‹ Le Théâtrefranc̜ais monument et dépendancesChapitre 10 sur 18 · Lë TU£ÀTK£-FRANtAlS · texte numérisé non relu

Lë TU£ÀTK£-FRANtAlS

Mort de Dorfeuille, Tacteur et ex-Directeur.

Une partie des artistes qui ont recouvré leur liberté va à la Salle-MoQtansiery rue la Loi.

Ils y donnent, pendant près de quatre mois, des représentations qui n*attirent pas la foule.

MmêmmÊ» mmimmé, drame m trais actes.

Le Théâtre relu se cet ou v rage , co ni pose par un jeune homme, et dont i héroïne est la femme de rex-Miniiitre, morte, Tannée dernière, sur la place de la Uévolutioa, après avoir exhalé son unique regret dansées mots si touchants : « Bolmd ne me sunoivra pas. (t). »

Il a fallu faire coiupiendre à Tauteur de cette pièce nouvelle que, pour être mis à la scène, de pareils sujet:^ de • mandent la consécration du temps.

On rapporte qu'à la lecture de Touvi âge, les membres du Comité ont été émus jusqu'aux larmes, à ces paroles de Ja victime arrivant au pied de Téchafaud et disant au compagnon de son funeste sort, qu^elle avait encouragé pendant tout le chemin : « Pass^ le premier^ monstewr, toiÊS n^awriex c pas la force de me regarder mourir. »

Ce cruel ressouvenir fait nécessairement le principal su*

jet de la conversation du soir au Foyer des spectateurs.

L'un de ces derniers, qui assure avoir été placé de manière à l'entendre, cite un mot encore plus saisissant de cette femme admirable.

Du bas de Tinstrumeot du supplice, elle lève les yeux sur

(1) Ou sait qu'eu cHct Rulaud est mort de su propre muiu.

L£ IUEaTKE-FKANÇAIS. 157

rexéeotion qui précède la siennoi et quand le sacrifice 8*aebève, elle dit avec un calme sublime : « ! c e^l lôl fait U Puis elle moDte comme sur un trône.

Au Lycée des ar/*,MoIé prononce l'éloge de madeaioiselie Dangeville.

21 jours après, cette ancienne actrice» maintenant octogénaire, assiste, dans le même local, au couronnement de

son buste.

La saUe Montansier est fermée Par ordre supérieur.

Plusieurs de nos premiers Comédiens prennent des arrangements avec Sageret, Directeur du Tkiâtre^Peydem, situé

dans la rue de ce nom, pour y jouer, par allernat,uvec sa troupe» de deux jours Tun.

. Mademoiselle Contât, lout h liait désarmée» écrit :

Paris^ 3 germinal^ an III (23 iwril),

« Ce lut à l'époque de notre persOculion que je recuà 0 de Taima (que je ne voyais plus depuis longtemps] des « marques d*ua véritable intérêt.

t le les jugeai si peu équivoques qu'elles firent dispa- • rattre les légers nuages de nos anciennes divisions, et nous a rapprochèrent. Je m'empresse de rendre cet hommage à c ^ la vérité. Puisse-t-il détruire une inculpation que je ne ff samie pat même extiUr! Je ne concevrai jamais qu*un < artiste Spécule froidement sur la ruine des autres» et je

m LE TflÉATaE-FRANÇAlS.

« fmom que Taloia n'était pea alors phis disposé à pf oAlar « de nos ddpoaillaa que noiii ne le leriona aujOQVdlittl à

« bénéficier des siennes. Je dis tmg sans avoir oonsullé mes « camarades* mais je le dis avec la cerUtude de n*ôtre pas « désavouée.

« Louiie Comur* »

Malgré l'accord rétabli entre les Comédiens, une représentation (ÏJÎpicàarts et Néron témoigne qu'un ievain d'opinion polilique eiiile eneore parmi quelques speetateurs qui retoivent aseet mal le tragédien*

Talma s'avance aussitôt, et dit d'un ton simple et vrai !

< Messieurs, j'avoue que j'ai aimé, que j'aime eneore ia € liberté; maîB j ai toujours détesté le erimeet les assassins* « Le règne de la Terreur m*a eoùté bien des larmes* la plu-

e part de mes amis sont morts sur l'échafaud. Je demande u pardon au public de cette courte interruption, ie vais « m'efforcer de la lui Caire oublier par mon zèle. > Les bravos retentissent, el incident ilnit là.

La Direction générale des théâtres est confiée au Camilé

On autorise le Comilé des finances à statuer sur ce qui est dû par l'État aux Comédiens français,

A la répétition, Michot, toujours de si joyeuse humeur, quand même, sollicite de ses camaradee une quête pour subvenir aux mgeneei de son appétit.

U justifie cette singulière démarche en produisant lé nouveau JMmt de la Convention qui fixe li « une livre de pain

LE thkatke fuançais. m

m p«r jour, la ration de cliaque domieilié à Paris» et à une < line al demie pour les ouvriers, j»

Le Frère quêteur demande à élre rangé Ami laelme des

arlisam.

Une eyation éclate dans le Foyer public en Thonneur du

peintre David, Ke|)résenianL du peuple, en qui la Section du Muséum déelare « n'avoir jamais eu confîance. »

La scène triompliale résulte de ce que la Convention vient de déêi^ppromr cette Déclaration.

L*Arfété relatif à l'étaMissemenld^une C(afi$âêdielmmh tum au Consei valoire, est sanctionné seulemeul le 16 thermicior an 111 (3 aoU de la présente ornée),

Molé, Monvel et Grandménil, tous trois membres de Flns-

titut, sont nommés Frafessetirs de cette Classe. Talma ne dt^daigne pas de sollicita leurs conseils.

MMléM. — Vàeame.

Le Théâtre de la République donne cet ouvrage, de Cliénier, que Ton attend avec une impatience mal déguisée.

La représentaiion est des plus effrayantes.

A cet bémisticbe dit par Démariste : < Jhs lais H non du s(m§^ » Albitte, le Représentant du peuple, s'écrie du haut des secondes loges : « Le sang des criminels! »

On lui riposte en diûérents sens, de tous les cOtés de la salle.

Gbénier, présent» veut prendre la parole. — Le tumulte ren empécbe.

La soirée se termine par une extrême agitation de tous les partis.

Le Comité de saM public interdit la ijpprésentatlon de

160 1:6 .THËATRË-FRANÇAtS.

cette tragédie, dont il fait saisir et brûler tous les manuscrits et les rôles qu'on peut trouver* soit au théâtre» soit diez les acteurs.

Le bruit court que madame Vestris en possède un exemplaire de la main de l'auteur, et qu'elle seule et ce dernier le savent (1).

La liberté de Chénier court d'assez grands risques. Alexandre Duval fait partie de la troupe.

Uami des lois, transporté au Théàtre-Feydeatt, témoigne un apaisement complet dans les ardeurs de Tesprit de parti. — Ce n*est plus qu'une pièce sans importance et de très* peu de valeur littéraire.

lie Foyer des ComéfUemi français»

Le soir, pendant les représentations, surtout lorsque les Premiers siyets en font partie, ce Foyer reproduit, avec une grande similitude, les salons de la plus brillante compagnie. — Les hommes et les femmes de lettres y affluent,

ainsi que les artistes de la première distinction en tout genre, mêlés aux acteurs revêtus des costumes de la pièce que l'on joue, ou venus là pour causer et s'instruire. — On y Dsiit assaut de gaieté sans licence, et d'esprit sans trop de méchanceté.

Nombre de gens du moiide ont vainement sollicité leur admission dans ce cénacle où Ton se trouve si bien parce qu'on y est, pour ainsi dire, en famille.

(t) Par concession, Chénier a substitué ce vers à son fameux hémis-r tiche :

(' Il laut des lois, des mœurs et non pas d«.s viclinjcs. »

LE THÉÂTRE-FRANÇAIS. i6l

Le chevalier de Paray, surnommé le TUmlle fmncais^ vient (i> donner communicaiion d'une lettre du (Sénérai Desaix, que i*on croirait écrite par Bayard, le héros sans

reproche, dont elle reflète siiiguliurement rudaiiiable caractère.

Passée de mains en mains, chacun a voulu en transcrire quelques phrases sur ses tablettes; et c'est par la réunion de ces extraits que nous pouvons la donner ici presque tout

entière.

Armée de Rbln-et-Meiielle.

Au citoyen Griener^ Juge au trilmal du District de Colmar,

Du qiiartiei -géuéral à Andolsheim, le Î6 messidor de l'au Ui de la République française, une ctiudivisible. (Ujm^t 4795).

« Je suis Irès-fâché, Citoyen, de n'avoh' pas eu Tavantage de vous voir... Assurément mes procédés ne vous auraient pas iuit redouter mon voisinag^e, encore moins mon habitation dans votre maison. Je suis au désespoir qu'à Tépo^ que même de notre arrivée, il se soit commis des dégradations dans votre propriété. Je ne les ai jamais vu commettre qu'avec douleur lorsqu'elles étaient nécessaires et par les malheurs inévitables de la guerre 3 à plus forte raison dans son pays et sans nécessité. Au reste, je suis loin de croire que le mal qui a été fait provienne de mon Etat-major. Je le connais assez pour l'en croire incapable, et une vengeance obscure et ténébreuse, telle qu elle est supposée par la dégradation noctutne qu*on s'est permise dans votre jardin, est trop éloignée du caractère franc et loyal d'un militaire pour en faire jamais tomber le soupçon sur aucun d*eux.

Mon chagrin serait que vous en eussiez Tîdée. Ne croyez pas

iùi LE lliLAlUE't'UANOÂlS.

non plus que sans vous avoir eounu plus paraculièrement* j'aie été susceptible de prendre une impressîon^à voire égard aussi défavorable que vous paraissez le craindre. La

liaiiie ou la prévention injuste est trop éloignée de mon cœur pour s'y établir par des insinuations éti^augères. Au reste, j'aurai pour vos propriétés tous les égards qu'on leur doit en général, et le respect qu'e}les méritent et qu'elles ont acquis par rhospiihlité... le suis très-fftché que les cir- . constances me forcent de vous être à charge. Ma discrétion diminuera autant que possible le poids de la nécessité, l'aurai le plaisir de vous voir aussitôt que je le pourrai, et de vous prouver que je ne suis ni ne veux être votre ennemi...

« Votre très-dévoué concitoyen, c le général de division^ « Dbsar. »

Celte lettre témoigne du bon choix des sujets qui se traitent, le plus souvent, dans ces entretiens du Foyer des artistes.

La Commune envoie au Tribunal rh^ohitionnaire Comédiens français arrêtés depuis quinze mois, et Collot-d lierbois demande qu'ils soient jugés dans le$ 2^ heures.

La noble et périlleuse exaction de Labussiëre, Employé au Comité de sa fut public, jette un grand désordre dans la comptabilité meurtrière que ce brave bomine est forcé de lenir,tout en l'embrouillant de son mieux.<— Les bourreaux ne se reconnaissent plus dans le nombre et le choix des têtes vouées à la mort

François de Neufcbâteau fait jouer sa Faméla à la salle du

Digiti^uG Ly Goog C

LE XHÉÂXR&-FRANtÀlS. m

ThéAtre-Feydeau. où son èffétest bien différent du premier.

Los Vamélnles et les Auli Pamélistes qui, à l'instar de l'Angioierre, à l'époque où parut le roman de Kichardson, s'étaient passionnés pour ce drame, restent fort paisibles. — 11 en est de même de la sensation produite auparavant par ces fameux vers?

Alil les perséenteiinflost les sedb eondMidttl^ Btks pli» toMnits mat les|lus niaonnablos.

On rit 'môipe un peu h ceux-ei, par application au bruii qu'a Mi la pièce en 93.

Qaand on y réfléchit, on ne sait pas comment Nous avons pu souffrir un tel rekteksëhkist.

Mais, en revaiiclie, on ap^jlaudit beaucoup Le règne des bonrreanx est passé. Dieu merel ! Le 9 Tliermidor sonne et le théâtre est sauvé.

lie elMDvai de JBemipfurte.

A VAnemblée du Comité, Naudet raconte la petite scène dont il vient d'être témoio dans la rue Gbanlereine.

Bonaparte, suivi de deux officiers supérieurs, sortait de son b6tel en présence d'un grand nombre de curieux. — Tout à coup, sa mouture se mutine et semble refuser d'aller plus loin.

Sans s'inquiéter et jetant les yeux sur la foule, le béfos dit en souriant i Je ne suis pourtant pas bim lourd.

• Mms^ Générait lui répond un spectateur, t/por^ejéMi-

^ in -jmds de loufesles Puissances élrangères. » Le béros incline la tôle avec une modestie toute aimable

4 64 LE laKAlKE F AAiN^AlS.

et s^éloîgne en imposant au coursier rebelle la prompte obéissance h sjes volontés.

Tous les théâtres reçoivent l'ordre de l'aire chaaler des Airs patriotiques.

Décès de niademoiselle Dangeville, née à Paris en 1714. Gaumont est chez la Montansier du Palais-Royal.

Ordre supérieur de fermer la Salle Feydeau.

Treute-quatre jouii après, Permission de lu louviii.

Sur une pétition de mademoiselle Corneille, « le JHrec* « Mre accorde à cette dernière Cent cinquante livres, en

« mandats, et charge le Ministre de l'Intérieur de faire un (( rapport sur la situation de Tintéressante descendante de « l*auteur de Cima,

« Signé : P. Barras. »

Arrêté conforme du 14 germinal au iv (3 avril 1790).

Plusieurs comédiens quittent la troupe de Sageret, où la différence des genres rend la bonne intelligence difticile.

Tous les théâtres sont invités à Jouer, une fois par semaine, au Bénific€ des indigents, — Mesure transitoire. .

Mademoiselle Raucourt conçoit ridée d^une réunion qui

s'opérerait à la salie de la rue de Louvois.

Elle fait appel à Larive, Saint-Prix, Naudet, Dupont et à mesdames Fleury, Thénard, Joly et Mézeray qu'elle administrerait en qualité de Directrice.

Cett» oUre n'est, d'abord, pas acceptée.

LKTHEATRE-FIlAiNCM^.

On y revient, et la troupe s'organise.

Ou y compte Larîve, Saint-Prix, Saint-PhaU Baptiste ofn^, Naudet, Michot, Damas, Dupont, Devigny et mestemes

Pelil, Joly, Tliéiiard, Meery et Mézeray.

L*ouverture de ce théâtre se réalise.

Par un procétlé de bonne camaraderie, on y laisse vacantes les logos dan» ksquels se seraient habillés Fieury, . Talma, Dazincourt et Dugazon.

Les Auteurs dramatiques et les Comédiens s'unissent pour demander la stricte exécution de l'irr^^^ du Bureauemiral,

faisant et défense de violer l'asile des citoyens, sous prétexte <r de leur offrir r/(^s bouquets, et cela sous peine d'une année « d'emprisonnement. » Mort de Dunant.

Le public voyant^Marmontel entrer dans la salle, le reçoit

avec applaudissements en souvenir de son Discours à l'Assemblée électorale de l'Eure, où il vient de « faire vœu d'em- Q brasser avec ardeur la cause de la religion de nos Pères a dont il a vu avec horreur dépouiller les temples, renverser « et profaner les autels »

Une loi frappe d'm décime par franc le prix des places.

L'acteur Monville, insulié dans la rue, parce qu'il porte un Collet noir à son habit ( prétendu signe de ralliement royaliste), se plaint k Bourdon de l'Oise, qui obtient l'envoi d'un Message au Directoire» pour empêcher qu'on soit inquiété en raison do son costume.

Digiti^u

m LE THÉATKE-FRANyAlS.

On vend dans la salle la Brochure de la Harpe, sur « le « fonatisme dans la langue révolutionnaire, ou de la persé -

t cution suscitée par les liarbares du \vm' siècle à la reli « gion chrétienne et à ses ministres. »

Quelques acteurs pétitionnent, dans le désir de savoir s*il sera toujours permis de parler d*eux et de servir leur réputation, aux journaux, que l'on vient de placer, pour une année, sous l'inspection de la Police.

Les recettes du Théâtre se ressentent heureusement de

TArrété du Bureau central qui interdit les Bals masqués et ordonne que les autres seront fermés à dix heures et demie^ m plus taard.

MaUemoiselle Molière débute dans cette troupe pour tenir remploi des Soubrettes»

Mort de Sédaine, Fauteur, né à Paris en 1719, El de mademoiselle Desgarcins, aliénée.

Le Directoire faitCerraer le théâtre de mademoiselle Raucourt.

Joanny débute au Théâtre de la République, dans les Frenàers râles tragiques. ^ U ne reste pas.

Les acteurs tragiques ne trouvciU poiat à se placer.

LeThéâire Feydeau n'exploite que la Comédie et l*Opéracomique.

€aumont y vient, toujours pour les Financiers et Mmteauw.

On restaure la salle du Faubourg Saint-Germain, qui reçoit les proscrits du malheur, savoir : SaintrPrix, Saint-Phal,

LE THÉATRË-PRÂNÇAiS. 167

Naudet, Yanhûve, Florence ei mesdames iiaucourl, Fleury et Simofi.

Us s'associent Molé, Picard, WalvlUe, Habert» Vareane et

Mesdames Molé d*AlainviIle, Molière, Delille et presque tous îes artistes qui étaient à la rue de Louvois.

Mademoiselle ioly, irès-malade, s'empresse de s*y rendre.

Maiheareox à son tour, le Théâtre de la MépubHque est obligé de fermer ses portes. '

Feydiim prospère, mais Sageret ne ftiH pas fortune.

Pour y obvier, il pense à réunir à sa troupe les acteurs oisifs du Théâtre de la République.

Il engage Monvel, lalma, Baptiste a/«e, son frère, Grandménil, Micbot, Dugazon et mesdames Vestris, Petit et ftlars cadetie,

Âu début de cette troupe, Bonaparte, qui est sur le point de partir pour TEgypte, se rend à la représenttition,

Mademoiselle Lange se retire du tbéfttre pour épouser

le Carrossier Simon, dont le père (qui désapprouvait cette union) se marie avec mademoiselle Candeille.

Ce double lien s*e£fectue le même jour.

Le Balcon du théâtre s'illumine pour associer les artistes à la pensée de la Fête que le Corps-Législatif donne au Générai Bouaparie dans la Galerie du Muséum.

On lit sur la scène des vers composés pour célébrer la nomination du grand Capitaine en qualité de Membre de

iinstUut. ^

Digiiu

168 LB THfiATRB-FRANÇAIS. *

Drrès (Je inatlauae Prévilie,

Ëi de Forgeot, l'auteur comique, né à Paris en 175B.

Mademoiselle Mars cadette débute à la Salle Feydeau, dans l'emploi des Ingénuités.

Damas se mêle à la troupe de ce théâtre.

Ghénier est acclamé, à son entrée dans le l oyer de lasalie, pour sa nomination de Président du Conseil des cinq cents,

Dupont se retiie {)our cause de sanié.

Dugazon est froissé par quelques spectateurs, qui témoignent èi son égard des souvenirs politiques, dont les plus

sages réclament panoui 1 oubli.

Le Théâtre fête, par des Stances qu'on lit au Public, l'événemeut dont l'extrait suivant lait conuaUre le moti( :

A Frasiçois de Neufehateau.

Je ne puis vous exprimer, Citoyen Ministre, combien je suis sensible au choix qué vous m'annoncez que Ton a voulu fi&ire de moi pour remettre à Bonaparte le sabre que lui envoie le Directoire. Peut-être cet hommage aurait pu lui être décerné avec plus d*éclat, mais sûrenicnt il ne pouvait l'être avec plus de plaisir que par celle qui s'est toujours imposée le devoir de faire taire son ccçur pour ne voir que la gloire et le bien*ôtre de sa patrie.

jQSÉI'hi.NL DL LA pAGLIUi: BONAPAllTË.

Pour alléger la dépense de ses deux troupes» Sageret laisse aller plusieurs <le ses Comédiens, qui se rendent dans les D^Hements.

Décès de mademoiselle Joly, née à Versailles en 1702,

Digiti^uG Ly CjC

LE TUÈATRE-FRANÇAIS. 169

Ses obsèques ont lieu avec qu^que solennité.

On ferme le théâtre par une représentation au bénéfice de

mademoiselle Rancourt.

Larive y est remarqué dans ïCÊSdipe de Voltaire.

Sans se décourager, Sageret prend à bail la salle du Fau<*

bourg Saint-Geriiiain.

11 divise sa troupe en deux parties qui vont jouer, do i un à Tautre théâtre, et quelques-uns sur tous les deux dans la même soirée.

Madame Bellecour tente une rentrée sans succès.

Molé fait encore partie de ce fragment de troupe.

liiuliles eftbrts! l'entreprise de SagereL, iuteiligente, mais victime des événements publics, succombe.

.'Nombre de ses acteurs les plus dévoués à Tactivité de sa gestion, reprennent leurs voyages à travers la Province.

Après une clôture forcée, les représentations recommencent au Faubourg Saint-Germain.

Le i)rame semble y obtenir une faveur particulière, à laquelle Saînt'Phal et mademoiselle Simon, assez peu remarquée jusque-là, contribuent beaucoup.

Cependant, les Comédiens associés n*y sont point heureux.

^lolé, qui, de chezlaMontansier-Richelieu, a passé par la

no LB THBâTBE-FRàNCAlS.

ihcdive-Peyâcan et le Théâtre-Lonvois^ revient panm stis aacieus camarades du Théâtre de la liépnblique.

François de Neufchàteau, Ministre de riatérieur, prend Habérault dans les bureaux de Tlnstructian publique et le nomme Commissaire duGmmnemmt près ce Tbéfttre.

Décès de madame Belcour.

Damas est Sodétmrê,

Il est obligé de jouer dans les deux genres.

l*ar les soins d'Alexandre Lenoir, les soi-disant restes de Molière sont transférés» sans aucune cérémonie, de Téglise Saint-Joseph au Musée des Petits-AugustinSf fondé par cet amateur éclairé des arts.

Al iiiand débuie dans l'emploi des Jeunes-premiers ù la salle de la rue Feydeau.

Il devient presque aussitôt Sociétaire,

Le bonheur semble ranimer le courage des ariistes du Théâtre du Faubourg Saint-Germain. Le drame de Misanthropie et repentir réussit au delà de toutes les prévisiods.

Cependant les receltes ne répondent point aux espérances.

Les Comédiens désolés se réuniasent en Assemblée générale pour aviser au dernier parti qu'il leur reste à prendre.

A cet instant, un domestique de grande maison se présente. ^11 vient louer une loge de la part de ses maîtres.

« 17 n'y en a plusy s'écrie eflW>ntément Florence, tout est a loué pour quatre représentions. »

L'émissaire va rendre compte de cet empressement imaginaire de la foule» dont le bruit court aussitôt» gagne de

Digili^uG Ly GoOgjf

LE TUËATRK-FRANÇAiS. 114 *

proche en proche, et envole au théâtre une multitude avide

de ces coupons si recherchés et si rares.

Le stratagème réussit, on assiège le bureau de la locatioa, le théâtre est sauvé

Vingt-un jours après, et le 28 Nivôse an Vil (18 mari)^

rincendie dévore le monument.

Le public est soi à de la salle à onze heures, et, à huit heures du matin, il ne reste que les quatre murs.

Désarroi général parmi ces excellents artistes I Dispersés par le sinistre, que la rumeur publique impute

au Gouvernemeiil désireux d'une réunion délinitive, ils voût, séparément, se montrer sur diverses scènes de Paris,

Quelques-uns traitent encore pour de fugitives représentations avec les Directeurs de théâtres des Départements.

Le Ministre de rintérieur, toujours François de Neufchâteau, très-bien secondé par MabérauU, le Commissaire,

médite, commence et achève une réorganisation complète et liéUnitive du Théâlr e-Fr aurais >

Les auteurs (iramalniaes élèvcul une autre pi rLeiiUou. Ils demandent qu'au lieu d'un théâtre de celte espèce, il y eu ait DEUX.

' Ce désir est notamment manifesté par : Beaumarchais, Ducis, Collin d*Harleville, Legouvé, Laya, Picard, Arnaijilt,

Demoustier, etc.

11 n'est point exaucé, les choses en restent où elles sont.

Décès de Beaumarchais* né à Paris en 1732. Début de mademoiselle Mars aînée dans les Grandes anmremes et les Tra/miissemenis,

ru LE THEVfRE-FRANÇAlS.

Décès de ManBoatel, l'auteur, oé à Bort, dans le Limousin» en 1722,

Et de Préville, retiré à SeiiUs, et aliéné.

11 élait né à Paris en 1721.

Le Théâtre-Français féle le retour du Premier Consul, arrivant d'Italie.

!! y a uae Ecok dramatique parliculière à cet Etablisse*meut.

Décès de Rochon de Chabannes, Tauteor, né à Paris en 1780,

Et de Portelarice, l'auteur, uéu Taris en 1731. Ducis refuse la dignité de Membre du Sénat.

Il y est remplacé sans hésitation par Barthélémy.

Lafon débute, dans les Premiers râles tragiques, à la rue de Richelieu.

Une Députation du théâtre assiste è la cérémonie d'éreo-, tien de la Coloufté départementale^ sur la place Vendôme,

où le f*remier Consul porte ce toast vivemcuL applaudi : a Au Peuple fraudais, votre souverain l »

Armand est venu foire partie de cette troupe.

A madame de Staël,

Ayant été élevé en Angleterre, on a cru que j*ayais cherché h prendre la manière des acteurs anglais. Tétais trop

jeune alors pour fréquenter les spectacles et pour donner une grande attenuou à un art auquel je ne me destinais

Digiti^ua Lyy GoogI

LE TUÉAl KE-t llÀiNgAlS. 1 73

pas k cette époque. Une sorte dlnstinct et dUospiration m'a porté II mettre dans ma déclamation un ton naturel et pourtant élevé, et le temps et rexpérieticc m'ont prouvé que les grands effets de la scène, les émolions profondes que le spectateur emporte avec lui, et qu'il ne peut oublier, ne peuvent être produits que par des accents simples et vrais comme la nalure.

Talma.

On renouvelle les peines édictées contre les vols encore

fréqutnniueiii perpétrés dans les salles de spectacles. — ivoirâ l amée 1792.)

Décès de mademoiselle Lange.

Le Divorce sépare Talma de sa prémière femme,

Larive cesse volontairement de se montrer au public, et se détermine à rendre cette retraite définitive.

Décès de Fenouillot de Faibaire, l'auteur, né à SaUiis en

Lafon est admis en qualité de Sociétaire.

Retraite du iicllcmont.,

Mademoiselle Bourgoin dél)uie dans les Jeunes premières des deux genres, recommandée par mademoiselle Dumesnil, qui la reconnaît pour son élhe et l'écrit à Ghaptal, maintenant Ministre de l'intérieur.

Mort du père Vanhove, non retiré.

174 l^i:. UlLAlUK-l'RANÇAlS.

Début de mademoiselle Volnais, ûSLùslesJmmpniicesses et les Amourmes de Comédie.

Elle est élève avouée de Dazincourt.

Décès de Patrat, l'auteur, né à Arles en 4732. Mademoiselle Bourgoia est élevée au titre de Sociétaire.

Les Autms sUnsurgent encore ua peu contre leBÀcimtrSt à propos de Tinsuffisance des rétributions.

Cette démarche u a pas plus de succès qu^auparavant.

Livré» comme les autres, à la confusion des genres, le Théâtre-Français joue un vaudeville.

En réponse à Vordre qu'ils reçoivent à ce sujet du Ministre de l'Intérieur, les Comédiens exclpent de leur position

Entrepreneurs pouvant donner tout ce qui produit des recettes.

Dans une réplique très-raisonnée, le haut Fonctionnaire

s'exprime notamiiieuten ces termes:

.... « La désobéissance des Comédiens, leurs délibé- « tion, la résistance opiniâtre qu'ils opposent aux vœux du «Gouvernement, tout cela se eomimet sous la protection de <i leurs statuts surannés .... »

« Le plus étrange de leurs motifs est celui qu^ils ont puisé

« dans le titre d'Entrepreneurs... . Leur cxploilaiiou ne doit « jamais être une entreprise indépendante* ...»

« Le sort du vaudeville, qu'on y avait l oru a l'uiianimilé, « prouve quels égards mérite Topinion des artistes dans un « genre qui leur est absolument étranger ....»>

c Les Coméiiieos ont rejeté» à rvaaaiinaié, u^e pièce où « je trouTe, comme les coanaiaeears les plot difficiles, des c détails ingénieux et brillants soatetios par le cteme d'nn

« style plein de liiies&^i, d'clcgaiiCc ci de c^[ii;<.iii,n. . - , »

« Le Public, juge en dernier ressort de toutes les produC' « tiens littéraires, ne m*a poM ^eemtiwmé^ fêr scv mrrêîê^ à

« sofmn'Urc mm apiuion à leiie du artisUs du Théâtre fran- « gais, ...»

« La perfection de l'art en ftMce exige que le Théâtre

« national soit exclusivement consacré aux 4em grnres qui «ront enrichi do leurs ch^:i— v1 -puvtç. parce qu'u i gou- « vernement environné de lous les genres de gloire, sai « apprécier celui dans leipiel nos rifaux même ne contes- € tent pas notre supériorité. >

cCnimi.. *

Une autre question s'élève relativement a Tusage d*essayer les Débutants sur le tbéàtre <le Vet^illes.

Les Comédiens y tiennent, et le Ministre se prononce comme il suit ;

« La tragédie» sacriliée dans les départementâ à des inep" « lies lyriques» ne peut être soutenue fis'à Parti, et c'est è • Paris que les débots de ce genre dohrent être fixés.

c lis doivent l'être à peu de distaoce les uns des au- «très, pour que les talents rivaux soient plus aisément corn- « parés et que rhonneor d*étre admis au Théâtre de la Bé-

« publique ne son acquis que par des succès.

« C'est une Démian sur laquelle je ne saurais reve-

« nir. J'ordonne, au cou u aire, qu'a l'avenir, nul ne soit tenu

« de commeiicer ses débuts à Versailles.

« Chaptal »

176 TUEATRK-FKAiNVAib.

Oo reçoit mademoiselle Volaais Soeiéiaire.

■bmifloeMa dm PpotoIt.

Un Arrêlé des Consuls, en date du 13 Messidor (^juillei), coDStitue, ea faveur de la Comédie-Française, une rente annuelle de Cwt mile francs.

Talma épouse mad,ame Petit* ûile de Vanhove.

La nomination du Premier Consul a vie est vivement acclamée par les artistes du Théâtre-Français.

Mademoiselle Duchesnois débute dans les Grandes Princesses et Premiers rôles tragiques.

Mademoiselle liourgoin, en con^^-é, pariiiour la llussie.

Décès de Molé, né à Paris en 1734, et non retiré.

Les causes immédiates de sa mort présentent de tristes analogies avec celles qui ont b&té la perte de Lekain.

La personne dont nous pourrions parler ici est encore vivante.

Toute la Comédie assiste aux ob5:è([Lics de Molé. Monvcl y prononce l'éloge du défunt, elMahérauU y ajoute quelques paroles bien dites.

Gomme événements littéraires relatif à la Comédie française, Dugazon ajoute, de kii-iiiènic, deux scènes aux Originaux, de Fagan ; celle du Maître de langue italienne et du Maître à danser.

Par compensation, il supprime une scène de cet ouvrage.

Digiti^uG by GoogI

LE THIÎATRE-FRANÇÂIS. «71

Pour sa part de semblable événemeni, Mc'Uinet expwrgele SganareHe de MoUère, dont le second titre et quelques expressions lui païaissent empreints à* indécence.

Mademoiselle George Weimer, élève de mademoiselle Raucourt, débute dans les Grandes i'rtncesses.

Le Premier Consul va rendre à mademoiselle Dumesnil, alitée, une visite d'où il sort émerveillé, après avoir;entendu cette grande tragédienne réciter encore admirablement quelques vers de Mérope.

On reçoit Sociéiaire dans les pramiers rôles de comédie Madame Desrosiers, dont les débuts ont été très-agréables.

Un Arrêté Consulaire ordonne la réorganisation profonde et dernière de la SoaM du Théâtre Français,

Le Premier Consul y travaille de sa propre main, et rétablit pour qu'elle n'en sorte plus, cette Institution dans la salle de Richelieu» où vraisemblablement elle accomplira ce noble désir de son nouveau fondateur.

Décès de mademoiseUe Clairon, née dans les environs de Gondé en 1723, et retiré en 1766.

Chaptal secourt noblement ses dernières infortunes. Alexandre Duval renonce à la profession de comédien

pour se livrer u celle d auteur dtamaiique.

La Censure est jugée nécessaire. — La question s'agite

au Conseil qui désire qu'elle incombe aux attributions du Ministère de la Police. — Napoléon demande si, en pareilles mains, il sera informé des abus que la mesure permet de

it

LE TllÉATRK-FKANvAlS.

supposer. *-*FuU, ii décide que TAutorité supérieure de la Cmiure sera le Ministre dellnlérieur.

Décès de mademoiselle Dumesoil, née dans la foret d*Eeouves, prte d'Alençon, ea 1711, et retirée, Elle meurt h

92 ans.

Mort de Laharpe, l'auteur, uc à Paris ea 1739. Micheloi débute dans les Jevmi premiers des deux genres. Décès de Demoostier, Fauteur comique, né à Villers-Gotterets en 1761.

Ce malheur est le résultat d'un coup do limon do voiture reçu dans la iioitrine et qui a déterminé l'afleclioa mortelle de cette partie.

Décès de Bellemont.

Retraite de madame Vestris.

Mademoiselle George Weimer devient SociMaire.

Une rivalité ardente et qui tourne au scandale le plus déplorable, s'élève entre celle ad ri ce el mademoiselle Duchesnois, dont entiuie talent l'emporte sur de grands avantages extérieurs.

Mademoiselle Bourgoiu revient de Russie et rentre.

Nous avons dit le Foyer des Comédiens, où trène ma- '

dcmuisolle Coulai, entourée de camarades et d'auteurs postulant avec galanterie les gloires de la représentation théâtrale, car Tactrice y jouit d'une grande in-' fluence* — C'est là le rendez-vous tacitement convenu des Gens de lettres cultivant la grande littérature dramatique, les uns par profession, les autres en qualité de gens du

monde. — Moins turbulent que, jadis, le Caf(' Procope, ce lieu a encore pour lui l'agrément d'offrir aux membres du cénacle un auditoire improvisé qui leur témoigne une at* teniioa à la fois vive et respectueuse.

Quand les spectacles sont peu variés, il y a encore nombre de gens (lui voniauTliéàtre-Fraiiçais uniquement pour hanter le Foyer et s'y instruire de tout ce qu'ils pourraient apprendre de plus intéressant dans la meilleure société.-^ Pendantrété, c'est un but de promenade scienti il que àhuisdos.— L'hiver, c'est un cercle quelque peu académique, qui sedessinedevantleleu toujours spleudidement entretenu.— Les spectateurs errants composant la galerie.

Les jours de pièces nouvelles, une grande animation succède à la tranquillité qui règne aux représentations ordinaires. — Uuclques Provinciaux effarés traversent eu courant le Foyer qui leur semble abréger le chemin conduisant à leurs places. — i es auteurs ne sont point encore venus. G*est le moment dout Voltaire disait (quand il avait mal réussi) « h Cirque est ouvert, mais les animaux ne sont pm encore k'ichés. »

Enfinlesletirés arrivent g-ravemeni, comme il sied à des juges qui vont endosser la robe, ils s'interrogent du regard pour tàter leurs mutuelles dispositions, échangent autant de paroles qu'il en faut pour ne laisser soupçonner aucun partipris. Cependant chacun clierclie rinterloouteur qui sera le pius compîaisamment de son avis alla de critiquer ou porter aux nues la pièce pitoyable ou càarmémte qui va se livrer en pâture à l'inimitié qui dénigre, ou bien h l'amitié qui protège. Puis, on se sauve aux places, les plus obscures possibles, réservées par le désintéressement des ouvreuses de loges, au besoin de se cacher qu'éprouvent les amis intimes.

Digi[i

180 LE THfiàTRfi-FRANÇAlS.

L'ouvrage est joué. — La foule accourt au Foyer. — Tous

les rangs sont mêlés. — S*ii y a succès, le lauréat se montre. — n est entouré. — Ses dignes émules lui prennent la

main et les envieux le pressent sur leur cœur. — Pour la partie du Public témoin de cette scène, le triomphateur est un homme à part et que le t>ourgeois regarde comme Vmdividualité d'une espèce connue seulement des naturalistes célèbres. — Si la pièce est tombée, Tauleur n'est qu'un malheureux contumace, qui se reprtontera sans doute à la Session prochaine. — En atteriUaat, son plus redoutable rival accourt lui tbrmuler ses regrets en invoquant la mémoire de sa sensibilité par ce vers sous*entendu :

Je me souviens toiùours qu'bier ma icmme e^t moviv.

Le Théâtre-Français acclame la fondation de V Empire, La troupe prend le titre de Comédiens de l'Empereur. Betraites de mademoiselle Sainval cadette^ de madame Suin, de madame tacbassaigne et de Florence.

Le eomte de Rémusat est nommé Premier Cfumbellan.

Mademoiselle Duclicsnois monte au rang de Sociétaire. MabérauUest Commissaire Impérial.

Mademoiselle Contât fttit débuter sa fille Amalric dans remploi des Smérettes.

On reçoit Lacave Soeiéiaire,

A Bernardin, de ^aioU-PUrre, .... Vous avez peur, mon ami, que mon absence de

Digili^uG by GoOgI

riii^iilui, eii JiuuDuaiii de 166 francs par uiois, mon modique revenu, ne me réduise sUictemenl à la nourriture du pain avec des noisettes. Je n*en suis pas encore là, et ma table frugale scaDdaliserait les Pénitenls du désert.

Duos.

Gomme nousTavons dit en son lieu, c'est par une Ordonnance de 1673 que Louis XIV a jeté les IbndemeuU du véritable Premier thédlre en France.

Cette acte, encore en vigueur, y devient Tobjetd'un Contrai passé chez Hua, notaire à Paris» le S7 Germinal au XU (17 awiî) entre le Gouvernement et les Sociétaires qui ne pouvant changer leurs Statuts que du consentement de rAutorité.

Mort de GiiampTille.

Décès de madame Vestris, née en 1746, et retirée.'

Devigny est au Theàlre de rimpéralnce, sous Picard. Décès de Poinsinet de Sivry, Cousin de l'auteur du Cercle^ ei né à Versailles en 1733.

Décès de mademoiselle Hus, retirée et dans la misère.

Michelot devient membre de la Société.

Mon de Sylvain Maréchal, l'auteur, né à Paris en 1750.

£t de Ségur {Âlexaindre'Joseph)^ Tauteur comique.

La Surveillance particulière de la Comédie-Française çst mise aux mains du Comte de Rémusat.

On reprend Esope à la cour avec des costumes grecs. Cette tentative n'obtient qu'un succès contestable.

Décès d'Auffedne, né à Genève en 1729.

KcUaiie de NauJtL

Talma, Lafou, Fleury, Moiivel, Dugazoïi et Dazincourl sont nommés Professeurs au Conservatoire.

Décès de Gollin-Harleville» Tauteur.né kMévoisins, près de Chartres, en 1755.

Retraite déllniiive de Monvel.

Mademoiselle Mars essaie de la tragédie» par Je rôle de Benjamin dans Omasis.

Lafon, le tragédien, débute dans la comédie.

Décès de Desforges, l'auteur.comique, né à Paris en 1746, etdeFiina des Oliviers, Tauteur, né ë Reims en 1757. La Censure dî^maîifne est consolidée par un Décret.

Dugazon est le Doyen des artistes ses camarades. Mademoiselle Fleury, la tragédienne, se retire.

Joanny débute dans leaPremiers rôlea Uui^iques. Il n'est pas admis.

Décret Impérial coiruboranl la puissance du Contrai de iWiy entre TAutorité supérieure et les Comédiens frauçaiSf et définissant les attributions du Répertoire.

Décès de Larocbelle après 47 ans de service^ ' Et de Chéron, Tau leur comique, né à Paris en 1758.

Début de Thénard fxiné dans les Premiers cmiqvee.

LS THSàTRfi-FRANÇ AÏS. \ 83

Décès de Biiii de Saiot-Mûrei 1 auteur, né à Pameû 1733. Décès de madame Desrosiers, non retirée.

Le Comte de Rcmusat est nommé Surintendant des quatre grands théâtres de Paris ; ta Coniédie-Franenise, V Académie Impérialê de nmique^ rOpéra-Comique et le Théâtre de l'Impératrice.

Institution des Prix Décennaux. — Raynouard et iouy sont au nombre des lauréats proposés.

Talma vient de recevoir, de Lyon, une lettre qu'il lit tout haut à ses camarades. » Son juste orgueil permet qu'on en copie les fragments suivants :

«... VouséteS) dans votre carrière, unique au monde, « et nul, avant vous, a*avait atteint ce dégré de perfection «où Fart se combine avec Tinspiration, la réflexion avec

«rinvolontairc, et le génie avec la raison.... Vous iiravz fait « sentir plus amèrement mua exil, et j'ai reconnu plus que « jamais la puissance de r£mpereur, puisque, indépendam- « ment de cettepetite Europe, il dispose par vous du monde «idéal de la poésie.... Je vais écrire sur l'art dramatique, « et la moitié de mes idées me viendra de vous.

« Nbcker dkSta&l-Holstvin. »

Au moment oh madame Talma écrit sur le secrétaire, dans

la Femme jalouse^ un ornement se détache du haut de TAvant-scène et brise le meuble, sans touciier à Tactrice, qui perd coaaaissance.

Un musicien de Torchestre a va le premier symptôme du

danger ; mais il n a ni osé, ni pu crier, ce qui, par le moin-

184 LE THÉATRE-FRANÇàlS.

dre mouTement de madame Talma, aurait détermioé la mort inévitable de cette merveilleuse artiste. Ella va, avec son mari, parcourir la Hollande.

La salle de rancienne Comédie^ Française^ rue des Fossés- Saint- Germain-des-Prés, sert, en ce moment, d*atelier à Gros, le peintre.

Madame Talma renonce à la tragédie.

Mademoiselle Georgê rompt son engagement par la fuite. On apprend qu*6l1e va au théâtre de Saint-Pétersbourg.

Début de Mademoiselle Maillard, dans les Gra$uki prin-

Mort de Desfaucherels, Fauteur comique, né a Paris en

Il a eu le désagrément de voir son Mariage secret^ attribué au Comte de Provence (devenu Louis XVIU] et qui n'a jamais travaillé pour le théâtre.

Début de mademoiselle Roee-Dupuis, dans les Amaurmes,

Début de mademoiselle Emilie Levcid,dans les Premiers râles de la comédie.

Retour de Devigny, jouant h présent lA Fmmeiers et les

Manteaux.

ÂPPUGATKm KACilCAlfllIB

Un petit nombre de comédiens, désignéspar l'Empereur, se rendent à Erfurlb où la Politique appelle le Souverain.

Ils y donnent leurs représenlalions devant le Purterre de rois que leur avait annoncé Napoléon.

LE THÉATRE-FRJLHÇAIS. m

Là, û^mV€Edipe de Vollaire, Ale3aiidre l«rdeEii8sie, par uDe flatteuse application de ce vers :

L'Mtié ru graad IWMe eu as MoMtdes Dieu,

saisit la main de Napoléon et la porte presque à ses lèvres.

Ces deux Princes soin placés à l'orchaslre, ^ ar c^ard pouf uue légère surdité doulle Mooarque ru^se est aiteiûU

Dans une audience qu'obtiennent ces CoraédienSp Mademoiselle Mar«î, blesîiée à Tœil par un accident de voilure, cherche à ne pas approcher de ilLmpereur, qui va droit à elle, écarte vivement son voile et lui dit : « Je tais Je eaU ; mais celane tous empêche pas Sitre Jolie. »

Quelqu'un lui ayant ensuite demandée Gomment il la trouvait, » Napoléon répond : « Cesi me meitte femme qui

fait aue^ bien la jeune. »

ReUaite de Caumout.

Décès de bugazon à Sandillon (Loiret). — 11 était né à Marseille en 1746.

C'était le mari divorcé de mademoiselle Lefebvre, l'actrice de repéra- Comique, connue sous le nom de madame Dugazon ; puis, il avait épousé, en 1794, mademoiselle Aubert qui n'est point au théâtre.

Un des bons officiers de notre armée, M. Gourgaud (nom de la lamille), est son oncle.

Quant à mademoiselle Dugazon, IsiSoiérelle^ débulauie ea 1767, rien n'indique assez positivement pour l'affirmer qu'elle ait été la sœur de notre Comédien.

m 1 ULAlRE-FHA.NrAlS.

- Mort de Dazincourt, né aussi à Marseille en 1747, et retiré.

On a» de lui, ce souvenir, léoioignage du senliuieut qu'il avait de sa profession :

Dans ÏJIointne à bonnes fortunes, on le Sillle h la scène où le valet s'inonde enmiqaement d'eau de senteur et fait partager au BoufUeur cette ablution traditionnelle. — Dazincourt s*avattce et dit: «Messieurs, lorsque Préville faisait ce « que je viens de faire, il était applaudi de tout ce qu*il y « avait de mieux en I ratice. » — C'est possible, iiiUis qu'eût répondu Teslimable Comédien, si quelqu'un lui avait dit : « D'abord, vous n'êtes pas Préville ; ensuite, toutes les par* « Hes de la salle ont le droit de manifester une opinion « quelconque sans qu'aucune vous reconnaisse celui de lui « adresser la parole. »

Néanmoins, à cette sortie de Dazincourt, le Souffleur, craî^ant que quelque projectile ne se trompe d*adres8e«

se sauve et ne reprend sa place qu'en entendant les bravos retentir.

Retraite définitive de mademoiselle Contât, la grande. Décès de Marin, l'ancien Censeur ^^lV Frivilége et auteur dramatique, né à laCiotat, dans la Provenc)^, en 1721.

Tbénard est Sociétaire.

Madame Taima prend sa retraite après vingt-cinq ans de

services.

Début de mademoiselle Dupont dans les Soubrettes. Ëlie joue paôsagèreffîeni la Didon de Lefranc-de-Pompi^ gnan.

LE TliÊATRK-FRANÇUS. t«7

Décès de Luce de LancivaU i auieur tragique, né a Satui- Gohain, dans la Picardie^ en 1701.

Et de Lehoc, auteur de son seul P^kus, né h Paris

eu 17 is. — il avait publiquenitiU et plaUammeul réclamé rautériorilédu liire parmi les Auteurs sif^ti. Début de mademoibelle Demerson dans les Soubreilfs,

Mort de Monvei, Tauleur-acteui". ne a Luuéviiie eu i7i5, —M était le père de mademoiselle Mars eadeite..

Retraite de madame Talma, encere dans toute la force de son rare laleut, et que n'a pas remplacé complètement celui la Comédienne prccédeute. — Elle compte viugt-ciaq ans de services.

Décès de Chéniert l'auteur tragique, né à Goostantinopie en 1764,

Et de Laujoii, 1 auteur comique, né à Paris en 1727. Devigny et mademoiselle Dupont sont Sociéfaires.

Je suis bien aise du grand succès de Talma dans mon

Bmlet, C'est, de mes tragédies, celle que j'aime le mieux,

parce que j'y ai peint tout le respect et toute la tendresse que j'ai sentis pour mon père.

Ducis.

Décès de Caumont.

Gartigny débute dans les Premiers comiques.

11 est reçu Pensionnaire, ^ Puis, Sociéiaire,

Début de Baudrier dans les Manteaux» — 11 ebt Pensim-

Mirc six jours a|)rès.

Début de Firmiu dans iea Jeunes prenUers des deux genres.

4 98 LE THËATRË-FRàNÇàlS.

On le reçoit Pensionnaire*

Mieheiot devient Sociétaire.

Lafon est autorisé à jouer dans la comédie.

Gonlhier débute dans les Jeunes rôles des deux genres. Mademoiselle Eegnier débute pour la première fois et joue la tragédie.

Mort de Sauvigny, l'auteur tragique, né vers 1730, Et de Legouvé, Tauteur tragique, né à Paris en 1764. Retraite de Mademoiselle Devienne.

Mademoiselle Rose Dupuis est reçue Sociétaire, ' Début de Desmousseaux dans les Premiers rôles tragiques.

Second début de Mademoiselle Régnier; cette fois, dans les Confidentes f Mires et Caractères de la comédie.

Pour raison de santé, Haliérault se fiilt suppléer par Bernard , son Secrétaire particulier, dans les fonctions de Commissaire du gouvernement.

Décret de Moscou^ en date du 15 octobre, qui constitue le

Théâtre-Français sur les bases les piub solides.

Mort de Dorvigny, Tauteur, qu'on a prétendu né de Louis XV.

Blessé des critiques de Geoffroy, Talma attaque ce journaliste dans sa loge et trouble un instant le spectacle. — Sans antres suites.

Retraite de Mademoiselle Maillard, la jeune tragédienne.

LE TriJ^ATRE-FHANÇAlS. 189

Bernard est nommé Commissmre du gauvemment.

Décè9de Mademoiselle Louise Contai, née à Paris en 1760»

après ciuquaiiLc ans de services au Théâtre-Français. — Elle avait épousé M. de Parny, Cousin de l'auteur de la Guerre des Dieux.

Mademoiselle Devienne se retire* Mademoiselle Demerson est reçue Sométoire.

Mademoiselle Régnier est Piiisionmure.

Par arrangement auquel l'Autorité veut bien consentir, Mademoiselle George, de retour à Paris, rentre dans la Soeiété.

Mort de Gailhava d*Ëstandoux» l'auteur comique^ né à

Toulouse en 1731.

Il portait à la chaîne de sa monire une breloque étrangement lugubre, qu'il disait être me dent de Molière.

La Politique (à laquelle les artistes du Théâtre-Français ont toujours été fort enclins ) nuit beaucoup aux acbeminemenis de l'art dramaiiquc. Elle trouble les études des Comédiens et décourage en ce moment les Auteurs, dout les idéeâi littéraires ne trouvent plus à qui parler.

Les Journalistes secondent cette ^heuse déviation.

Saignes se distingue parmi eux. Il publie une feuille volante intitulée : Des armes et du courage! et qui, à elle seule, empêche tout une répétition, tant les acteurs se plaisent à la commenter. — Mais le côté sérieux de cet opuscule disparaît bientôt à la voix sans malice des Crieurs publics qui hurlent de toutes parts : Dès amêi et du courage.,, pour un soûl

Le iUéàtre-Français acclame l'arrivée de Louis XVTll.

1 90 LE ïiii^ÂTKE-FRANCÂlS.

Dès la première soirée, Talma vient lire, sur la scène, des vers h la louange du nouveau Monarque et composés par BrifauU l'auteur de Nimis IF.

Les acteurs s'intitulent : Comédims ordinaires du roL Décès de Palissot, Tauteur, né à Nancy en 1730« Il est le premier qui ait confié un rùle nouveau à mademoiselle Contât. Ce qui a eu lieu dans les Courtisanes»

M. de Rémusat alloue une pension provisoire de retraite h Maliérault, privé du logement qu'il occupait à côté du Xliéâtre-Français, par convention particulière, et stipulé, pour saviedurmt*

Canigny passe Sociétaire.

Pérrier débute dans la tragédie et ne reste pas.

MortdeMercier-2'a^/eaM, Fauteur» né à Paris en 1740,

im.

A ia reprise d'Hector, l'entrée de Lafoii, représentant le beau Pâris, produit un eifet des plus imprévus, h cause du Bonnet phrygien dont la vive couleur scarlatine réveille certains souvenirs dès longtemps elïiicés.

Les yeux de l'Empereur se mouillent au bruit des applaudissements que soulève ce vers dit par Talma :

D'un Hector au bereeau, Dieux, protégez reofance !

L'ancienne tradition du Suisse en grande livrée est rétablie pour les Coulisses des TLéutres royaux pendant toute la durée des représentations.

Mort d*André Murville, Tauteur, né en 1754. ,

Mademoiselle Dupont est Sociétaire.

LE rUËATAE-FKANVIÂlS. 191

Réminiscences anti-littërairefl.

En pleines représentations, justement soupçonné de Bonapartisme^ Fleury essuie» à deux reprises, des marques d'hostilité de Topinioa contraire.

A la première agression, il évoque hautement le souvenir de sa conduite pendant les politiqin's soirées de VAmi des lois, et toute la salie le couvre d'applaudissements.

La seconde fois, sortant plus encore de son rôle, Fleury

s'avance respectueusement et dit aux £?peclateui s :

« Messieurs, je représente ici Tartuffe ; ayez, je vous prie, « la bonté de permettre que je m'acquitte de mon devoir. « Si, demain, quelqu'un désire me parler en particulier, je « demeure rue Traversière, n^ 23. »

Mille bravos lépondentà cette allocution, où la dignité la plus saisissante le dispute au courage le plus calme, et la pièce s*actaève paisiblement.

Mademoiselle Mars se voit aussi en butte à de semblables démonstrations.

Elle soutient, eu peu de jours, deux assauts, sans quitter la scène, et les nuages passent.

Début de Mademoiselle Anaïs Aubert dans les Amoureuses^ Et de Monrose dans les Premiers comiques.

A liruuoy, maison de campagne de Xalma, on célèbre chez le tragédien et avec toute la mise en scène qu'on emploie au tbéâtre pour une Noce de village, Tunion de deux jeunes

habitants de ce pays.

La troupe entière du Théàire-Français est invitée à cette fête, dont le succès a pour témoins une foule de gens du

grand monde. •

m LE laÉAÏUK-FKÂNÇÂlS.

Décès de Mademoiselle Maillard.

Mort de Mademoiselle Raucourt, née à Nancy en 1756.

Les obsèques de cette tragédienne causent une assez vive émotion dans le quartier de l'église Saint-Rochj parce qu'on se refuse à la présentation du corps.

Huet, de rOpéra-Comique, prend à ce mouvemeui une pan si active, qu'il se met à la tête d'une Députatioii et va solliciter de Louis XVill l'ordre nécessaire pour que l'Autorité fasse cesser le scandale.

Il Tobtienl; mais Tactenr, comme efFirayé de sa victoire, quitte aussitôt Paris et va, par liusai ci, jouer la comédie à Gand

Retraite de Mademoiselle Emilie Contât.

Début de David dans les Jeunes premiers des deux genres.

lies Cent Jours ;

Le Théâtre-Français revient avec empressement à son titre qu'avait autorisé la fondation de l'Empire I

Retour à la formule : Comédiens ordinaires du roi. L'Institut reconstitué conserve Grandménil dans la classe des BemêûiharU.

Madame Talma donne, pour sa représentation de retraite, une pièce en trois actes en prose, de sa compobition. et intitulée : Laquelle des trois ? — Les acteurs sont Baptiste olM, Michelot, Armand, Firmin, Faure et mesdames Lct verd, Rose Dupuis et Devin.

LE TUEATRË-FRANCAIS. 193

Mon de Florence.

Je regarderai comme une distinction» Uoiii ^ huiio-

rait, jadis, TAcadémie française, de n'avoir aucun traite* meut iixe pour chacun de ses membres..... Ils étaient contents de ne recevoir qoe de simples jetons..... .1 Sous

Louis XV» TAcadémie a refusé des jetons en or que lui offrait un Ministre, afin de ne pas donner un appât de plus à l'avidité des intrigants.

SUAAO.

Louis XVill alloue 30,000 fiaucà de draii/icalwn ammUe pour chacun, à lalma et à mademoiselle Mars.

Les restes de Molière, ou du inoins ce qu'on a cru Télre, esUraiisporte sans pompe, du Cimetière Saint-Joseph» au Père-Lachaise.

Décès de Ducis, l'auteur tragique, né à Versailles en 1733, Et de Grandméail, très-allligé des dévastations commises par les troupes étrangères dans sa belle propriété patrimo* Diale de Grandménil, près de Bures {Semô'^î'Oise).

II était né à Paris en 1737.

Mademoiselle Régnier obtient une Promesse de réception» Saint-Prix est toujours Professeur au Conservatoire. À titre de simple Àmaiewr^ Larive joue Tancrède à la salle Favart au bénéfice des indigents.

Des modifications royales sont apportées au régime intérieur résuitaiu de la constitutiou du Théâtre-Français. Retraite de Mademoiselle àlézeray.

Le Ministère institue des Primes d'encouragemeut pour les

m LB TBËàTRB-FRàNÇAIS.

DirecteuFs des théâtres départementaux qui cultiveront Vancim répertoire comique et tragique, et formeront ainsi des sujets dignes d'èire app^és au Théâtre -Français.

Le tauK de œs allocations peut, dans certains cas, s'élever à la Bomme de ao,eee fr. pour une seule.

David est admis Sociétaire*

Monrose et Baudrier sont reçus Sociétaires,

Début de mademoiselle Suzanne Brocard dans les Jeunes premières des deux ^^enres.

flrmin entre dans la Société.

Mort de Martelly (i^tcAatid}, acteur et auteur.

V Impôt des pauvres perçu sur les théâtres, fhit partie de

la Lui du Budget.

Début de Mademoiselle Baptiste aînée dans les deux genres : €on/lémUes, Mires et Caractères*

Eviction officielle de mademoiselle George, sous l'autorité et diaprés les conclusions de M. le duc de Duras.

Retraite de Laeave.

Décès de Baudrier encore en exercice.

GermaniciM .

BeprésesUation tragi-comque.

Conlrairenientà l'esiiérancede M. Ainault père, les spectateurs ne peuvent se résoudre à prendre au sérieux cette

composition laborieuse, et pendant toute la représentation ils font de la Politique pour s'amuser.

Le Colonel Guilleminot se complaît à s*y faire remarquer en recueillant, du haul de la Première galerie^ les fuyards du Parterre, épouvantés de ce qu'ils prennent pour un commencement de révolution.

« En voilà encore m de sauvé! » s'écrie-t-il à chacun de ceux qu'il enlève pour le remettre aux personnes placées dans le corridor.

Sur la iiroposiiKui de rauteurde ce livre, appuyée par Saint-Prix et Fleury, on établit au iiiéàtre un Bureau des amneê, wrmes^ etc., h Tinsiar de la mesure prise en 1791 par la Municipalité de Paris. — Ce poste est inauguré par

la mère des Séveste.

Les Entrées des Membres de TAcadémie française étant périmées, sont invoquées et rétablies.

Décès de Ximénès (prononcez Chimine)^ le lk>yea des au* leurs dramatiques, né li Paris en 1726, Et de madame Suin.

Décès de madamoiselie Fleury» la iragédienuc retirée. Fleury termine sa carrière tbéàtrale de 40 années à Paris. On en ajoute quatre k Tépoquede son admission, pour

lui ( ompu'ner quai anie-six ans de service, et produire une peasiûû de 9,000 francs.

Début de Guiaud dans les financiers et Mantemix.

Saiat-Prix abandonne la scène après 110 ans de succès.

Une Ordonnance royale coiisiitue TOdéon, dirigé par Picard, en Second Tkéàtre'Fnmçmi.

Début de Graiidviile dans les Manteaux,

La Comédie décide que ses Sociétaires renoncent aux

Congés et à tout motif d'absence, pendant deux ans.

Le Suisse de l'Eglise Saint-Koch apporte régulièrement aux Comédiens firao^ le Pain bénit» à chacune des époques consawées*

Assassinat de Kotzebue, l'auteur, né à Weimar en 1701. Eetraiie de madame Thénard.

Le Théâtre donne une représentation au bénéfice des Nièces de Molé.

La Police s^oppose à la reprise du Tibère^ de Ghénier.

Débuts tragiques d'une Arrière-Nièce de Corneille.

A la troisième épreuTC, elle s*éloigne avec 300 francs de pension que lui alloue le Théâtre*

Mademoiselle Réguler devient Sociétaire à Quart de par^.

Débuts de Mei^aud dans les Jeunes premkre des deux genres ; de madame Paradol, dans les Fremere tôIh tragi-

ques, et de madame Hervey, dans les Caractères.

On reçoit celle-ci I^ensiomaire*

-Lafon donne sa démission pour Tannée prochaine*

LE THÊÀlKt-FKANÇAlS. 197

ïaima» déjà aux appointements de 30,000 francs, sur sa demanda (comme mademoiselle Mars) sollicite dem Parti

et demie, avec trois mois de Congé par an.

Il oblieiit seulement un Congé de quatre mois par année. 11 prélude aux Mois en jouant Auguste dans Cinna-

Guiaud est Fmsiomaire.

Le Ministre décide que Mademoiselle Mars et Talma recevront désormais, 1 une 25,000 francs, Tautre îM),000 par année, en dédommagement quelques sacritloes pécuniaires.

Décès de la veuve Brizard» qui lègue aux Gomédieus Irançais le portrait de son mari.

On reçoit Madame Paradql Ptnsiamaire,

Cartigny propose et ildt décider que les rôles nouveaux seront distrlbuéSt en même temps, aux Chefs d'emplois et aux Doubles.

On arrête ensuite qu'ils paraîtront aUemaiivemmt.

Les cartons regorgent, en ce momcat, de tragédies reçues^ et ne contieiiuent que quatre comédies en cinq actes dans le même cas*

Quand le Théâtre fait Relâche sans motif plausible» il est passible d'une amende de Trois cents francs.

Mort de Gubières-Palmézeaux, l'auteur, né àRoqaemaure (Gardj en 1762.

C/esl en 1772 qu'il prit le nom de Palmézeaux, auquel il laissa ensui te s'ajou 1er celui de Dvrat-Cubières^ par analogie entre sa versification et celle de Dorât.

IU8 L& TUËATR£*FRANÇMS.

Le Théàlre tait Relâche peudàal dix jours par suite de Ici mort du Duc de Berry.

Michot donne sa démission pour Tan prœbain.

Décès de Marcliaud. qui, en 1762, remplissait les rôles d*enOuits ; puis, a camulé les Bouche-trous avec le titre de Chef des fgurmUs. — En tout, 58 années de services.

Le roi donne k l'auteur de Germamtmê une pension de 0,000 firancs, que M. Amault reçoit. Saint-Aulaire débute dans les Seemds ràleg de tragédie.

he Théâtre veut augmenter le prix des places; mais le Public se refuse à Texécution de cette mesure.

Décès de Vigée, Tauteur, né îi Paris en 1758. Début de Lîgier dans les Premiers râles tragiques.

Mort de mademoiselle Montansier» né à Bayonne en 4730.

Elle lègue le payement de ses dettes h Louis XVIII» qui

n'accepte pas Théritage* *

Second début de Perrier, qui est reçu Pensiwmaire.

Uccès de Souques, l'auteur, né à Orléans en 1767.

Ordonnance royale qui supprime Tlntendance générale des MenuS'PlaisirSf et déeVtntendanoedesThéMres royam.

Ijsl Censure théâtrale est rétablie.

Mort de Pujoulx, l'auteur comique.

Un Admfnittratear original .

Deux de nos grandes villes attirent principalement nos

LETfiÉATRE'FRA^ÇAI$. 199

comédiens voyageurs, Bordeaux et Houeu, (rnssiounés pour la gloire de notre théâtre.

Dans la premièret on s'occupe cependant de la bizarre

gestion do Directeur, le nommé Cortay-Beaujolais, ancien Cocher de Cambacérès et dont la fortune, tour à tour heureuse et adverse, offre nombre de singularités.

Six ou huit maîtresses défrayées à la fois par lai» ont vu leurs riches mobiliers brisés à coups de canne en quelques minutes, puis rétablis avec plus de somptuosité qu'auparavant.

Une de ses curieuses spéculations a eu pour objet d'ouvrir chez lui de vastes magasins d'éio&eSf de linge, de co* mestibles» d'approvisionnements de toutes sortes, et de les céder à ses pensionnaires en payement de leurs appointements, avec d'énormes bénéfices.

Dernièrement, appelé sur le théâtre» pendant un vacarme efliroyable dans la salle, Beaujolais se présente, les deux mains dans les côtés de son pantalon, et pose tranquillement cette question aux spectateurs: « 0^ dmande Tôt- M/able et PAISIBLE société EL le bruit s'apaise, tant le Parterre se plaît aux sans-laçoa du Directeur de £on choix-

£a expiation tie ses étrangetés, voici de ce curieux persoQiUtge un trait Véritablement spiritoel«

U eut, un jour, la pensée d'adjoindre à ses représentations théâtrales le talent funanibuie de madame Saqui.

Le Public s*en offensa d'autant plus qu'à la première de ces soirées, h Miimi$hrûp$ devait commencer le speetaele.

Martelly, le comédien, auteur des lkm ¥%gm>, et qui appartenait à la troupe, alla signitier à son Directeur qu'il ne participerait pas à cette profanation en jouant Aice^ et romi^ait plutôt son engagement :

« C*e9t htm, » répondit froidement Beaujolais. Puis,

LL IHliATKE-FRANÇAlS.

appelant son Régisseur, « Mcnsim' Martelly, lui dit*ii, me «c donne me excellente raison pour ne pas jouer demain le Mi'

a sanihrope \ mettez à la place les Deux Figaro, n

Dans la salle, le Public brisa l'engiaet la corde déjà préparés pour ]es exercices de la Sauteuse, et tout Bor^^aux se réjouit d*avoir vengé Molière.

Retraite de Michot,

Madame Yalmonzey députe dans les Chrimdes Princesses.

Elle devient Sociétaire.

Mort de mademoiselle Dugazon, née à Berlin en 1755. Tbénard ç4né prend ^ retraite, pour raison de sanié.

Saint-Phal est le Doyen des Sociétaires*

Décès de mademoiselle Fannier, née à Cambrai en t74jSu

La Censure est supprimée.

Retraite de mademoiselle Vol nais.

Le frère de l'auteur du Tartuffe de mmrSf Chéron, esi nommé Commissaire du rot, près le Théâtre-Français.

C'est le premier fonctionnaire, en cette qualité, qu'aient institué les Bourbons de retour ; des Enlelles, revenu avec eux, n'étant, à peu de chose près» qu'un Commis des Menus- Plaisirs.

Décès de Fleury (Bénard), né à Chartres en 1751. Retraite et dernière représentation de Baptise cadet. Décès de madame Lachassaigne.

Début de Mademoiselle Mante^ dans les Premiers râles de comédie.

Mademoiselle Mars, menacée du grand succès de cette jeune actrice, est bientôt rassurée.

LE THËàTRfi-FRANÇAlS. 201

Talma s'essaie dans le drame, par le rôle de Falkland» ei ne donne pas suite à sa tentative*

La Omsure est rétablie.

On cite, comme postulant k y remplir des fonctions, Mély- J^mii, Piamrdf TMauhmf Baugmont^ Soie d$ NugenU Bé*

naben^ Raoul- Jtochet te, Joseph Pain^ Jacquelin, etc., etc. ,

Décès de mademoiselle Doiigny.

De vives discussions s*élèvent entre la Comédie-Française et tdlma, qu'elle est Kur le point de perdre. — Le rôle de Banville dans V Ecole des Vieillards en est la cause secrette. — Mais Casimir Delavigne persiste liaiis le choix qu'il a fait du tragédieu ainsi transplanté, et le bruit s'apaii^e.

Madame Paradol est Sociétmre*

Taylor est Commissaire royal ,

£t pendant Juillet et Aoùt,Albertin. Ex-Régisseur à Lyon, remplitles fonctions de IHrecteur delà scène*

On reçoit Mademoiselle Mante dans la Société.

Décès, à Chareiiloii, de Mademoiselle Mézeray, aiieiiée. Mort de Davrigny, Tavtteur tragique, né à la Martinique en 1760.

Talma fait une excursion toute nouvelle et fort inattendue dans la comédie, par le rôle de Danville de VEcok des

Vieillards.

Mademoiselle Mars est du Comité qui administre. Mort de Dieulafoi , Fauteur, né h Toulouse en 1702. Le roi dit à Talma que, depuis la mort de Lekain, il « n'a pasm daeleur plus parfait que lui, »

TÉlœa joue deux rôles dane Jam Shore, de Lemerisier*

celui de Richard III et celui du MendiauL, auquel li leuouce promptement.

Il se répand que la So€êéU Théétr&'Frausaù sera iQ« cessamment dissoute. *— On écrit beaucoup pour et contre* Saint-Phal se relire.

Df ] lut d'Armand -Dailly dans les Seconds comiques. Mademoiselle Duchesnois fait partie du Comiié d'admi- ' nîstration.

Tous les spectacles sont fermés par suite de la grave maladie du roi.

Les répétitions même sont interditee dan» tous les théâtres à cause do décès de Louis 1CVIII.

I<e Tliérare-Français acclame l'avènement de Charles X.

Mort d'Aignao, Tauteur, né à Beaagency en 1773.

La Censure est supprimée.

Le Sécretaire de l'Adaiiaistrai ion du Théâtre-Français, Védel, est nommé Caissier de r£ntreprise.

Sur les sept Canditats qu'il y avait pour cette place, trois ont été d'abord éliminés. — Les autres étaient Messieurs Fourrier, gendre de Maissonnier, le Caissier défunt, Ckaitlu MMly homme de lettresi et Augufle Hki.

L*acteur Laffitte remplace Védel li la Swétéirmie de TAdministration.

LE THâATRfi-FRAKCÂIS. m

Talma donne sa représentation .d6 retraite^ qui a lieu dans la salle de rOpéra.

11 y iBoiiUe le personnage d'Othello sous un costume de fantaisie plus propre h rappeler un Jokey de Londres que le fougueux général africain.

Le peu de soccès de cette innovation détermine le tragédien à n'y pas revenir.

On reçoit Salnt-Aulaire dans la Société.

Décès de mademoiselle Lang:e à Florence.

La dissolution de la Sociélé paraît imminente.

Début de mademoiselle Devin cadette dans les JeuMs râles des deux genres.

Le Vicomte do Larochefoucauld prend possession du Patronage sous lequel Charles X place le Théâtre-Français.

Mort de l'ancien acteur Fusil, qui a été une espèce d'Aidede-Camp dvil de Collot-d'Herbois à Lyon*

Damas donne sa dernière soirée et se relire.

Casimir- Deiavigne entre à TAcadémie-Françaifie. La Comédie offre à LamarteUiére une avoim sur ie produit vraisemblable de deux ouvrages qu^elle a reçus de lui.

Elle prie le digne littérateur « d'accepter sans scrupule

« comme elle l'offre avec conHance Ce sont, (dit-elle

« encore), des amis qui s'acquittent envers un ami du plus € saint des devoirs* »

Perrîer arrive au Sociétariat.

On attend du Commissaire i£t suppression des Claqueurs- Décès de Lacave.

Début de Samson dans les Premiers comiques, Joanny débuie dans les Premiers rôles tragiques.

Le Vicomte de Larocbefoucauld demande au roi que la

propriété des ouvrages dramatiques soit dévolue aux veuves de leurs auteurs pendant les cinquante années qui suivront le décès de ces deroiers, à la charge de faire acte de ce droit pendant les vingt premières années.

Décès de Lantier, Tauteur comique.

Talma est très-dangereusement malade.

Le Public de la salle demande de ses nouvelles à chaque

i t présentation, comme on Ta vu iaire en I7t6 pour Molé et Préville.

Décès de Talma, né à Paris en 1763^ Et de Hicbot, né à Paris en 1765.

Sur le cercueil du grand tragédien on place une couronne de laurier dans laquelle est enlacé le bandeau que portait l'artiste en jouant iSy/to.

A i arrivée de ces restes au Cimetière du Père-Lachaise, la foule, composée de plus de trente mille personnes à pied, se répand tumultueusement dans Tenceinte et y commet de grands dégâts.

Il y a môme un instant de trouble tel qu'un enfant (noalà propos amené là pour plusieurs raisons) ne peut être sauvé

LE THBATRE-FRANÇAIS. tas

de la pression générale qu'ea recevant ie dessus du cercueil pour unique refuge. *

A rentrée de tout ce monde, un effiroyable coup de sifflet est sur le point de causer les plus sérieux désordres, quand on apprend que le Gardien est dans rhabitude d'avertir ainsi les iiUipiujtii de ranivce d uu cuuvoi.

Le Théàlre fait Relâche pendant trois jouis.

Tahna a joue d'ongiiiu SouLaule-onze rôles pendaiu une Dccupaiioa de trente-neuf années.

Picard donne sa démission de Membre du Coimié de lecture.

Décès de Thénard ainé,

Décès de Larive, né à LarocbeUe en 1749,

Bt de Désaugiers flis, Fauteur, né àFréjusen 1772.

La Cenmrê est rétablie.

Brazier, le vaudevilliste, remplit les fonctions ù! Inspecteur ffénéral près le Théâtre-Français.

On célèbre ^anniversaire de la naissance de Molière.

Le Public témoigne le plaisir qu'il aurait à voir le Théâtre mettre en usage cette idée qui honore tout k la fois les Comédiens et les Spectateurs.

Décès de Mély-Janin, rauteur, né à Paris en 1776»

Décès successifs de François de Neufchàteau, l'auteur, né à Saâhy en Vosg^es (Lorraine)^ eu 1750,

m LE THKATH£-FRÀNÇÀiS.

De Dumaniant, l'auteur comique, né à Glermont-Ferrand

en 1752,

Ët de Royou, Tauteur tragique, ué à Quimper en 1745. Baptiste ainé se retire.

Taylor est Président du Comité d^administralion. On reçoit Samson Sociétaire,

HesdemoiseUes Mars et Ducbesnois sont membres du Cà-

mité de leeture»

Décès d'Hoffmann, rauteur, né à Nancy en 1760.

Page 1