CLIQUET
Adieu, Rasoir I
Le roi et le sénéchal se réveillent après d'heureux rêves; ils constatent que le trésor et le saint Nicolas sont en place, et que le trésor est doublé. On va chercher le prud'homme, que le geôlier Durand ne livre qu'à regret :
J'eus grand tort De ne vous pendre par les pouces, Ni vous tirer les dents molaires.
Le roi, le sénéchal, et Durand lui-même, se con-
verlîssent: « Seigneur, dit le roi à saint Nicolas, je deviens votre homme.
Je laisse Apollon et Mahom Et ce vaurien de Tervagan. »
Les émirs suivent l'exemple du roi, à l'exception de celui d'outre TArbre-Sec, que Ton fait se prosterner par force devant la statue de saint Nicolas.
Sur l'ordre du roi, le sénéchal renverse de son piédestal la statue de Tervagan, qui prononce des paroles inintelligibles. Le sénéchal dit à Tervagan :
Tervagan, du rire et du pleur, Que fîtes en votre douleur, Vous allez voir la prophétie.
Décomptez-moi toutes ces marches 1 Ne vous prisons plus que vessie.
Et la pièce se termine par le chant du Te Deum.
LE prud'homme
A Dieu donc devons-nous chanter Ce jour : Te Deum laudamus.
Toute cette fin est pittoresque et curieuse ; mais le drame de Bodel vaut surtout par les scènes, justement célèbres, qui précèdent et qui suivent immédiatement la bataille. Dans leur émouvante simplicité, elles s'élève\it à la hauteur des plus belles inspirations de notre génie épique.
RUTBBEUF ; L.B MIRACL.B DB « THÉOPHILE »