‹ Le théâtre vivantChapitre 6 sur 13 · r.F THKATHK VIVANT · texte numérisé non relu

r.F THKATHK VIVANT

scènes (Cl tableaux, puisque l'on demande du spectacle. Ur. d'une part les scônes allongées amèneront une insupportable lenteur ; d'autre pari, l'intervention de personnages épisodiques, non coni^'uc dans le plan général, hacbera l'action en menus morceaux, les scènes ajoutées ne se souderont plus aux autres, ne cadreront pas avec l'ensemble, ne seront plus d'accord avec les caractères, et vous aurez un inextricable méli-mélo.

C'est ce qui s'est passé pour M (litres (rdvmi's dont on saisit assez bien l'idée première. Un maître d'armes a sa femme ou sa fille séduite par le meilleur de ses élèves, il en acquiert la certitude, et le saisissement le frappe de paralysie. Mais il apprend que le séducteur vient de commettre une félonie sur le terrain et que de ce cbef il est traduit en cour d'assises. Le désir de la vengeance guérit comme par encbantement le paralytique. Sous prétexte d'expliquer à la cour la façon dont le cou[) a rlé porté, 1 e maître se place en face de l'accusé, croise le fer avec lui et le tue. Il y avait là évidemment matière à trois actes dramatiques et intenses.

En passant de trois à cinq actes, la salle d'armes est transformée en salon de cercle où les escrimeurs s'acliarnent pendant un longtemps à faire assaut. On ne voit que plastrons, masques et fleurets, et ce tableau, qui peut être amusant pour les spécialistes, devient excessif pour les autres. On a pu retarder par (juclques (icelles le \\\oment où le maître d'armes acquiert la certitude de son infortune, développer la scène bizarre dans laquelle le père commande à sa fille de lire en un livre écrit par lui l'bistoire de son enfance à elle, et multiplier les phases par lesquelles passe le paralytique avant de sortir de son fauteuil et de pouvoii" brandir un tleuret ; mais le sujet, même distendu à l'extrême, ne suffisait pas pour remplir neuf tableaux.

Les auteurs ont eu alors l'idée géniale de combiner

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avec la pièce du Maîtres d'armes, une autre pièce, celle du Marin, source inépuisable de grande mise en scène. Un marin devenait pour le bon motif amoureux de la fille séduite du maître d'armes. Il était Thomme de tous les dévouements et de tous les courages, pour faire opposition au traître^ le dernier des lâches. Il savait son amour partagé ; pourtant la fille-mère répétait qu'elle ne pouvait être sa femme et un jour avouait l'enfant et nommait le séducteur. — Ce qui n'empêchait pas le terreneuve de sauver le misérable au péril de ses jours, — Puis, comme la pauvre jeune femme voulait mourir, le brave marin lui déclarait qu'il l'aimait toujours, qu'il élèverait l'enfant avec les autres, si bien qu'il ne saurait plus le distinguer et qu'elle serait sa femme.

Ce scénario, qui n'avait pas été très difficile à trouver, fournissait le clou réaliste indispensable au mélo moderne^ ainsi que nous l'avons dit plus haut ; on avait le bai)tême d'un canot par beau temps, un sauvetage par une tempête effroyable : et la chronique assura qu'un grand souci d'exactitude — d'exactitude matérielle s'en^ tend — présidait aux répétitions.

On s'en rend compte dés le premier tableau cfiec: le pilote : une maison normande sans cheminée, un lit peint, un buffet peint, des bateaux peints, un filet, des personnages de convention parlant une langue de théâtre. Et ce n'est que le commencement, il faut voir de quelle façon marchent les foules, et le réalisme de la tempête ; on se demande où est l'exactitude? Elle est paraît-il dans les costumes tous achetés au Pollet ; en ce cas on eût mieux fait d'en habiller des mannequins, ces derniers ayant sur les figurants de la Porte-Saint-Martin !a grande supériorité de ne pas déclamer et de ne point gesticuler à faux.

Une nouvelle pièce a donc été introduite dans l'ouvrage primitif, les gens de mer se sont mêlés aux gens du monde, l'habit noir a fratei'nisé avec la vareuse, et les

scènes maritimes ont été placées ea chicane en travers de l'action. On a fait des raccords avec tels personnages épisodiques injustiflables, comme le docteur Majorj et Thérèse^ ou assommants comme les deux matelots ivres qui promènent leurs hoquets d'un bout à l'autre du drame ; on a bouché les trous avec des incidents oiseux, des épisodes ridiculement présentés comme le suicide de la mère Chalopin, et l'on a obtenu cinq actes et neuf tableaux.

Mais ce n'était pas tout que de maçonner une pièce de gravats, il fallait aussi faire donner le sentiment, et les auteurs, qui ne sont pas à leur coup d'essai, ont utilisé largement les matériaux usés du vieux répertoire mélodramatique en y adjoignant, il est vrai, quelques données nouvelles. Je ne leur en fais certes pas un reproche, il et permis à tout le monde de traiter un sujet déjà mis au théâtre et de s'inspirer de certaines scènes connues ; mais quand on se livre à ce genre d'exercice, il convient cependant d'y mettre quelque chose de personnel et, à défaut d'art et d'habileté même, simplement du sens commun.

Dans Maître cVarmes, les scènes à effets, — à effets puérils — s'aboutent de bric et de broc aux autres scènes, sans qu'il soit tenu compte de la vraisemblance des situations ou de la vérité des caractères, uniquement parce que l'on y entend ronfler ou pleurnicher de grands mots susceptibles de faire vibrer dans les Ames faibles les cordes de la sensiblerie. Le procédé est si grossier, le piège tendu aux bonnes âmes est si absurde qu'elles n'ont pas vibré très fort, à ce que j'ai pu constater.

Et pourtant, je vous jure, ils ont tout essayé. Jean IIolgan. l'homme qui n'a tremblé que deux fois dans sa vie : devant sa mère morte et devant celle qu'il aime, a de ces mots superbes qui peignent bien la farouche du marin, Catherine avoue qu'elle est mère et il s'écrie : « Elle si

frêle, si délicate... avec sa douce figure, ses yeux pleins de francliise. » CatJierine parle du traître qui l'a « lâchement surprise «, en invoquant» le nom sacré de sa mère», et dit : « J'ai bien peur qu'il ne soit qu'un misérable ! » Et lorsque Majory lui apprend que son enfant est sauvé, elle s'écrie : « Dieu est bon malgré tout ! » Il est à remarquer que les auteurs jouent de l'amour maternel de Catherine tant quils en ont besoin pour amener un télégramme révélateur; sitôt après, elle n'y pense plus, et quand elle va s'empoisonner, elle n'a pas un mot pour son enfant. Il y avait pourtant là un joli couplet à écrire dans cette langue chère aux concierges : « Frêle et mignonne créature, gaie de tout le printemps que tu as dans le cœur, etc. »

Mais, à quoi bon chercher un semblant de logique, même une lueur de bon sens dans l'expression de ces sentiments fictifs I Ce n'est pas de l'art dramatique, c'est de la mystification ; et il faut vraiment avoir une pièce en instance à la Porte-Saint-Martin, comme l'honorable M. Henri Fouquier, pour trouver que cet art, qui n'en est pas un. n'est pas souverainement méprisable.

Passons maintenant au vaudeville à grand spectacle, à la Tournée Ernesdn, ionée hier soir à Cluny.

Je déclare tout d'abord que ce genre me parait infiniment préférable au précédent ; il n'a pas de prétention à la pièce, et l'auteur ne cherche pas à tromper son public. Il le dit, on le sait^ ce vaudeville a pour but uniquement de faire rire et d'ébaubir les spectateurs par une recherche de cocasseries à grand flafla ; on n'aura donc pas à s'étonner d'être transporté dans un domaine de folie pure.

Cherchons à nous retrouver dans l'mtrigue, nous parlerons ensuite du spectacle.

Le jeune Gaston, fils d'un fabricant de denrées coloniales, doit épouser sous peu la fille d'un célèbre chimiste.

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Ce n'est qu'un mariage de convenance, les deux fiancés se l'avouenl IVanclienient pendant la solrce du contrat et se demandent : « Pouniuoi nous marions-nous? » Résister à la volonté des parents est impossible et la fuite seule leur permettra d'échapper à l'hymen. Justement, dans cette soirée de contrat, on vient d'ajjplaudir Krneslin, le i^rand chanteur national, dont la belle prestance a produit une impression considérable sur Mlle Lucette. et l'on a entendu la diva Nelly-Hosier dont s'est toqué M. Gaston. Leur parti est vite pris, la troupe Ernestin s'embarque le lendemain pour l'Amérique, ils s'engageront tous deux dans la troupe et suivront leur étoile. Ils fuient.

M. Mresclimoll, limpressario, consent à les accepter dans sa troupe, moyennant un versement de six cents francs i)ar mois, un dédit de vingt-cinq mille francs sans compter les amendes, et les voilà à Rastaquouère-ville, dans la République de Santa-Baccara, l'une soubrette, l'autre garçon de scène. Ils ne sont guère avancés dans leurs amours. Ernestin, le roi des fats, ne peut déchoir jusqu'à porter ses regards sur une petite femme de la figuration, et Nelly est suivie pas à pas par son protecteur M. Chapuzot: ce qui n'empêche pas d'ailleurs la diva de souper avec le ministre de l'instruction i)ublique de la localité : S. E. Abricatorès.

Mais à Santa Baccara, le gouvernement change tous les deux mois ; tantôt c'est le parti civil qui l'emporte sur le parti militaire, tantôt le militaire qui renverse le civil ; pour celle fois seulement les partis civil et militaire sont tombés d'accord et l'on nomme président l'homme unanimement acclamé : Ernestin.

Grandeur et décadence, Breschemoll est parti avec la caisse, et nous retrouvons à New-Arton une partie de la troupe : Ernestin, Saint Alphonse, de la Porte-Saint- Martin, la duègne Mnje Erancheville. le ténor Gontrano,

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Chapuzot et Lucette dans le plus affreux dénùment, sollicitant des secours au consulat de France. Le consul est absent et la gérance a été confiée à un aubergiste flamand, chancelier de la légation de Belgique. Ernestin lui fait passer sa carte avec cette mention pompeuse : ex-président de la république de Santa-Baccara. Mais très placidement le bon Belge lui répond : « Ah ! vous avez été président de Santa-Baccara ? Moi aussi^ huit jours. — Et moi vingt-quatre heures ! » répond Ernestin. » Sur ce, l'aubergiste leur conseille de se noircir la ligure et de se faire minstrels.

Pendant qu'ils opèrent ce changement assez long, le reste de la troupe, enr(jlé dans une sorte d'armée du Salut, arrive sous la conduite du régisseur Léonard. Les minstrels donnent leur représe)itation, on se retrouve ; effusions et embrassements. Gaston apprend que la platonique Lucette n'en tient plus pour Ernestin et Lucette que Gaston n'est plus amoureux de Nelly ; ils se jettent dans les bras l'un de l'autre et n'aspirent plus qu'à retourner à Paris. Justement le fuyard Breschmoll est repincé et promet de rapatrier toute la troupe.

Pourquoi M. Gandillot s'obstinerait-il à faire de la comédie quand il réussit si bien la bouffonnerie? Sur ce scénario désordonné, il a grefîé mille incidents burlesques et satiriques amusants, et des trouvailles énormes de mots bien en situation comique. Ainsi, le latin de la délicieuse Lucette : «^ S.umus histriones, castigamus ridendo mores. » Il caricaturise, peut-être lourdement, les travers des comédiens-étoiles dont la prétention insensée n'a d'égale que la venimeuse jalousie, et blague avec une verve un peu banale les républiques sud-américaines, mais tout cela est si fou!

On pourra objecter aussi que les types ne sont pas tous entièrement neufs, ainsi celui du bonhomme qui quitte femme et enfant pour suivre une divette ; que les inci-

dents ne sont pas tous inventés par lauteur, voire le déguisement des minstrels renouvelés du Pays de ro?' ; seulement, à l'inverse de MM. Mary et Grisier, M. Gandillot se donne la peine de fondre toutes ses réminiscences dans sa personnalité. Par exemple, il abuse du parallélisme des scènes ; une scène de Gaston avec ses amis ou avec Nelly amène fatalement une semblable scène de Lucette avec ses amies ou avec Ernestin ; c'est d'une monotonie qui fatigue.

Le théâtre Cluny a fait de véritables folies pour monter la Toiumée Ernestin. Les décors, le lumineux panorama de Santa-Baccara et l'intérieur du théâtre baccarien vu des coulisses, avec la troupe en scène, sont particulièrement réussis ; les costumes se parent d'une luxueuse fantaisie et d'un décolletage très suffisant, la figuration est intelligemment mise en scène et comporte nombre de jolies femmes. La soirée de contrat du C!ontinental au premier acte, l'embarquement sur le quai du Havre et la proclamation d'Ernestin comme président, sont des tableaux mouvementés, colorés et divertissants.

La partie musicale est très importante, chœurs, duos et couplets, c'est une véritable opérette ; pourquoi, au lieu de prendre les tararaboum et autres airs qui ont traîné partout, M. Gandillot n'a-t-il pas confié le soin de la partition à un collaborateur musical ? II eût peut-être soigné davantage la facture des couplets.

Ces sortes de pièces ne sont pas difficiles à interpréter, néanmoins il faut reconnaître que la troupe de Cluny se surpasse, et que l'ensemble jusque dans les plus petits rôles est on ne peut plus satisfaisant.

Total grand succès.

17 octobre 1892.

La résurrection d'un Art, le théâtre grec moderne. — Et encore M. Sarcey !

Puisque les directeurs nous font faux bon et que les nombreuses premières dramatiques annoncées pour cette semaine sont remises à la prochaine, j'en profiterai pour parler d'un ouvrage de haute critique, dont je viens de lire les bonnes feuilles. Ce m'est un plaisir que de signaler cette publication, d'abord parce qu'il s'agit d'une œuvre de réelle valeur conçue dans les idées modernes, ensuite parce que c'est le livre de début d'un jeune.

La Résurrectio7i cVun art, tel est le titre donné par M. Georges Bourdon à cette consciencieuse étude du théâtre grec moderne.

Rassurez-vous, ce n'est pas une de ces monographies fastidieuses, compilations pesantes faites à coups de dictionnaire ; M. Bourdon — ce qui donne au travail une grande originalité — a mené son enquête dans Je pays même, il a feuillleté les auteurs en causant avec eux, et s'est mêlé dans les théâtres à la foule néoathénienne. Ce qu'il a vu, ce qu'il a entendu, il le rapporte et en tire des conclusions sévères, mais qui, étant donnés sonjuste sens et sa préférence raisonnée pour les formes neuves de notre art, sont on ne peut plus légitimes.

Ces conclusions, divulguées par quelques articles de la Revue d'Art dramatique, n'en ont pas moins causé une certaine émotion dans les milieux artistiques hellènes. C'est que l'auteur n'a pas cru devoir par politesse payer

comme d'habitudo en mensongères llagorneries l'iiospilalil('' reçue, il a pensé que la meilleure façon de se reconnaître envers ses hôtes était de leur dire bien sincèrement la vérité et il la dit.

Au risque de se faire lapider dans les rues d'Athènes, -M. Bourdon affirme d'abord que les modernes ne sont pas plus les petits-fils d'Eschyle que ceux de Thémistocle. La vieille Hellade est morte, bien morte, les Romains i)uis les Barbares ont piétiné son cadavre ; après la barbarie, la servitude ; la Grèce slave après la Grèce byzantine, et lorsque, en 1829, la péninsule a réclamé son indépendance ce n'était plus un peuple qui se ressaisissait, mais un peuple neuf formé par les alluvions de toutes les races, qui réclamait son autonomie. Peuple intelligent, actif, possédant à un haut degré le génie des affaires, en revanche pas artiste, pas du tout artiste.

L'étude se partage donc naturellement en deux parties, le théâtre avant et le théâtre après l'indépendance.

Les traditions de l'art antique s'étaient bien vite perdues, la scène passa des pantomimes païennes aux mystères chrétiens et végéta dans le spectacle jusqu'au jour où — constatation vraiment curieuse — nos grands classiques français instruisirent les fils dégénérés de la Orèce dans l'admiration de leurs ancêtres.

Alors les Grecs n'avaient pas à proprement parler de théâtre, ils s'étaient jusque-là bornés à piller les Italiens et les Français, ils se mirent à imiter ces anciens dont nous leur révélions la grandeur. Et il faut bien remarquer, dit M. Rourdon, que ce n'était pas là dans l'histoire de leur théâtre, un fait analogue aux inlluences qui de tout temps ont agi sur le notre, c'était purement et simplement une imitation servile et Scins originalité ; quel- •lue chose comme un démarquage de MM. Mary et Grisier, sans souci de la dramatique et au mépris de cette vérité que l'action est )e développement naturel dune passion ou d'un caractère.

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Mais les auteurs grecs au moins avaient celle excuse qu'ils étaient poètes et superbement lyriques.

Ecoutez ce prologue (FA';y>/>//?V/, récitt'parla Mort, dans le drame sauvage de Jean Cliorlakis:

«( Je dompte les cœurs altiers, j'arrête le vol de la pensée, j'écrase les espérances et je calme les peines ! Mon regard bouleverse les villes et détruit des mondes. Où sont les Grecs et les Romains, leur grandeur et leur puissance? où est la splendeur d'Atbènes, où sont les guerriers de Cartilage, les sciences occultes des Chaldéens? (Connaissez-vous les noms de ces géants qui entassèrent les monts pour élever les Pyramides, ces autres géants du désert?

<( L'homme se croit l'héritier du monde ; cependant les jours succèdent aux jours, les années se perdent dans le néant. Hier a passé, avant-hier a été oublié, aujourd'hui n'est qu'une étincelle qui s'éteint dans les ténèbres. Hommes d'un jour, ce que vous gagnez s'en va, ce que vous tenez s'envole, ce que vous assemblez se disperse, ce que vous construisez s'écroule. La gloire est une bluette, la jeunesse n'est que poussière, et votre nom s'efface comme si vous l'aviez écrit sur le sai)le du rivage lavé par la vague. »

Tant habiles qu'ils soient, nos bons démarqueurs n'auraient jamais trouvé ça.

Les guerres de l'indépendance embrasèrent la Grèce d'un patriotisme qui servit surtout les lyriques ; les poètes de théâtres se conlenlèrent de développer en belles phrases sur la scène l'idée de patrie ou de célébrer la gloire des héros morts. Quand, une fois la liberté conquise, la paix fut assurée, l'art dramatique prit-il enfin son essor ? non, et les raisons qu'en donne l'auteur delà fiësu7'j'ection d'ufi arf sont d'une psychologie intéressante.

Les poètes doutèrent d'eux, ils n'osèrent pas fouiller leur propre fonds, puiser aux sources populaires, tirer

le théâtre des entrailles mêmes de la nation. Ils pensèrent qu'ils trouveraient dans les livres la formule sacrée à l'aide de laquelle on construit les pièces, et ils firent du théâtre en érudits, du théâtre comme pourrait en perpétrer M. Brunetiére, étant de loisir. Vous comprendrez tout de suite ce que peut avoir de spontané et d'attractif cet art fabriqué à grand renforts de bouquins, et vous approuverez M. Bourdon lorsqu'il crie aux Hellènes: u Fermez les livres, ouvrez les cœurs ! » ou lorsqu'il répond à M. Coromilas, lui disant : « Avant d'écrire une pièce je relis mes classiques ». — « C'est le livî^e de la vie qu'il faut lire ! »

Fort bien dit, et voilà une réponse digne d'un véritable artiste et d'un moderne, Seulement, n'est-ce pas trop exiger d'un peuple, âgé d'à peine soixante années, que de lui reprocher de n'avoir pas le théâtre que nous, vieille baderne de nation, nous attendons encore ? Oui, je le sais, M. Bourdon me répondra qu'un pays neuf ne va pas s'éclairer à l'huile ou au gaz, qu'il installera immédiatement la lumière électrique ; mais est-ce bien à nous, Français, qui en sommes encore au quinquet à schiste du mélodrame et au lampion du vaudeville, de chicaner la jeune Grèce sur son éclairage ?

Voyons. Vous nous dites quelque part dans votre belle étude que M. Coromilas, le seul dramaturge grec moderne djgne de fixer l'attention, se tient très au courant de tout ce qui se passe à Paris et que chaque semaine il s'éclairo au feuilleton de M. Sarcey — ce phare de notre art dramatique. — Eh bien, je suppose que cet excellent M. Coromilas, convaincu par la sincérité de vos arguments, vienne en toute hâte à Paris pour assister à la représentation de cette pièce de la Porte-Saint-Marlin, dans laquelle, le critique du Temps l'affirme, « l'on cherche à nous rendre ce que l'on appelle une tranche de vie contemporaine ».

— Vous vous êtes moqué de moi 1 s'écriera le trop confiant Hellène ; comment ! c'est cela la vie au théâtre, c'est cela la vérité, et vous nous reprochez de copier Anicet Bourgeois et Dennery ! Mais ajoutera-t-il, parodiant le dernier refrain de Cluny, parce que très au courant :

C'est exactement la même chose chez nous î

Devant cette accusation inévitable, il vous faudra entrer dans la voie pénible des aveux, déclarer que le théàque vous souhaitez à vos amis les Grecs vous nous le souhaitez aussi, et qu'il existe autant de différence entre le Maître d'armes et ce qu'on appelle une tranche de la vie contemporaine, qu'entre un kiosque à journaux et le Parthénon.

— Alors votre phare ?

— Notre phare est ancien modèle, et s'il trompe les chercheurs, c'est bien involontairement, croyez-le.

Mieux vaut rendre responsable de cette lourde erreur un vice de construction dans une lanterne ; car jamais M. Coromilas ne pourrait s'imaginer que de propos délibéré un homme occupant une position aussi élevée ait la perfidie de faire naître entre les entreprises commerciales et les tentatives artistiques une confusion d'aussi mauvais aloi.

Et M. Coromilas rentrera dans sa patrie persuadé que la France est un pays de fumistes, et l'on continuera à servir au jeune peuple grec les traduction de nos pires auteurs, à empêcher l'éclosion de cet art néo-grec qui ne demande qu'à naître et dont vous signalez le premier les imposantes manifestations.

C'est d'abord une comédie de Rangabé : les Xoces de Koutrouli, qui peint d'une façon tout à fait originale les mœurs des Athéniens, puis la G«/a^//e«? grandiose de Yasiliadis. Cet auteur a pris son sujet dans une chanson nationale, celle de la Femme infidèle, et voici comment il l'a adapté à la scène.

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l'ygmalio.n, roi de Chypre, est parvenu par la force de son amour à animer la statue de Galathée. Son frère Rliennos revient de l'expédition des Argonautes, et Galathée s'éprend de lui. Ecoutez ce lambeau de dialogue :

— Galathée, tu es la femme de PygmaMon !

— L'amante de Khennos ! ,1e n'aime que toi, ù mon héros !

— Ne m'approclie pas, Galathée, retire-toi, tu es la femme de Pygmalion !

Cependant Galathée, en une scène admirable arrive à vaincre les scrupules de Rhennos ; bien plus, elle le persuade de tuer Pygmalion. qui, dit-elle, le hait, et, en son absence l'a dépouillé de ses biens. Rhennos, décidé au meurtre, rencontre son frère et lui réclame ses biens, Pygmalion les lui rend avec joie. Ce n'est pas assez pour Rhennos, il veut la plus belle moitié du royaume, I *ygmalion la lui donne. Ce n'est pas encore assez, il entend être seul roi, et Pygmalion lui remet le manteau royal. Alors Rhennos comprend, il revient vers Galathée:

— 0 dieux ! s"écric-t-il, changez chacune de mes paroles en épées pour que je la tue de mille morts !

Il lui laisse croire qu'il a frapj)é son frère, la fait parler, exposer ingénument la noirceur de son ùme, il va Jusqu'à lui demander de laver la lame de son glaive teinte du sang de Pygmalion ; mais c'en est trop.

— 0 tigres, tigres, penser que les hommes vous appellent bétes sauvages t

Et il la tue.

liien qu'en lisant les scènes transcrites par M. Bourdon, on se sent dominé par cotte impression souveraine d'un chef-d'u'uvre. Malheuriusement pour la Grèce, Vasiliadis mourut à trente ans !

Je voudrais pouvoir m'arrôter sur tous les noms cités par l'auteur ; les diiiensions de ce feuilleton ne me le permettent pas et, passant sous silence les confectionneurs

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d'adaptations françaises et italiennes et les fabricants de pièces commerciales, j'arrive ^ .M. Coromilas, exclusivement homme de théAtre. épris des idées «l'originalité, de nouveauté, et celui auquel la (îrèce sera le plus redevable de la résurrection de son art dramatique.

M. Coromilas a touché à tous les genres, y compris le vaudeville, mais deux de ses pièces commandent son œuvre : V Amant de la her(i()re el Sacrifice (Vanioiir.

La première est une élégie dans laquelle u passe lùme du peuple grec », assure M. Bourdon. Elle est tirée comme Galatltêe d'un conte national ; en voici le scénario.

Le jeune Mitros a rencontré Stathena, ils ont -échangé des baisers, et la bergère a disparu. Mais le souvenir de ce baiser est resté si intense dans leca^ur de Mitros qu'il veut à tout prix la retrouver. 11 la cherche partout, les années et les années passent, le souvenir du baiser ne l'ait que s'exaspérer. Un jour, en entrant dans un village, il sauve un jeune homme sur le point de périr, et ce jeune homme se trouve être le fiancé de Croustallo, la lillc de celle qu'il recherche depuis si longtemps.

Reçu chez Stathena, il ne la reconnaît pas, mais le visage de la jeune fille le frappe, et comme Stathena lui affirme qu'elle a connu la bergère et que celle-ci est morte, Mitros disputera Croustallo à son fiancé Liakos et se mariera avec elle.

Ici se placent les invectives de la mère de Liakos contre la mère de Croustallo après la rupture du premier mariage. « Puissent s'abattre sur toi, crie-t-elle, autant de malheurs qu'il me reste de cheveux ! Puisse-tu voir s'effondrer ta fortune ! Puisse ta vieillesse se traîner en haillons, et que pas une main secourable ne se tende vers ta misère! Puisse la douleur qui me tue passer dans ton cœur 1 Puissent tes os se souder l'un à l'autre etlefïotde tes larmes brûler tes yeux \... Et plus tard, dans l'autre monde, que Dieu mette entre toi et ta Croustallo tout

l'abîme de la mer^ tout l'espace (jui va de la terre au

ciel î »

Puis, prenant la couronne de la fiancée :

<( Dieu tout-puissant, quand le prêtre échangera celte

couronne contre celle du fiancé, change-la en fer rouge

et rive-la au front de la fiancée. »

L'hvmen ne s'accomplit pas. Stathena avoue à Mitros

que celle qu'il a aimée n'est point morte. Elle chante un

refrain d'autrefois, montre une tache qu'elle porte sur le

bras — à moi Dennery — et Mitros s'écrie:

— C'est toi, c'est donc toi mon seul amour ! mes yeux t'ont perdue^ mon àmete retrouve !.

— J'ai donc bien vieilli ?

— Le ciel n'a pas de vieillesse.

C'est là un drame de haute écriture, magnifié par les images formidables de Dante ; agencé, hélas ! selon les procédés enfantins du parfait mélo ! Disconvenance de forme qui donne une saveur toute spéciale à cet art in. déterminé, fruste, mais vigoureux, qui recherche et veut s'émanciper et quitter la brassière des dramaturgies.

Je parlerai peu de Sacrifice d'amour, pièce plus moderne de construction, dans laquelle un mari, qui l'a épousée par convenance, laisse sa femme libre de revenir illicitement à un premier amour. Naturellement la femme revient à son mari : le devoir a vaincu l'amour. Cette pièce a été traduite par M. Henri Amie et nous la verrons sous peu, paraît-il.

Que dire du vaudeville la Mort de Périclès, caricature spirituelle de l'antagonisme qui règne entre les habitants de la Grèce continentale et ceux du Péloponèse ? La mort de Périclès a-t-elle été un bonheur ou un malheur pour la Grèce? tel est le sujet qui divise toute une famille, et qui la réconcilie après des revirements simultanés. L'idée est amusante et les détails peuvent être intéressants pour les Grecs ; comme facture c'est du Déjazet ordinaire.

THEORIE CRITIQUE 34o

M. Coromilas a décidément tort de lire les feuilletons du Temps. Comment ! il a la chance d'être né dans un pays vierge de traditions et de conventions, un pays qui n'a pas un Scribe dans son passé, un pays dans lequel le vaudeville n'est pas considéré comme une institution nationale, où le théâtre n'appartient pas à une bande noire de fricoteurs pour qui toute esthétique se résume en gros sous, un pays où l'on peut aller franchement et carrément droit devant soi, en artiste, sans avoir à craindre les lazzis ou les injures de grotesques apostés sur le chemin; et il vient chercher ses inspirations chez nous ! Et il croit de bonne foi ce qu'il lit ! 0 le beaucoup trop confiant Hellène 1

Reprenons encore une fois ce feuilleton de dimanche dernier qui décidément marquera une étape sérieuse dans la vie de notre grand critique.

Vous savez s'il est l'homme du public : on ne doit travailler que pour le public, le public est le juje souverain, tout pour le public, il faut toujours s'incliner devant le verdict du public ; l'a-t-il répété souvent, grands dieux ! Lisez maintenant cette déclaration de guerre.

« Je sais que dans cette bataille queje livre (ah! ah! ah!) contre le faux f/oût qui paraît être celui du public, j'ai presque tout le monde contre moi. (Don Quichotte, va!) N'importe ! je crois défendre ici les vraies doctrines. )> Et il termine cet air de bravoure sur ce mot que lui empruntera certainement Gandillot pour sa prochaine : Je crois avoir pour moi Aristote et le bon sens ! »

Hier arbitre du bon sens, le public est aujourd'hui conspué, lâché pour Aristote, et c'est une des moindres contraditions de notre oracle : que voilà une esthétique bien afflrmée! Non, M. Coromilas, vous n'avez pas besoin de lire le feuilleton du Temps, ni les autres. Croyez M. Bourdon, ne cherchez votre inscription ni en France, ni en Italie, soyez Vous, soyez l'expreâsion du génie moderne

3 if. LK THKATRK VIVANT

de lîi (irèee ; faites du thé;\tre sans emprunter de procédés, ni de formules; faites du tliéùtre comme vous le sentez ; vous risquerez fort d'enfanter un chef-d'œuvre. Et nous verrons alors germer sur les bords de l'Illissos ce grain de mil que notre compatriote y a vainement cherché.

Que sera le théâtre néo-grec? 31. Bourdon, sachant les Hellènes plus épris de lyrisme que de psycholo^^ae, l'entrevoit plus appliqué à l'extériorité des choses de la vie qu'à la vie intérieure, mais plus idéaliste que réaliste, et il termine ainsi sa curieuse et très instructive enquête.

u Que nous importe, si cet art est décidément national, s'il nous aj)porle la sensation ignorée, la formule neuve, s'il recèle un peu de l'Ame de ce peuple, un peu de son ciel bleu, de la chaleur de ses journées, de la si douce fraîcheur do ses nuits étoilées ; si, à côté de l'art antique de la vieille Hellade, il donne au monde l'art moderne de la jeune Grèce, comme les deux colonnes du temple où s'écrit l'histoire de la péninsule hellénique! ^)

Quoique le livre si documenté et si raisonné du jeune auteur s'adresse spécialement aux arrière-petits-fils d'Eschyle, les petits-fils de Molière tireront certainement bon profit de sa lecture, car demander qu'un auteur dramatique s'instruise dans le grand livre de la vie, réclamer pour lui l'indépendance en exigeant qu'il fasse preuve d'originalité et de personnalité, n'est-ce pas plaider aussi la cause de notre art dramatique national?

21 octobre 189i>.

TIlEORIi; CRITIOL'I-:

Celles qu'on respecte, df M. Pierre Woltï. — Toujours la Tranche de vie ! — Le Rabelais, de MM. Oscar Mùténior et Dubut de Laforest.

Le théâtre du Gymnase n joué cette semaine un auteur nouveau, M. Pierre Wolff; c'en est assez pour constituer un petit événement dramatique. Sans chercher quelles considérations ont pu conduire le directeur à cette extrémité, nous ne pouvons que l'en féliciter ; mais affirmer comme certains l'ont fait que par cette tentative il ouvrait sa porte aux jeunes, c'est aller un peu loin et lui fournir trop bénévolement un argument décisif pour la leur fermer.

Certes, je souhaite à M. Wolft' de rencontrer la faveur du public, et me garde bien de prophétiser sur la longévité de la pièce, question absolument en dehors de l'esthétique qui seule m'intéresse; seulement, supposons que les espérances légitimes de M. Koning ne soient pas absolument réalisées, qu'arrivera-t-il? — On pardonne à un vieil auteur un four et même plusieurs, aux jeunes on ne pardonne pas le demi-succès de l'un d'eux. — Le directeur du Gymnase s'écriera : « Vous avez voulu que je joue les jeunes; eh bien ! voyez ce qu'ils font, les jeunes (il donnera des chiffres, il est très fort pour donner les chilTres de recettes) ; j'espère que maintenant vous allez me laisser tranquille avec vos jeunes et que je pourrai reprendre en paix mon répertoire ! »

Voilà comment, grâce à ce bloc-système inventé par

quelques esprits rétrogrades et peu scrupuleux; — système qui consiste à fourrer dans le même sac tous les jeunes, qu'ils s'appellent : de Curel, Charles Morice, Georges Lecomte, Jules Bois ou Pierre "Wolff; — la nonréussite d'un seul entraine la négation de tous les autres. C'est à l'inverse du proverbe ; placer tous les œufs dans le même panier pour être plus sûr de les briser tous.

Le public doit être mis en garde contre cette manœuvre, et bien se persuader que les jeunes ne forment pas un clan, une compagnie, un syndicat. Ils ne sont point les sectateurs d'une même doctrine, les disciples d'une même école^ les défenseurs d'un même genre ; on les appelle jeunes parce qu'ils sont les nouveaux venus ; mais ce sont avant tout des individualités absolument indépe7idantes, des artistes luttant selon leur talent, ceux qui en ont, les autres selon leur tempérament.

M. Pierre Wolff n'est qu'un de ces jeunes, puisque pour la première fois il est interprété sur un théâtre qui compte. M. Koning lui a commandé une pièce et l'a reçue sur scénario, l'affaire s'est traitée entre eux deux; cet auteur n'est donc à aucun titre l'expression d'une collectivité ; il ne représente ni ceux-ci, ni ceux-là, il ne représente que lui-même et doit bénéficier seul du succès, comme endosser seul la responsabilité de l'échec.

Cette question de principe une fois bien établie, passons à la personnalité artistique de l'auteur.

De tous les nouveaux, M. Pierre Wolf était assurément celui qui se recommandait le plus à l'attention directoriale au Gymnase. Sa manière est facile et parisienne, l'observation superficielle, menue, à peine digérée; on trouve dans la facture plus d'assimilation que d'invention scénique, puis des audaces de détail, du clinquant dans le dialogue, de l'ironie à jet continu, enfin toutes les qualités décelant plutôt un agréable vaudevilliste qu'un auteur de véritables comédies.

THEORIE CRITIQUE 3i9

Celles qu'on respecte, la nouvelle comédie, offre ces mêmes stigmates d'un genre inférieur, avec encore des concessions. Par moments le dialogue cesse d'être ironique pour tomber dans un poncif douloureux, les ficelles se multiplient et nous arrivons, horreur! au quiproquo fatal. Oui, et au plus banal de tous les quiproquos, celui qui consiste à faire donnera l'amant parle mari des conseils pour enjôler la femme!

Etudions la pièce de près, vous verrez que je n'exagère rien.

D'abord le titre : Celles qu'on respecte. Du moment que nous avons affaire à un ironiste, vous devinez sans peine que celles en question ne mériteront pas le respect dont on les honore ; mais ce qu'il j a de plus étonnant, c'est que dans ces trois actes, l'auteur ne nous donnera pas une minute l'impression que l'héroïne, le type, puisse être respectée. Son mari l'envoie promener, son amant « se paye sa tête », son amie Suzanne se moque d'elle, une demoiselle Margot l'injurie : c'est à se demander qui peut bien la respecter? Et le titre serait avec plus d'exactitude : Celle qu'on ne respecte pas.

M. Janvier, dans \ts, Respectables, avait su éviter cette faute lourde et présentait d'abord des personnages jouissant de la considération universelle avant que de nous les montrer foncièrement méprisables.

Tout titre général implique le développement, sinon d'une thèse, au moins d'une idée générale, et, en l'espèce, si cette idée se retrouve parmi les injures adressées par la cocotte à la femme honnête qui lui fait concurrence, elle n'est pas autrement développée dans l'ouvrage.

Quelle est, en effet, grosso modo, l'intrigue ? Une femme trompe son mari avec l'ami de collège qu'il lui a présenté. Elle croit cet amant sincère dans ses déclarations et cherche à divorcer pour l'épouser. Un jour elle s'aperçoit qu'il fait les mêmes déclarations aux autres femmes, elle corn-

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