OTHON
Je viens d'outre mer, seigaeur doux, Et vais à Rome.
LA REINE
{S* adressant à ses chevaliers) Beaux seigneurs, prenez-moi cet homme Etavecque nous l'emmenez.
Vous ne savez qui vous tenez, Je le connais mieux qu'il ne pense.
Gardez qu'il ne s'échappe et fuie D'entre vos mains.
La reine et Othon arrivent ainsi devant l'empereur, près duquel se tenait, entre autres vassaux, le traître Bérenger.
LA REINE
Sire empereur, que Dieu le vrai Vous donne honneur et bonne vie A vous et à tous ces barons Qu'ici je vois I Je n'en exclus Que Bérenger, le roi d'Espagne.
Mais contre lui je tends mon gage, Devant tous ces nobles seigneurs, Et l'accuse de trahison I Car faussement il se vanta D'avoir séduit une sœur mienne :
Dont ma sœur prit telle frayeur.
Telle peur et telle douleur Que hors du pays s'est enfuie.
Depuis, nouvelles n'en ouïs.
Votre neveu perdit l'Espagne, Qui était vaillant et hardi, Et dans sa douleur s'éloigna Si loin qu'on ne sait rfù il est.
Et parce que le cœur m'en serre, En champ clos j'abattrai le traître:
Faites-m'en droit I
Othon intervient, et réclame Thonneur de combattre Bérenger :
LA FILLE DU ROI d'eSPAGNE 123