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I\l jo ne parle pas dos cas où il lauilrait plulO»t s'elTorctM* de rescamotor cette rime, quand elle est trop faible ou trop maladroite, comme cela arrive chez les plus grands classiques, Corneille, Racine, Molière ; mais le maniement même de la rime riche ou simplement suffisante est varié pour le diseur comme tout ce (jui coiïcerne la langue poétique. La rime est un point de repère, elle n'indique pas nécessairement un temps d'arrêt ; elle est une borne qui sert à mesurer le nombre des syllabes, mais une borne devant laquelle on peut passer sans s'y arrêter. Si dans les classiques, au lieu de Taccent rythmique, qui se trouve A la lin du vers, un temps d arrêt après chaque douzième pied venait fatalement s'ajouter à la monotonie de leur césure, cet arrêt produirait, je crois, la poésie la plus mortellement ennuyeuse qui soit au monde.
M. Jules Lemaitre dit en reprenant les méthaphores de Sainte-Beuve, que le rythme qui a, dans la rime, son clou, son agrafe ou son coup d'aviron, est essentiel dans les vers et importe vraiment beaucoup plus que le sens. Cela n'est vrai que suivant les cas, à ce qu'il me semble encore ; maïs puisque Sainte-Beuve a été cité, lisez ce qu'il dit dans son tableau de la
lance relative en matière de pot^sie, il est certain que les qualités qu'il signale ainsi ont ^U^ les plus apprèoit^ par IWulo clu'^-iqut» toulc cnliéro.
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Poésie au XVP siècle : « La rime aussi, au lieu « d être un signal d'arrêt et de sonner la halte, « intervenait souvent dans le cours d'un sens à € peine commencé, et alors, loin de Pinterrom- I pre, Taccélérait plutôt en raccompagnant a d'un son large et plein. » «... Ce fut là, dit- « il plus loin, Talexandrin de Du Bellay, de « Ronsard, d'Aubigné, de Régnier, de Mo- « Hère, de Racine, d'André Chénier, puis enfin « de Victor Hugo, d'Emile Deschamps et d'Al- « fred de Vigny ; Malherbe et Boileau eurent « le tort de le mal comprendre et de toujours € le combattre. »
Admettre la théorie de M. Jules Lemaître, c'est donner raison aux étrangers qui, faute de sentir les grâces de notre langue, pensent que la rime constitue, à elle seule, tout le vers fran rais, c'est nier qu'un vers puisse être beau en lui-même, sans le secours d'un autre vers, à terminaison semblable. Que devient, avec cette théorie, l'œuvre de Musset ou même celle de Lamartine, dont la musique n'est pas à la rime. Je sais que pour Musset, on répondrait aujourd'hui que ses vers n'étaient que de la prose poétique, mais je crois bien, d'ailleurs, que la démonstration de M. Lemaître ne l'entraînerait jamais jusque-là.
Quoi qu'il en soit, peut-on dire que rien ne
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subsiste, par exemple, dans les vers suivants privés de leurs rimes :
Je viens vous rapporter voira jeunesse blonde : Tout Tor de vos cheveux est resté dans mon cœur.
SrLLY pRUD*a0)»IK.
OU de ceux-ei :
L^herbe haute montait au ventre des statues, Des cigognes rivaient sur Tépaule des dieux.
Louis BOCILHET.
Dans la pièce de Bouilhet où se trouvent ces deux deiniiers vers(l), on lit cet autre vers ï^uperbe sur la Mère du Christ :
Pale élerneUement d'avoir porté son Dieu.
OVy il rime bien platement, à mon avis, avec celui-ci :
Ta croix couvrait le monde et montait au milieu.
Essavez de mettre toute la beauté de ces vei*s-là dans la rime et voyez ce qu'il en reste.
Xon, il faut dire les vers suivant les tendances qui, chez les poètes, ont présidé à rêclosionde leurs œuvres.
On ne pouri*ait m'^accuser de t n'iVmier pas la musique », puisque c'est elle que j'ai pi^écisêment voulu défendre dans ces pages : elle est
^\ La Colombe.
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presque tout chez les symbolistes (1), el^e domine dans la structure même du vers chez les romantiques, elle est souvent tout entière à la rime chez les Parnassiens, mais chez les Classiques, c'est bien certainement le sens qui emporte tout : une seule chose est certaine et immuable^ c'est que Talexandrin a toujours douze pieds dans la diction et que levers de huit pieds ne saurait se contenter de six ou de sept au gré de l'amateur. .