LA FILLE DIS L'EHPEREUR
Sire, par saint Pierre de Rome, Je tiens que, si vous le cherchez, Avec Louvet, chien de mon père, Le trouverez.
Le pape et l'empereur trouvent en effet Robert couché tout près du chien. Le pape lui adresse la parole : « Je suis le pape de Rome ; parlez-moi, je vous prie. » Mais Robert lui fait la grimace et le bénit avec un os. L'empereur n'a pas plus de succès:
l'empereur
Mon ami, montre-moi ta cuisse, Dont tu cloches, et je serai Celui qui guérir te ferai Avant un mois.
Ici Robert fait, avec une paille, le geste de se battre avec l'empereur.
Mais on voit arriver l'ermite du Rhône, à qui Dieu a ordonné de se rendre à Rome pour mettre fin à la pénitence de Robert.
l'ermite Robert, Robert, bien vous connais...
Parce que sans faillir avez Supporté votre pénitence, Dieu, dans sa bonté infinie, Veut qu'elle soit en vous finie Et que vous parliez désormais ; Car tous vos péchés vous pardonne.
Avec ce, licence vous donne De reprendre Tétat d'honneur De chevalier.
ROBERT
Ah! Seigneur Dieu, agenouiller Me veux, et te remercier Et louer et magnifier, Quand j'ai, par ta miséricorde, Acquis vers toi paix et concorde De mes méfaits I
Il voudrait se consacrer à Dieu, mais rermile lui commande d'épouser la fille de l'empereur.
l'ermite
Robert, sache. Dieu a voulu Autrement de toi ordonner.
Ecoute, il te mande par moi Que la fille de Tempereur Tu prennes sans délai pour femme ; Car de vous sortira lignée Telle, dit-il, (écoutez tous I) Dont tout paradis aura joie.
Le pape invite tout le monde à se rendre dans son palais, où sera célébré le mariage^ et les clercs, en chantant^ précèdent le cortège.
Pierre le Ghsuigeur (1).
Cette pièce s'ouvre par une scène curieuse, où plusieurs mendiants causent entre eux, en attendant la pratique.
DIDIER, premier pauvre ^ d'abord seul Dieu me donne bonne rencontre Aujourd'hui I Car si pauvre suis Que je n'ai ni pain ni argent.
Donnez à Didier, bonnes gens, Pour que vos péchés Dieu pardonne !
Mais les gens passent sans s'arrêter, et Didier poursuit :
Las I je^ne trouve qui me donne, Et ne sais où me diriger.
Vais sur la place me distraire Et m'asseoir là-bas au soleil.
Arrivé sur la place :
Il est encore de bonne heure ; Ici un peu m'arrêterai, Et les compagnons attendrai, Avec qui le temps passerai
Jusqu'à grand messe.
MENAIT, deuxième pauvre Bonjour, Didier ; mais dis-moi, qu'est-ce Qui t'a si matin amené ?
Quelqu'un tVt-il déjà donné
(i) N^" 36 de la Collection des Miracles.