‹ Le théâtre indienChapitre 169 sur 263 · Kathâ-S. S. tar. XXIX · texte numérisé non relu

Kathâ-S. S. tar. XXIX

amuse son amie Kaliiigasenà, avec des marionnettes dues à Tindustrie de son père. « Une d'elles volait, allait cueillir une guirlande de fleurs et la rapportait ; une autre apportait de Teau à volonté; une autre dansait; une autre causait. » Les marionnettes parlantes figurent également dans une scène curieuse du Bàla-Râraâyana (acte V, garbhâïika). Râvana, qui a sollicité en vain la main de Sitâ, ne peut se consoler de Téchec qu*il a subi ; son orgueil et son amour, également frappés, se refusent aux consolations. Son ministre cherche un moyen de le divertir et de tromper sa douleur ; il demande à un artisan, nommé Viçârada, de fabriquer une poupée de bois qui s'agite avec des ficelles, et qui ressemble exactement à Sitâ et une autre qui représente sa sœur de lait, Sindurikâ. On introduit ces figures en présence de Râvana; afiblé par sa passion, il se jette sur la Sitâ de bois, la caresse, Timplore ; une perruche, placée dans la bouche de la poupée, et qu'on a dressée à réciter son rôle, répond aux prières du Ràkçasa. L'artiste qui tient les ficelles s'appelle le Sùtradhâra (V, V. 6*). On rencontre aujourd'hui encore dans les pays mahrattes et canarais, des théâtres de marionnettes ambulants (kalasûtrî bâhulyâ, en mahratte) qui vont de village en village; les paysans ne connaissent pas d'autre spectacle dramatique. Les poupées sont en bois ou en papier et habilement articulées. Elles dansent, elles luttent, elles se tiennent debout, elles dorment ; elles représentent, en un mot, toutes les actions que comportent les pièces de ce répertoire. Le directeur et son second tirent les ficelles et récitent les rôles'. C'est peut-être du pays de Pancâla (le Tirhut moderne) que les marionnettes.se répandirent dans l'Inde, car elles ont gardé le nom de pâncâli ou pâiicâlikà*

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