‹ Le théâtreChapitre 36 sur 88 · LA FILLE DU ROI D*ESPAGNE · texte numérisé non relu

LA FILLE DU ROI D*ESPAGNE

Et VOUS fera si grande guerre Qu'il vous ôtera vie du corps, Ou de ce pays fuirez hors.

Votre puissance, il ne l'estime Plus que la feuille d'une ronce :

De part lui, ceci vous dénonce, Et vous défie.

Cette insolence coûterait cher à l'envoyé de l'empereur, s'il n'était protégé par son caractère de messager. Il y a là une petite scène semblable k celle qui suit le message de Ganelon dans la Chanson de Roland. « Il fait son devoir de messager, dit Alphonse à ses chevaliers ; gardez- vous de le toucher. »

Cependant le roi d'Espagne ne se sent pas en état de résister à Lothaire ; il convoque les bourgeois de Burgos, leur confie sa fille et la ville, et part pour aller demander aide à son frère, le roi de Grenade. Les bourgeois se rendent avec la fille du roi dans la forteresse, et tous, femmes et hommes, la fortifient de leur mieuxi

« Frère, soyez le bienvenu ! Quel vent vous mène? » dit le roi de Grenade à son frère Alphonse. Instruit des événements, il charge un de ses hommes^ Musehaut, d'aller dire aux rois de Tarse, d'AImaria, de Turquie et du Maroc de rassembler leurs forces pour l'aider à chasser ses ennemis ; puis il dit à son frère :•« Asseyez- vous ici jusqu'à ce que Musehaut soit revenu. » Il confie une autre mission à Salomon l'Albigeois, celle de parcourir l'Espagne pour lui rapporter l'état du pays et des villes.

De retour à Rome, le messager de l'empereur rend compte de sa mission à Lothaire, qui décide d'aller assiéger Burgos.

112 LE THÉATKE AU MOYKN AGR

Les bourgeois de Burgos refusent de se rendre ; assiégeants et assiégés échangent des coups et des injures. Les archers tirent aux murs et les chevaliers attaquent la porte, pendant que les bourgeois lancent de gros mangonneaux et de grandes pierres ; enfin on réussit à mettre le feu à la porte, et leç assiégés sont obligés de se rendre à merci. Sur Tordre de l'empereur, on amène la fille du roi toute tremblante; Lolhaire fait approcher son neveu Othon :

l'empereur ..Neveu Othon, venez ici :

Je veux que vous ayez pour femme Celle fille, qui sera dame Et reine ; vous, vous serez roi D'Espagne, mais tiendrez de moi Le pays, c'est ma volonté.

Or lot allez, sans plus d'allenle, En la chapelle de c<^ans, Et l'épousez, je le permets.

Il y a des prêtres tout prêts .

Et vous, seigneur, allez après ; Vous ramènerez l'épousée Quand la messe sera finie.

OTUON

Dame, vous plaîL-il tout ainsi Comme il a dit?

LA FlLLi£

Puisqu'il lui plaît, nul contredit N'y ose mettre.

OTUON

Ça donc, de par Dieu, la main droite !

Dame, vous mènerai moi-même Là où je vous épouserai

Com ma compagne.

Ueslé sur la scène, Lolhaire demande aux bour-

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