Vâkyapad. Il, 487 sqq
2. V. Quid de Grœcis veiet*um Indorum monumenta Iradiderint, Paris, 1890, p. 16 et 38.
Bhatta, celui qui parle actuellement de cet exploit ne Ta pas vu de ses yeux*. Il s'agit manifestement d'un personnage qui rapporte la mort du tyran, au temps de Patafijali, comme s'il en était le spectateur direct. Un autre passage éclaire et complète celui-ci^ Patafijali examine l'emploi du présent dans ces phrases : « Il fait frapper Kamsa », « il fait enchaîner Bali ». — Comment, dit-il, peut-on y employer le présent alors que Kamsa a été frappé et Bali enchaîné dans un temps si éloigné de nous? Rien de plus juste: c'est qu'en effet les Çaubhikas (c'est ainsi qu'on les nomme) mettent sous les yeux la mort de. Kamsa, l'enchaînement de Bali. — Mais les rhapsodes aussi emploient cette tournure, et pourtant ceux-ci ne font que parler (et n agissent pas comme les çaubhikas). C'est que du commencement à la fin ils récitent les penséeset font ainsi paraître les objets des pensées. Et c'est pourquoi ils se montrent distincts les uns des autres aux auditeurs: les uns sont partisans do Kamsa, les autres de Vàsudeva; ils prennent même des couleurs différentes : les uns se rougissent la face, les autres se la noircissent. On trouve même les trois temps employés dans l'usage courant : « Va-t'en; on frappe Kamsa » ; va-t'en, on frappera Kamsa; « inutile de partir, on a frappé Kamsa ».*
Le terme de çaubhikas ' qui désigne les acteurs dans le passage traduit ci-dessus est expliqué ainsi par le glossateur du Mahâbhâ^ya, Kaiyyata : On appelle çaubhikas les maîtres qui apprennent la façon de réciter aux acteurs qui représentent Kamsa, etc.
Patafijali donne aussi des renseignements assez nombreux sur les acteurs (nata) : ils pratiquaient non seulement la déclamation*, mais encore le chant*. Leurs mœurs étaient aussi dépravées, leur situation sociale aussi vile que pendant les temps historiques de la littérature.* Les actrices ne sont, serable-t-il, que des chanteuses et des danseuses*. Les