitation la date proposée par M. Bhandarkar*.

L'auteur du Mahâbhàsya combat la règle posée par Kâtyàyana dans un de ses Vàrttikas (III, 2, 111) et qui prescrit l'emploi de l'imparfait lorsque l'action indiquée s'est passée sous les yeux de celui qui parle ; il cite, pour établir l'inexactitude de cette règle, la phrase suivante : « Vâsudeva a tué Kamsa ». — Et en effet, ajoute le commentateur Nâgoji-

Page 1