‹ Le Théâtrefranc̜ais monument et dépendancesChapitre 9 sur 18 · ASSEMBLÉE NATIONALE · texte numérisé non relu

ASSEMBLÉE NATIONALE

us QOMÉDXSVft 1»XVA19T UL SOCIÉTÉ,

La grave question relative à V Eligibilité des Comédiens, c*e3t 'à-dire celle de savoir s'ils seront enfin comptés pour quelque chose dans la grande famille» s*agite au sein de

TAssemblée nationale.

Dans le choc des opinions diverses, Aœderer se pose en défenseur habile et convaincu. H « réclame pour la classe

«de citoyens qu'on repousse de tous les emplois, et ne a croit pas qu'il y ait aucune raison solide, soit en morale, « soit en politique, h opposer à sa réclamation; »

« le n'ajoute pas un seul mot, répond M. le Cmte de Gler-

LE TUÈATHE-FKANUIS. U|

« mont'Tannerre^ à une chose qui n*a pas besoin d^ôlre dé- « veloppée pour frapper TAssemblée, et je propose seule-

« meut la formule de Décret que voici :

« L'Assemblée naiionale décrèle qu'aucun ciloyen actil, a réunissant les conditions d'éligibilité) ne pourra être « écarté du tableau des Eligibles, ni exclu d*ua emploi pu- ^

« blic à raison de la profession qu'il exerce. » Celte propoaiiou u'a poiui de suite.

21 décembre 1789.

A la séance du lendemain, M. le Comte de Clermonl- Tonnerre s'exprime de la manière suivanie :

« Le préjugé s'établit, à Fégard des Comédiens, sur ce

» qu'ils sont sous ladépcndancede lopinion publique. Cette a dépendance fait notre gloire, et elle les llétrirait I D'hon- H nétes citoyens peuvent nous représenter sur les théâtres 0 les cbefô-d'œuvre de Tesprît humain, des ouvrages rem- • plis de cette saine philosophie qui, ainsi placée k la por- « tée de lu us les hommes, a préparé avec succès la révo- « lution qui s'opère, et vous leur direz : Vous éles Comédiem « du Maif vaut occupez le Théâtre de la Nation, vous Ètv» w- « FAMES l'Si les spectacles, au lieu d*étre Técole des mœurs, « en causent la dépravation, é|)urez-les, ennoblissez-les el « n'avilissez pas des liommes qui exercent des talents esti- « mables. Mais, dit-on, vous voulez donc appeler aux fonc- « tiens de judicature à l'Assemblée nationale, des Corné- « diens? Je veux qu'ils puissent y arriver, s*iis en sont di- « gnes ; je iir^ 11 r'i[)[)()rte au choix du i'cuple, et je suis sans « inquiétude. Je ne veux llélrir aucun homme, ni proscrire « les professions que la loi n'a pas proscrites »

Cette opinion est ainsi partagée par Mirabeau :

a Non-seulement, dit-il, il n existe pas de loi qui ait dé-

422 LE Tli£ATR£-FJiÂJîtAlâ.

« claré ler5 Comédiens infâmes, mais les Etals-généraux « tenus à Orléans ont dit. article 4 de leur Ordunuance^ c presque ces mol^ mais ceriaioemeat leur véritable sens i

« Quand les Comédiens auront épuré leur théâtre ( et

« alors la scène était occupée par ces misérables lai ces « qu'on s'honore d'avoir oubliées), on s'occupera de déter- « miner ce qu'ils doivent être dans Tordre civil, d'où ils ne ^ paraissent pas devoir être rejeiés pour eux-mêmes. > '

« Aujourd bui, il est des Provinces françaises qui, déjà, « ont secoué le préj ugé que nous devons abolir, et la preuve a en est que les Pouvoirs d'un de nos Collègues, Député de « Metz, sont signés de deux Comédiens. 11 serait donc ab- « surde, impolitique même, de refuser aux Comédiens le « titre de Citoyens que la Nation leur délère avant nous, et « auquel ils ont d'autant plus de droits qu'il est peut-être « vrai qu'ils n'ont jamais mérité d'en être dépouillés, i»

Séance du 24 décembre 1789.

A M. LB Pa^BItr DESHEONIBIIS.

Paris, co 24 déeenlire I7S9.

Monseigneur,

Les Comédiens ordinaires du Roi, occupant le Théalre de la Nalim^ organes et dépositaires des chefs-d'œuvre dramatiques qui sont l'ornement et l'honneur de la scène française , osent vous supplier de vouloir bien calmer leurs in quiétudes.

Instruits par la voix publique qu'il a été élevé, par quelques opinions prononcées dans TAssemblée nationale, des

doutes sur la légilimiié de leur état, ils vous sui»i>lienl,

Monseigneur» de vouloir bien les iosiruire si l'Assemblée a

décrété cjuelque chose sur cet objet, etsi elle a dcclart' iour éiat incompatible avec radmibdioii aux eiaplois et à la par- UcipaiioD aux droiis de citoyen. Des hommes honnêtes peuvent braver un préjugé que la loi désavoue; mais personne ne peut braver un Décret ni même le silence de l'Assemblée uaiioiiale sur son état.

Les Comédiens français, doiU vou6 aves daigne agréer l'hammage et le don patriotique^ vous réitèrent, Monseigneur, et à Fauguste Assemblée, le vœu le plus formel de n'employer leurs talents que d'une manière digne de Citoyens français» et ils s'estimeraient heureux si la légfislaiiou» rélormaut les abus qui peuvent s*étre glissés sur le théâtre, daignait se saisir d*un instrument d'influence sur les mœurs et sur Toi pinlon publique*

Nous sommes, etc.

Les Comédiene ordinaires du Boi^

UÂzmcouaT, Secrétaire*

L'abbé Maury se plaint de ce que les artistes se soient adressés au président, ii dit qu'il est lidela dermire indé- < eenee que des Comédiens se donnent la licence d'ouvrir

« une correspondance directe avec l'Assemblée. »

Le Président le rappelle forinellement a l'ordre.

La pensée de Monseigneur de La Fare^ Ëvéque de Nancy, se formule de cette manière :

« J'adhère entièrement à ce qu'à dit M. Tabbé Maury ; j'ajouterai seulement un trait d'un iiv iuur célèbre, parce qu il s'appli(]Lie très-bien k la discussion actuelle. Un vieil ollicier se plaignait amèrement de la médiocrité des récompenses qu'il avait obtenues pour de longs services. Il comparait son sort h celui de Lekain, auquel il faisait de dures

m LE ïflEAXaË-FAÂtigÀlS.

observations sur cette comparaison. « Eh! Monsieur, lui dit « le Comédien, compiez-vous pour rien le droit que vous « avez de me parler ainsi? «

 Tappui de cette motion, le marquis de Mamézia s*écrie:

« Lisez Rousseau, sa lettre sur les speclacles, et vous ue « prononcerez pas avant de ravoir lue et méditée. Vous y tf verrez ce qu'il pense des Comédiens, et peut-être alors

•t sentirez-vous que vous ne devez pas leur accorder le a droit de siéger dans vos assemblées législatives. »

Déeret de r AMemMée nattonsle*

« Il ne pourra être opposé à réligibilité d'aucun

citoyen, d autres motifs d'exci,usion que ceux qui résultent des Décrets ctmsHtiUimnels. »

Séance du S5 décembre 4789.

Telle est la base actuelle et définitive de réieU civil des Comédiens en France.

Mademoiselle Contai cesse de paraître. .

Mademoiselle Raucourt prend le même parti. ^

On refuse à Talma Tacte de la célébration de son mariage avec lalîe Carcan (d'autres disent Carcau), surnommé ia

Belle Julie.

L'artiste adresse la lettre suivante aux Membres de V Assemblée naiianale ;

LE TiiEATaE-FRiiNtAiS. m et Messieurs,

« J*implore le secours de la loi consUtutionnelie et je ré-

« clame les droits de citoyen qu'on ne m'a point ravis, « puisqu'elle ne prononce aucun litre d exclusion contre «I ceux qui embrassent la carrière du théâtre. J*ai fait choix « d'une compagne, à laquelle je veux m'unîr par les liens «du mariage. Mon père m'a donné son consentement. Je « me suis présenté devant le curé de Saint-Sul|*ice pour la « publication de mes bans. Après un premier refus, je lui ai « (ait faire sommation par acte extrajudiciaire. Il a répondu « à l'huissier qu*il avait cru de la prudence d*en déférer h « à ses supérieurs; qu'ils lui ont rappelé les lettres lauuiii- « ques auxquelles il doit obéir, et qui défendent de donner « à un comédien le sacrement du mariage avant d'avoir

<( obtenu de sa part une renonciation à son état le me

« prosterne devant Dieu ; je professe la religion catholique

« apostolique et romaine J'aurais pu, sans doute, faire

» une renonciation et reprendre le lendemain mon état; « mais je ne veux point me montrer indigne de la religion « qu'on invoque contre moi, indigne du bienfait de la Con- «stîtution en accusant vos décrets d'erreur et vos lois 9 d'impuissance. Je m'abandonne avec confiance à voire «justice.

€ 12 juillet 1790.

« Talma* »

Trois membres prennent la parole à ce sujet : Goupil^ Fabbé Gouttes et Bouche. — Ge dernier remarque que « plu- « sieurs fois, on a marié des comédiens sous le nom de Mih

« siciens, »

Cette fiancée de Talma a 40,000 livres de rentes.

m LE THÉAÏUE-FKANÇÂlb.

Après plusieurs journées d*un très-grand émoi politi-*

que, nombre de Comédiens français passent volontairement la nuit au Corps-de-garde.

Le Théâtre reste fermé pendant huit jours.

n donne deux représentations au bénéfice de toutes les

victimes de ces tristes événements.

Les Gardes Frtinçaises refusent pour eux la troisième.

Mort d'Imbert, l'auteur coiuiquc.

Grandménil est le seul comédien du Théâtre-Franrais (jue les titres de ses ayeux placent sous le coup du Décret supprimant la Noblesse et tous les hanueurs qui s'y rattachent.

La publicité donnée au Livre rùuge^ renfermant les Pensions et dons de faveurs secrètes accordés par la Cour, révèle les noms de bon nombre d'auteurs dramatiques.

Les théâtres ne paient plus l'impôt dit des Pauvres.

Encore CSHARLES IZ.

L'alfàire se réveille. De nouveaux obstacles sont apportés h la suite des représentsation» de cette pièce.

Cependant, les Députés Confédérés d'un grand nombre de nos villes sont arrivés à Paris.

Espérant triompher plus facilement que d'autres des difficultés qu'on ne fhit pas connaître, ils écrivent aux Gomé-

diciis frniicais pour leur demander que Touvrage soit joué.

« Nous n avons, leur diseiu-ils, que huit jours h passer à « Paris, et nous ne les emploierons pas à voir Didon et « Ziare. — 13 juillet 1700. »

En appuyant cette requête auprès des Comédiens, Chénier ajoute :

LE THÊATRË-FRÀNÇàlS.. 427

«SI votre Sociélé ne remplit pas l'objet de ma demande, « je vais trùs-incessamment faire représenter cette tragédie « sur un autre théâtre public. »

Béponse dê$ Comédiem.

« . . . . Votre pièce, que vous avez retirée, est dans lo cas « de i arUcle 22 des Réglementa adoptés par vous-même, et « aile a droit à une reprise dans le temps dont vous eanvien- « drez avec la Comédie — Nous vous avons dit que nous

G ne serions libres de reprendre cette tia^a'die qu après les « autres pièces qui sont dans le même cas, et dont le rang «de reprise est iixé avant la reprise de la votre.»

15 juillet.

Un solliciteur plus écouté s*en mêle, il écrit :

Aux Comédiens français*

« Messieurs,

« Le District des Cordeliers me chai'f^e de vous faire con- « naître un vœu qu'il pariaf^e avec un grand nombre de ci- «toyens venus de toutes les parties du royaume ... Il se K persuade que vous céderez volontiers à ses instances . . . « 11 ne vous aura point en vain adressé une réclamation «dont vous sentez toute la justice.

« J'ai rhoaneur d'être, etc. <, (M juillet,) «Dawtoïi» -

Des Députés reconnaissent qu'en retirant sa pièce, M, de Chénier « s'est enehatm lui-même et n'a plus le droit d*en exiger, dans ce moment, des représentations. »

m ' LIi THEATRE-FRANÇAIS.

Alix MÉMËâ.

Paris j ce il juillet 1790.

« J'ai réuni, hier, chez moi, MM. les Députés des (iarJes « nationales de Provence, ils m'ont parlé du vif désir qu'ils « auraient de voir« avant leur départ, la tragédie de Chart lesJX. D*aprë» tous les sentiments que vous avez bien ^ « voulu me témoigner, j'ai pris sui' moi, Mcssicuis, de leur a faire espérer la représentation de cette tragédie pour « lundi. Je désire beaucoup ne m'étre pas trop avancé, et «que, vous aussi, vous fassiez quelque chose pour mes « bons Provençaux.

« J'ai l'honneur, etc. ,

MiftABEAU, a(né.

« P. S. J'apprends, en rentrant chez moi, que vous vous « êtes donné la peine de me faire des difficultés. . . . MM. les « gens dé lettres, qui ont le droit de passer avant M. de « Chénier, ne peuvent être choqués que, dans ufte circons * « tance exU aoï'diiiLiiiu, on (iomie une représenlaiiuu de sa tt pièce, et seraient, au contraire, très-fàchés d'y mettre

« obstacle Je me charge d'écrire à M. de Chéuier, et

« vous réponds d'avance de son consentement,* Gomme un «refusde votre part pourrait faire naître des soupçons peu « honorables pour la Comédie, par i'inlérêt que je prends a à sa cause, j'ose lui conseiller de ne pas compromettre «Topinion de son patriotisme.

« rai Thonneur d*étre bien sincèrement, elc. ,

a Mirabeau, ainé Un assez grand nombre de camarades de Talma, et quel-

qucs personnes mal disposées à l'égard de cet arlisle, lui impuleni de secrètes menées, qui rengagent à s'adressera Mirabeau pur la lettre explicative que voici :

« Je recours k vos bontés. Monsieur, pour me justifier « des impLilatiens calomnieuses que mes ennemis s'ennnes- « sent de répandre. A les Oiilendre, ce n'esl pas vous qui « avez demandé Charles JX, c'est moi qui ai foit une cabale « pour forcer mes camarades à donner cette pièce. Des » journalistes vetfdus affirment au public tout ce que leur « maii^qulé leur dicte. Si vous ne me iiermeltez de lui dire « la vérité, je resterai chargé d'une accusaiiou dont on es- « père tirer parti.

« Je vous supplie donc de me permettre de détromper « le public, que cent bouches ennemies s'empressent depré- « venir contre moi.

« Talma. »

Réponse.

« Oui, certainement, Afonsicur, vous pouvez dire t{ue c'est m moi qui vous a demandé Charles IX au nom des Fédérés « provençaux, ei même que j'ai vivement insisté. Vous pou* « vez le dire, car c*est la vérité, et une vérité dont je •r m'honore. La sorte de répugnance que Messieurs les Co- « médians ont montrée h cet égard, nu moins s'il fallait « en croire les bruits, était si désobligeante pour le public, « et même fondée sur de prétendus motifs étrangers à leur « compétence naturelle ; ils sont si peu appelés à décider « si un ouvrage lécalcment représenté est ou n'est pas in- «cendiaire; l'importance qu'ils donnaient, disait-on, à la « demande et au refus était si extraordinaire, si impolitique ; « enfin ils m'avaient si pr écieusement dit à moi-même qu'ils ne « voulaient céder qu'au vœu prononcé de la part du public, « que j'ai dù répondre à leur réponse. Le vœu a été pro-

« nancé et mai accueilli, à ce qu'on m'assure. Le public a « voulu être obéi. Cela est assez simple là où il paye, et je

«c ne vois pas de quoi Von s'est élonné. Que maintenant on «cherche k rendre, vous ou d'autres, responsables d'un € événemeAt si naturel, c'est un petit reste de rancune en- «fontine auquel, à votre tour, vous auriez tort, je crois, de «donner de Timportance. Toujours est-il que voilà la vê- « rité, que je signe très-volontiers, aiusi que 1 assurance « des sentiments avec lesquels^ etc.

« iMiRABEAu ainé, »

On donne la représentation tant et si vivement demandée. — Elle est des plus orageuses.

Les Comédiens en écrivent à !>ailly, le Maire.

Le Felit-Foyer du théâtre devient un lieu de rassemblement pour les deux partis. On y remarque Danton et Camille Desmoulins appuyant la suite des représentations. — Chénier, Talma et Palissol d'un côté, Dazincourl etNaudetde l'autre, discutent avec animation.

On ne décide rien, et Talma jure qu'il ne paraîtra dans aucun autre rôle avant d'avoir repris celui de Charles IX.

Les Comédiens français se sont engagés à ne pas jouer

la comédie avec le sieur Talma, d'après les faits énoncés dans le proces-verbal qui a été communiqué à M. Bailly, Maire de Paris.

Fait à TAssemblée du mardi soir 27 juillet 1790.

Fleury. Lachassaigne^ Dmssarts, Dazincourt, Dmmnt^ Suin, Dorival, Raucourt.Naudet^ Dmant. Emilie Contât, Florence, Larochelle, Saint-Phah GrammotU, Joly, BellemotiL Vanlme, Cmiai^ Molé, Thémrd, Saint-Prix et Petit.

LE THËATRE-PIliiNÇAiS. 131

«Les Pensionnaires de la Comédie-fYançaise s'unissent « de sentiment avec Messieurs les Comédiens français orm dinaires du Roi, et 8*engagent à ne point jouer avec

« lalma.

« A Par ^aoâl 1790.

« Signé : Gérard. ChampeiUe^ Marin^ Lauge^ Mulion^ * Charlotte^ etc. »

LaqueroUc devient particulière entre Talina cl Naudel, Les Sociétaires se prononcent par une seconde Délibération signée des mêmes noms que précédemment. '

Revenant aux aflaires de la maison, le Thé&tre refbse une proposition tendante à ce que Charles IX soit représenté par certains acteurs de ia troupe chargée d'en lire plusieurs rôles.

« Sur le récit fait ii l'Assemblée par les Comédiens

« français, de ce qui s'est passé, hier, à leur théâtre, l'As- « semblée ordonne que la pièce qui a pour titre Charles IX « lui sera apportée, pour être ensuite par elle statué ce qu'il

a appartiendra.

20 août 1790.

€ Signé : Yqnmlliers, Blandelle, Picard f Présidents: De- « joly et Lacretelle^ Secrétaires. »

Ëniin les journaux publient cette Déclaration :

« Mon intention est que Charles IX ne soit plus re-

« présenté sur le thé&tre jusqu'au moment où l'Assemblée

€ nationale aura prononcé relativement à la position des auteurs dramatiques.

« M. J. Chénier. »

f 31 LE TfltiATRB-FRANÇAIS.

Damas joue la tragédie chez Mademoiselle Montansier. , Talma s'éloigne volontairement de .la scène.

Tout ce bruit apaisé, c'est maintenant au sein de la Soeîété des Comédiens que se concentrent les éléments de discorde.

Menacé de plusieurs côtés, Taima publie qu'il « marche « armé. » — 11 écrit :

« H. Naudet s'est abandonné à un excès de brutalité...

« J'ai fait ce qu'il convenait que je lisse pour mettre uu « homme à 1 abri de tout reproche. »

Loin de se calmer, cette triste affaire s'envenime. Fleury vient dire au Public, qui y prend part à chacune

des représentations :

« Ma Sociétés persuadée que M-. Talma a trahi ses inté- « réts et compromis la tranquillité publique, a décidé, h

n Tunanimité, qu'elle n'auràit plus aucun rapport avec lui « jusqu'à ce que TiVuiorité en ail décidé. »

A cette harangue, Dugazon sort des coulisses, jette sa perruque dans la salle (suivant l'habitude qu'il a de la tourmenter à chacune de ses émotions), revendique sa part du

traitement qu on fait a Talma, et se dérobe au mécontentement de quelques spectateurs qui escaladent le théâtre pour se mettre à sa poursuite.

Ghénier et Palissot se font publiquement la guerre.

Le premier prend parti pour le Théâtre de la i ue de Richelieu, et l'autre injurie les acteurs du Faubourg Saint-Germain.

Au milieu de tout cela, Talma réparait, demandé presque

Digili^uG Ly GoOgl

THEAlKE-FRAiNÇAIS. 131

tous les soirs par le Public impatienté de son absence, et par des journalistei que stimule le seul intérél de la scène.

Il est généralement bien accueilli et reprend son service, quoique plusieurs de ses camarades lui gardent encore rancune.

Début de Devigny, daos les Premiers râlet de comédie. L*acteur n*esl pas reçu.

Mademoiselle Joly, la Soubrette, se passe la fantaisie de jouer le rôle d'Athalie, clans la tragédie (ic llacnie.

Talma y ajoute celle de représenter un simple Lévite.

A cette représentation, Préviiie et Brizard, reconnus au fond d'une loge, sont obligés, par ordre du Parterre, de se placer sur le devant, h la grande surprise de ceux des spectateurs qui se dérangent sans savoir pourquoi.

Mademoiselle Simon se retire du théâtre.

Madame Petit use du bénétice de la loi nouvelle qui admet» entre époux» rincompatibilité d'humeur comme suffisant motif de séparation.

KouvMUK dëbAt».

La querelle, que Ton croyait éteinte, se réchauffe. Mademoiselle Contât écrit, de sa retraite, aux Comédiens

qui sollicitent son retour :

« Messieurs et chers camarades,

« Les motifs qui m'ont forcée de renoncer au bon<^

« heur de consacrer mes faibles talents au public sont con* « nus et subsistent... 11 est des sentiments avec lesquels on « ne compose pas... Les nouveaux chagrins qui vous ont « été suscités par M. Talmat ne peuvent me paraître un motif « pour revenir sur cette résolution et pour consentir h le « regarder jamajs comme mon associé et mon ea$Karade. Son

131 LE ÏHEAXKis-tRÂiNÇÀlf^.

« existence à la Comédie-Française compromet toutes les

« autres; ses volontés nuisent à l'intérêt général, ses amis « troublent le repos public... Ces motifs sont ceux de ma roa traite. En l'impulaot à M. Taima, je ne prétends pas appea 1er contre lui aucun resâentiment.

« Contât. »

Que fois-tu donc, traîtresse?

Fleury lit cette lettre au Public de la salle, qui y répond

en demandant la rentrée de l'actrice et celle de Mademoiselle Haucourt, ce qui met un terme à la discussion.

Mademoiselle Candeille quille le Théàlre-Fran^'ais du t'aubourg Saint-Germain, pour celui de la rue de Aichelieu.

Labarpe demande à l'Assemblée nationale raffk'ancbissement de toutes les entraves relatives h l'exercice, comme aux développements de Tari dramatique, et que le Droit des atUeurs soit légalement fixé.

Larive fait présent à M. de Lafïiyette d'une cbalne de col qu'il tient d'un descendant de Bayard, dont il a excité l'admiration dans la tragédie de de Belioy, sur le théâtre de Grenoble.

C'est au domicile du général entouré d'amis, que se réalise cette offre accompagnée des vers suivants :

D'un ordre ebéri des gneiriers,

Celte antique et simple parure

Dans les combats ornait Tarmure Du plus bravo des chevaliers.

Qui, mieux que vous, aurait des droits sur elle? Comme Bavard, sans reproche et saiis peur.

Sage, yaillaat, à vos devoirs fidèle.

Chaque Jour vous olitfent une gloire nouvéHe; Et, malgré les complots de Tenvie en Airemr, Vous sortez des dangers toiifjours calme et vaimiuettr.

LE theatre-kk\N(,:ais. m

Boursault (ci-devant Malherbe» dont ooua (mrioosà l*aa* née 1786) élève la salle du Théâtre-Uoltire^ dana la rue Saint-MartiB.

D'assez bons acteurs y jouent quelquefois lies pièces presque dignes du Théâtre-Français.

Les camarades de Larive, abeent du théàtrCt font près de lui des démarches pour obtenir sa rentrée.

Le traj^édien liiiii par y consentir, aux co millions qu'il jouera en Amateur libre, sans appointeuienis, sans aucune part dans les revenus du ibéàtre, sans paraître dans les pièces nouvelles, et enfin avec la facullé de se retirer aussitôt que ses forces le lui conseilleront.

Il joue Alceste, du MnosUhrape^ saas trop de sucéès.

Naudel vient annoncer au Public de la salle que, désormais, le théâtre abrégera ses Clôtures annuelles de tout le temps que l'on désirera, et que, par égard pour les classes les moins aisées, six cents places, à des prix modérés, vont être ajoutées à celles renfermées dans cet(e localité.

Op demande que le Discours d ouverture qu'a dù écrire €liénier, soit lu par Talma.

Naudet réjiDiiii que 1 auteur n'a pas eu le t(Mni)s de s'ac- <|uiUer de cette promesse, et il en oû're un de sa façon, que les spectateurs acceptent.

Il est bruit delà fondation d'un Second Théâtre-Français.

Les Comédiens y répondent en invoquant leurs anciens Privilèges qui en interdisent rétablissement.

Arnaud Baculard, la bonté des gens de lettres» demande à emprunter à M. Necfcer, dont il estdéjb le redevable, douze

cents livres, par un à-compte de liuit cents. — -Le Minislie lui envoie m loms^

« le crois qu*atteoter au four d'un auteur, e*est» en

quelque laçon, atieiiier à sa pi upiiétc.

«1 Mai»o.nnëi:v£. »

La Comédie-Française perd le double Privilège diaprés

lequel elle a pu, jusqu'ici, s'emparer des acteurs habiles à se disliiiguer des autres dans loule l'étendue de la France.

Décès de Brizard, né à Orléans en 172t,

Ët de mademoiselie Quinault Painée.

Début, dans les Jeunes premiers des deux genres» de Dupont, élève de mademoiselle Raucoui i.

Champville est Pensionnaire depuis 1784.

Mademoiselle Mars cadette^ fort jeune, débute sans conséquence, dans les Ingénuités^ au Théâtre de Versailles.

Aux Comédiens fran^uu^. •

Soyez certains, messieurs, que je désire autant et plus que vous, et que je fais et ferai tout ce qui est en moi pour empêcher l'éternelle scission que je vois prête, et qui est bien la plus déplorable chose, pour nous et pour vous, qui puisse arriver au théâtre Pay» / joyeusement vos auteurs, et qu iJs vous fasseiil de si bons ouvrages, qu'au lieu de leur doiiut r 25,000 livres par an, vous ayez, chaque année, à leur en payer cent; car, au lieu de 700,000 livres, il vous restera, pour baffrer et gobeloter, plus de deux millions et demi, que je vous souhaite, à nous aussi, au nom de Tart, des talents réunis, de la concorde et de la paix, qui soiU les dieux de nos succès communs, et je le signe :

Beaviiarguais.

LE THËAXAë-FKANÇàIS. i 37

Contrairement à Tusage adopté et suivi jusqu'à présent, la Comédie donne les Entrées a madaaic Âmault, femme du tragique.

Les cendres de Voltaire sont portées au Panthéon, conduites par des hommes vêtus à Pantique. sur les dessins de David. — Le char est traîné par douze chevaux. — Il y en a deux qui sortent des éouries de la Reine, violemment revenue de Varennes depuis quelques jours.

Grande affaire au Champ-de-Mars, oii la Garde nationale riposte aux attaques avec beaucouj* de vigueur. — Plusieurs Ck)médiens français s'y tout remarquer.

On parle de lettres écrites par Molière. — Faux bruit. Graudaieiiil est Pensionnaire.

L'Assemblée nationale règle, par une loi scrupuleusement édictée, les rapports d'ordre, d'intérêts, de convenances et de renommée qui peuvent exister entre les Entreprises dramatiques et les écrivains dont les travaux assurent la fortune de ces établissements.

Rapport de Beaumarchais, discuté chez lui par Molé, Fieury, Dazincourt et Desessarts, d'après lequel il ne sera plus alloué aux €!omédiens français que 700 livres pour leurs frais journaliers, au lieu de 900 précédemment fixés.

Pendant une représentation du Théâtre-Français, on signale, parmi les spectateurs, le nommé ûrouet, Maître de poste à Yarenâes, et qui vient de recevoir 30,000 livres pour sa part des deux millions promis aux auteurs de l'arrestation du roi sur cette frontière.

La recelte d'une soirée de la Comédie-Française éprouve une baisse inaccoutumée, par suite du décret de TAssem*

m LE TUÉATRE-FEANg^iS.

blée nationale portant aboHîUmdu Cérémcmal usilè pour le

jour de l'An depuis un temps immémoi lal.

Le tragédiea Saint-Prix se signale par un trait de dévouement qui pourrait iui coûter lûen cher.

Depuis le retour de Varennes, toute communication pertonnelle est interdite entre le Roi et la Reine^ retenus dans le château dos Tuileries. — Ils sont séparés par un long corridor qu'occupe, jour et nuit, une seatmelle dont la consigne est, sur ce point, des plus sévères.

En sa qualité de Citoyeu-soldat, Saint-Prix, aussi souvent de garde à ce posle qu'il puisse Têtre sans éveiller les soupçons, non-seulement facilite des entrevues aux augustes prisonniers* mais encore, pendant toute leur durée, il fait le guet pour éviter les surprises.

Cette action d'un si rxi t lliuu homme n'a rien qui étonne, mais elle iaquiéterait beaucoup ses nombreux amis, s'il n'en avait pour confident que lui-même.

L'Assemblée natioMnle al)olit la Censure dramatiqm qui subsiste depuis 253 ans sous une lorme ou sous une autre. Relâche à cause de la mort de Mirabeau.

Madame Bellecour se retire une seconde fois.

Mademoiselle Fleury est reçue Sociétaire.

Micbot vient, de chez Audinot, débuter dans les R6le$ comiques, — Il entre dans la Société.

Il a commencé au petit Théâtre des Beaujolais^ privilégié par le duc d'Orléans.

Damas» venant aussi de chez Audinot, débute dans les IciÊMi-pfcmim des deux genres, à la Salle-Montansier du

Palais- Royal.

Le Théâtre-Français de la rive gauche joue- au béuélice des pauvres.

Digiti^uG

LE THBATA£*FA ANCàlS. 4 39

Mademoiselle Mézerai, fille du limonadier de cespeciacle, y débute dans l^s Jeunes-premières.

URE ARRliRB-PBmB-POLB DB CORIVEILLE.

M. de Malefiberbes donne de nouvelles marques dintérét àTArrière-pelite-fille de CornetUe, dans un Mémoire qu*il rend public.

Collia-d'Harleville se joint à ceUe bonne action eu laisuut connaître le domicile de rintéressante héritière.

Oëlibéraiion de la C^niédie-lTauçAiiie. *

«La Comédie-Française assemblée, instruite par M. CoUiod'Harleville, qu*îl existe, dans la maison qu'il babite, une

Pcuie-tillu de l'iii 10 Corneille, dont la fortune est excessivement médiocre, a arrrêté» à la majorité des voix, de supplier ladite Jeanne-Marie Corneille, descendante de cet illustre auteur, d'accepter de la Société des Comédiens fhmcais ordinaires du roi, une pension viagère de trois cents livres, comme un faible hommage de recoii naissance et de respect rendu à la mémoire de ce grand bomme. I^adiie pension commencera à courir du premier septembre de la présente année.

« Molé, Fleury, Contai, Lachassaigne , Devienne,

Ma.ssoih Dunanl^ Uaucourt^ Florence, Dmincourt,

Joly, Larochelle, Fetii.

II Fait à FAssemblée, ce lundi 22 août 1791. »

Talma s'est ravisé. U revient à ce théâtre, où la troupe se trouve au grand complet.

Décès de Bret, Tauleur, né à Dijon en 1717.

140 LE TH8ATRB-FRANÇÀIS.

Des calculs faits par Beaumarchais, constatent que pendant sept années, les Comédiens français n'ont « payé aux « auteurs que le m^^t-troisième de leurs bénéfices» équi' « valant au traitement Sun seul d'entre eux ayant Pari enif. titre, »

Il présente à TAssemblée nationale une pétition en laveur de cette classe de gens de lettres.

Les Acteurs perdent la qualification de Comédiens ordi'mires du roi.

Des divergences d'opinions politiques déterminent Talma, Grandménil, Dugazon et mesdames Yestris, Desgarcins et Llinge à se séparer de la troupe du Faubourg Saint Germain.

Plusieurs vont au PALAis-RoYAL-^ainl-iTonor^, dans la salle dite des Variétés amusantes^ entreprise dirigée par Dor-

feuille, Tancied acteur, et Gaillard, son associé.

Ces messieurs tiennent la localité d'un contrat passé entre • eux et le duc d'Orléans, propriétaire, et dont le château est compris dans remplacement donnant sur la place du Palais Royal.

Ce spectacle succède à ce qu'on a vulgairement appelé la Baraque de bois, par transmission du Théâtre du Sieur VÉcluse, qui a commencé à la Foire; puis,àlaruedeBondy,

et vint enfin se fixer a celle place, où il acheva de se ruiner, de perdre même jusqu'à sa liberté.

Cela s'appelle à présent te Théâtre du Patois-Royat,

C'est la minorité des artistes du Faubourg Saint-Germain

qui vient s'y réunir.

Mademoiselle Simon y débute dans les Jeunes-premières* De ce cété, et dans le même temps, le Théâtre-Montan-

sier du Palais-Uoyal, possède Baptiste aîné, Grammonl,

LB THfiAm-FRÀNCAIS

Damas, Lacave, les deux Demoiselles Sainval et mademoiselle Mars ainée*

On y représente une Mort ^Ab$U rivale de la tragédie de Legouvé et Tœuvre d*un M. Ghevalier.

Grammpnt y joue le rôle de Caïn, et Damas celui d'Abel, tandis que Saint-Prix et Dupont représentent avec un grand succès ces deux personnages à la rue de Richelieu.

Mademoiselle llontansier quitte cette direction.

Thérèse Levasseur fait demander au Théâtre-Français une représentation de P^gmaHcn^ dont le produit soulagera sa détresse.

A smintemédiaire.

La Comédie-Française, sensible aux ^citUmenls de bienveillance que vous lui lémoii^noz, me charge, monsieur, de vous remercier de ravoir mise à même de rendre à madame Rousseau le tribut de reconnaissance qu*elle doit à la mémoire de Jean-Jacques. Je tiens particulièrement à honiieur la mission doui elle me charge et le plaisir de me dire fraternellement» etc.

JEAN Amable Foucault Saint-Prix.

Les Pensions des Comédiens français sont rejetées du Compte du Trésor public.

À itx Comédiens,

Je liai aucune pari au produit de Pygmalion depuis

que cette pièce est au Théâtre-Français, auquel je sais que

Digi[i

< 41 LE THË ATRë-FRàNÇâIS.

mon mari l'avaii abandonné .... Je renonce, comme veuve de Jean^Jacques, u tout ce qu'elle pourra produire après la représentatioQ dont vous faites le sacrifice en ma faveur.

M. T. Levasseur,

Des peines sont pariiculièrement décrétées contre les vols commis dans les salles de spectacles.

La Gazette annonce les spectacles du Théâtre.

Le Ministre de rintérieur donne au Théfttre-FrançAîs un

encouragement de vingt-cinq mille livres.

Des bruits de Censure circulent à propos de l'instaliation de la Convention succédant à V Assemblée nationale.

Ces rumeurs n'ont, pour résultat, que desimpies restrictîonSf la plupart favorables aux intérêts généraux du moment.

Retraite de mademoiselle Sainval cadette.

Dupont est Pensionnairei

Mademoiselle Lange fait un second début.

Baptiste cat/e^ quitte la Montansier, et va débuter, toujours dans les Grands Seconds-comiques , à la rue de Richelieu.

Champville entre dans la Société.

L'Entreprise prend le titre de Théâtre de la Liberté et de l'Egaiité.

La Comédie permet que la réception d'une pièce de Collin- d'Uarleville soit profitable à mademoiselle Andrleux» sœur, qu'elle fera jouir de ses Entrées.

« Au lieu d'une lettre de remercimenl, je voudrais

LE ïtiÈATKK-FKANÇikiS. 143 bien envoyer à la Comédie un bon ouvrage. L'ouvrage viendra ; je m'en occupe, et peut-être qu'avec l'aide de Dieu et de CoiliB, il sera bon.

Andbibox.

Graiidiiieiiil est reçu Sociétaire»

Talma est père de deux jumeaux qui meurent

Le Décret de la Convention nationale qui subsiilue la dénomination de Citoyen et Citoyenne k celle de Monsieur et de Madame, trouve de chauds partisans qui demandent & baute voix (dans la salle) que les acteurs y obéissent pendant la représentation des pièces, sans en excepter celles ifui sont en vers. — La cumédie passe ainsi, du théâtre, aux spectateurs.

Dugaion quitte le Faubourg Saint-Germain pour aller à

la rue de Richelieu.

Parmi les personnes qui commencent à porter le Bonnet rwge^ on ne compte que deux Comédiens du Théâtre- Français.

L'Autorité ordonne que 1 on chante sur les théâtres la Camaffnote et Ça ira. composés pour la féte de ta Fédération^ au Ghamp-de-Mars.

La représentation à' Adélaïde Dvguesclin est interrompue par une émeute de Bonnets rouges, qui n'aboutit à aucun malheur.

Mademoiselle Contât cl mademoiselle Raucourt reparaissent au Théâtre-Français de la rue de Richelieu. (Ainsi nommé pour le distinguer de Tautre.)

Joué par Talma, Monvel, mesdames Vestris et Suin, le Caïus Gracchus» de Chénier, fait grande sensation, mais il

Digiii

444' LE THÉATRE^FRANÇÀIS.

n'en lésulie rien d'assez imporlant pour que la paix du spectacle en puisse être sérieusement compromise.

De retour en France, Monvei reparait à ce tlicaire.

11 est admis, tout aussitôt, au nombre des Sociétaires.

Malgré révidenlc faiblesse de ses moyens, il jone dnns les deux genres, mais des rôles appropriés autant que possible.

Clôture momentanée du Théâtre.

La Section de Saint-Joseph, Commune de Paris, prend io titre de Section de Molière . .. et de Lafoîilmnc, ei ordonne que les restes de ces grands hommes seront exhumés de celte enceinte, pour être placés dans un lieu convenable.

Les Auteurs dramatiques admetlenl, j)Our la représentation de leurs ouvrages, une rélriùuitou proportionnée aux recettes^ en faveur de quelques théâtres de Province.

Signé ; Sédai7iey Caroîide Beaumi rckais^ OJiénier^ Dubuisson^ Cailham^ Radet^ JhsfoTUaines^ de Santerre^ de Sade^ Leblanc et même Orétry^ Dalayrac , Marsoîier et Framery , ce dernier Fondé de pouvoirs pour tous,

NOUS HGTOtJlINONS AU FAUBOURG SAINT- GERMAIN.

Décès de Goldoni, né & Venise en 4707.

Le Théâtre de la Nation s'appelle celui de l'Egalité,

Pour obéir à TArrêté du Direcloire du déparlmcNf de Pî>m, relatif aux Monuments nationaux, Je Théâtre écrit

sur sa façade : « Umté, indmfibiiiié de la Eéptétifue fran- « eaise^ liberiéy égalité, firtUemité^ on la merl. •

Toutes les aclricos se présentent aux répétitions avec la cocarde tricolore sur leur coitlui e, pour n'être pas déclarées sutpeetes, et, en cas de récidive, mfeméei Jusqità la paix,

Alexandre Duvai tient toujours un modeste emploi.

Uoe mesure d*ordre et toute morale, cause néanmoins quelque tort aux recettes du Théâtre-Français de la rue

Richelieu, en cloigiiaiiL les étrangers de ses alentours. Toutes les filles du Palais-Royal sont arrêtées et conduites à la Salpétriére.

Retraite de DunanL.

On reçoit au Faubourg Saint-Germain mademoiselle Mézeray Sociétaire,

Dupont, également.

VMXL ME MUL

Comédie de laya.

Première représentation jouée par Fleury, Saint-Prix, Sailli PUal, Naudety Larochelle, Dupont, Cuumoat et madame Suin.

L*auteur, demandé, se montre aux spectateurs. Neuf jours après, la Commune défend la représentation, i ouvrage comme étant accusé de pei h lantisme.

Les Comédiens, qui rignorent»rafliclient. — Grand bruit.

Cependant la pièce est rejouée et le Public sort du théâtre à uue heure du mauu, chose inouïe.

Laya va otl'rir sa pièce à la Convention nationale,

io

146 LE TUÉATRE-FRAiNCAlS.

€0B8iill68|»r DakiBeourt, «i miUeu d'un viole&t (ttnudlet l68 ^pe^leun ùxmt le jour dTane aoimlle repi^ésentaiioB .

Le général Sanlerre, chargé de s'y opposer, ne réussit point dans cette mission, qui n'a pas pour elle la mcyorité du PubUo aasemblé dans la salle.

En ea raidiiit coapte i la ConventioB* il dit :

« J'âé voulu arrêêer la pièce .... 2e peuple m'a /ail

c ie$ acteurs .... Tai cru qu'an allait m jeter dam les, . . >

Pierrard.

Dix-neuf jours après avoir prononcé cette piteuse harangue, Santerre joue un rôle de toute autre nature, secondé par un subordonné, hélas I trop doc^e à son commandement.

Sur un geste de sa main, le nommé Pierrard, perruquier de son état, et Tambour-major dans la Milice citoyenne, fàit battre le funèbre rovknmt dont Técbo retentira dans riiisloire..*...

Le malheureux exécuteur de cet ordre s*en impressionne lui-même, h tel point que, depuis, il ne peut entendre parler de cet événement sans être saisi d'un attaque nerveuse qui >M0 M tU$^ inerte et méconaaisiablai sur roue 00 raaire de saaépattta elle ftdt aurnommer U Trembli^*

Le Parterre demande qu'à défaut de la représentation, ou lise i'Am du JLne sur le thé&lre.

Des jeunes gens passent par^dessus roreheatre et se partagent, sur la scène, la lecture de la pièce, au bruit des acclamations de toute Tassistance.

Digili^uG by GoOgI

Enfin les irspréseiitattoiis sont sospendim Arr érdtel

D cerclé d*accusaiion, Laya ne se montre plus dans son domicile.

A celte nouvelle, Danton s'y teni et dit à Ut femme de cet écrivain :

« Citoyenne, si ton mari, qui est mon ami, ne trouve point «d'asile, qu'il en accepte un chez moi; on ne viendra c certainement pas Ty etierober. »

Molé joue le rôle de Marat dans un A-iHtapùBi

Mademoiselle Contât cherche à ramener sur elle l'aitention distraite par les événomenls publics, et, pour cela, elle joue un rôle de vieille lemme.

Elle n'y réussit pas.

On trouve l'occasion de Ten dédomma^^er. — Molé vient Kre au public un Eloge de Préville* — Ûuand il nn ive k nommer la parfaite Contait les braves se font entendre de toutes parts.

Puis, on lui crie, de plusieurs côtés : < ie parfait Molé I ^

On décide rabolition des CoMPumm au PuUic lors des

Clôtures et Réouvertures du Théâtre.

Début de mademoiâaUe Lange dons les Jeuws preméres.

La Cùmmfhn se débarrasse, par un Orétê «fa/otr» motivé,

de la quesUoa diLe (it; l'Ami des Lois,

Le Comité de salut public arrête que le Tbéétre ci-de* vaut français» de la rue de Aidieliett se nommera Théâtrê

du Peuple et sera « uniquement consacré aux représenta-

« lions doiiiiccs de Par el Pour^ à certaines époques, et

44a L£ THËAïaË-FRANÇAlS.

« qu*on entrera qu*avee une marque particulière délivrée

seulement aux patriotes.

« Ôigwé ; Barrère^ Prieur et Oollot-dr'Eerbois, »

Ce qui n'empêche pas rinstitulion de prendre, en rouvrant ses portes, le titre plus simple de iheàtre de la République.

Baptiste aîné, venant du Théâtre de ia rue Culture-Sainte- Catherine, eutre dans la troupe pour y jouer les Premiers râles des deux genres.

Devigny qui a débuté, il y a trois ans, àTOdéon, se montre à ia rue de Riciielieu-Saint-llonoré, ei est reçu.

Au théâtre du foubourg Saint-Germain, dit de la Nation, Préville a le tort de reparaître affaibli, presque aveugle, et-

commet la faute grave de dire, dans la scène de jeu du Bouaau BmmisANT ; a £chcc au Tyran l » lui si redevable envers la Royauté i — 11 s'éclipse.

Le ThéAtre, dont l'administration n'est plus partagée par Dorfeuille, est maintenant géré par Gaillard en Société avec dix ou douze de ses acteurs.

iPmttéi* ou la Vertu récompensée.

On donne ce dramt? de François de Neufchâteau, joué par Mole, Fleury, Saint-Phal, Dazincourt, Dupont, Dublid et mesdames Devienne, Lange et Mezeray.

La pièce est interdite à la quatrième représentation, pour cause de tendances arisioeratiques.

Permise et annoncée. — Défendue de nouveau.

Enfin, jouée pour la neuvième représentation.

Un speclatcur, interprétant mal le sens de deux vers,

LE THËATHK-FEâN t AiS. 1 4t

i> eciie : « Point de tolérances poHliqties, c'est un erimeU Il est mal mené par toute la 8aik> et va porter plaiote à ta

Société des Joisobim.

Le lendemain, à dix heures du matin, tous les acteurs de

la troupe sont mis en état d'arrestation, excepté Molé, par

faveur spéciale, et Desessarts qui est aux £aux de Barrôge*

L'àatear du drame est compris dans celte mesure* qui

s'exécute par ordre du Comité de salut fmbtie.

La salle est fermée.

Les Comédiens sont incarcérés, les hommes aux Maâeloth

nettes, et les femmes à Sainte- Pélagie.

On rapporte, à ce sujet, la réllexion philoi>ophiquc de Saint-Prix, plaignant, dans sa personne, « te Moi des rois rédmit à balayer sa ehasnbre* s

Voici quels sont les ai listes do la Iroupc au moment de cette triste séparation, et l'état actuel de leurs services.

Messieurs:

Mule, au llk'àlru depuis ^^2 am.

Desessarts, depuis 20 ans.

Dasincourt, 15 ans.

Fleury, 15 ans* BeUemont, 15 ans.

Vanhovc, 1 i ans.

Florence, 14 ans.

Saint-Phal, 9 ans.

Saint-Prix, 0 ans.

Naudet, 7 ans.

Dunant, 6 ans.

Champvilie, 3 ans.

Dupont, 2 ans.

Alexandre Duval, récemment.

Mesdames :

Lachassaigiic, admise depuis

24 ans.

Raucourt, j^û ans Suin, 17 ans.

Contatt 16 ans.

Thénard, 12 aub.

Joly, 10 ans.

Devienne, 8 ans.

Emilie €k>nftat, 8 ans.

Petit, 8 ans.

Fleury, 2 ans.

Mézeray, moins de 2 ans.

Ët Lange, 3 mois.

180 LB mATRB-PflAIIÇAfS.

Décès de Lemierre, Fauteur tragique, né à Paris en 4733. (éBs deux sœurs Sainval sont chez la Montaosier.

Larive esi parucuiiér^mcat arrêté comme Su$pecU

On le réliobe par ordre des ÀdmMtêratwn i$ la polim.

Un journaliste demande qu'il soit « réintégré à la Force. »

Après cinq mots de captivité, mademoiselle loly i^lient sa liberté, sous la condition de s'engager na.lMâire à$ la

RépMique^ ce qu'elle se hâte de faire.

11 en est de même de madame Petit poursuiTle par rameur de Sobespierre*

Retirée de VOdéon «ui se préparait h la monter, oelta tragédie ne justifie en rien les craintes qti'avait fait conce

voir son sujet.

Après la réussite, Talma vient nommer ratrteur et dire que ee dernier demande à lire tm Oàf au Pobllc.

iabarpe se présente, reftise un fouteuil que lui oCRre Tac* teur, et lit son morceau de poésie républicaine.

A cette même roprésciiluLiou, un jeune homme inconnu vient, à son tour, offrir de chanter un hymne patriotique commençant par ces mots : « Âll(m^ enfanU de la Falriel n

Une grande rumeur s*élève en sens divers, et le chant n*a

pas lieu.

Mademoiselle Contât ftdt nne absence de Paris, pour eauae

pu sous prétexte, de position intérmunte.

Digiti^uG by

LK THKATRK-FRAISÇÂii>.

Mirée iMfilëflMiMMUbIc.

Le Théâtre donne le Dernier jugement des rois, par Sylvain Maréchal, ouvrage où les plus simples coQveaances sont audacieusemeat violées.

Dugazon y représente le Tape, Michot rempuicur tic Russie, Baptiste cadel le roi crEspague, et ïixbbi Maury y est, en outre» nominativement désigné.

La représentation a tous les caractères d uuc uigie.

Entre deux pièces, Laîs, Cbéron et Renaud» artistes de . ropéra, exécutent une Cmiaie NiUiimaU.

Le représentant Lakanal aeeuse» en pleine dmomiion, les

Comédiens « d'usurper les droits des auteurs et de jouer « leurs ouvrages iom la permission de ces gens de lettres. »

Des amateurs de Tart dramatique reprochent à ces mêmes acteurs leur peu de soin pour la mise en scène.

Ils constatent que les plus intelligents ne se font pas faute d'entrer sur le théâtre et d'en sortir par les murs, les glaces» les fenêtres, les boiseries, etc.

A Tappui de quelques autres singularités négligentes» on remarque que madame Suin représenta une fée avec une robe eutièreinent à la mode républicaine, et un éventail à

la ouiio.

Dugazon donne le Modéré, un acte en vers, dont il est

l'auteur, et dans lequel il joue le rôle principal.

A ce sojet, on lui rappelle un souper retentissant ches Dumouriez, et pendant lequel il a plaisanté Narat d'une Ih

loi LE THÉÂTRE-FRANÇAIS.

çoii liès-piquante, souvenir favorable au courage comme au talent «tu grand comédien.

Dupont, Vanhove, Larocbelie et madame Petit, relaxés aux mêmes conditions, que mademoiselle Joly, se rendent au l%éâlre de la Bépublique^

Retraite de Dunant.

Mademoiselle MontansierMlit, dans la rue delà Loi, visfà-vis la Bibliothèque nationale et sur remplacement de TIiô-

tel Louvois, une vaste scène, dite d'abord, Théâtre National, et destinée à la réunion de tous les genres de premier ordre.

On rouvre par un Prologue^ un drame et une comédie.

Mademoiselle Devienne» qui a obtenu particulièrement sa liberté, s'engage à ce théâtre.

Molé contracte le même engagement.

Plus tard, 011 y voit Talma, Grammont, et mesdames Vestris, Desgarcinsi Sainvai aînée et Lange.

On dit, on répète, et même on imprime de plusieurs Côtés, que le public attend le supplice de Fieury, de Larive, de Dazincourt, et de mesdemoiselles Contât, Emilie sa sœur, Lange et Raucourt.

Cependant, Fieury vient d'être mis en liberté.

Le titre de TEwireprise de mademoiselle de Moiuansier est changé eu celui de Théâtre de la République et des Arts.

Michot lit au public de la salle un hymne patriotique

composé parTrouvt'i . (Plus lard baron).

Le Théâtre joue au bénéfice des blessés, veuves cl urplic-

LBTUËATRE-FEANCAIS. t53

Uns par suite de Texpiosion de la Pouiii icie de Greaelie.

Malgré le froid prématuré, le feu b allume plus tard (ju a Tordinaire dans les deux Foyers du théâtre, parce qu'on vîeni de découvrir des fleurs de lys sur les plaques de cheminées, que le Péeret de la Convention ordonne de retourner.

Le Tlié&tre-Français est de nouveau consacré» par Arrêté du Comité de salul public, aux représentations ifo Pur ^pwr

le peuple.

Les échos de la Commune retentissent de ces foudroyantes et ridicules paroles de Chaumette :

« ie dénonce la citoyenne Montansier comme ayant foit « bâtir une salle de spectacle pour mettre le feu à la Biblio-

« thèque nationale. »

Il demande aussi que « tous les acteurs, actrices etDirec- « leurs de tous les théâtres de P^ris passent à la censure du « Conseil. »

Bien qu'adoptée de prime-abord, la motion n'a pas de suite.

Le Gouvernement adjoint une Classe de déelamalion au Conservatoire de musique, qui la sollicite.

Sur la recommandation de son médecin, mademoiselle Pleury, la tragédienne, n*ose pas refuser, chez elle, un asile momenîané à Marat réduit à se cacher.

Décès de mademoiselle ilesmares.

Nonobstant la nature des événements politiques, le Tbéà* tre-Français a joué, cette année, huit pièces nouvelles. Il est assez remarquable que ses intérêts pécuniaires aient,

154 ifi XUiSATBË-FftANÇAlS.

tour à tour, profité et souffert de la concurrence rôsuUaat des fêtes nouvellement instiiuées, savoir : celles de la Prise delà Bastille. —De la Fondation de la République, — Du plus Triste des ADDlveisaires* ^Ihla Saweraineié dupeupie. — De la Jeunesse. — Des Épom, — De la Maison» De ia Meconnaissance, — De rÈtvc Suprême. — I)e r Agriculture. — Du 10 août. — Des Vieillards.— -De la Liberté.— Du 19 Frtwti4o$* a» //. — />« 18 Frucùdor an V* — £i du Dernier /our

eoB^lémeiUairf. — A ces oecasionst les salles pleines el les Relâches se sont à l'eavi succédé. ^

Fabre d'E;giantine, condamné, est encore à la Conciergerie. — LUaventaire administratif des effets à son usage dans sa cellule, Oftit trouver, entre autres objets relatifs au soin

de sa personne, six volumes de Molière, cent-cinq sous en assignats et dix-sept sous de billon.

Il périt victime de la Révolution pour laquelle il a négligé le culte des lettres. — Il était né à Carcassonne, en 1755.

Mort semblable de 'Grammont qui» jeté dans les aventures révolutionnaires, a quitté le théâtre pour le grade de Général, et périt sur l'échafaud avec son fils qu'il a pris pour Aide-de-camp.—- Les passants les ont reconnus parmi tel nombre de victimes qu'elles emplissaient trois charrettes.

C'est de Grammont celte allocution au Public qui l'applaudissait avec transport après Tavoir sifflé à outrance, un jour qu'il remplaçait involontairement Larive. {Voir à Tmnée 17830

«Messieurs, je suis pénétré de voue bontés mais pour.

LE Ili&àIJUi'f MAN^. m

t que je vous en témoigne toute ma reconnaissaDce, je vous

« supplie d*attendre qu'elle soil aussi désialoressée que vo- « tre iadulgeace. » — L'amplugouri était trop serré pour ne paa réussir. — On impute à oe singulier persoooage la paternité de Cc€(hThimrâ*

Mademoiselie Lange est reçue Soeiiiaire.

Décès de Ghampfort, né dans TAuTorgne en 1741. Baptiste €fné est admis dans la Société.

(Jq mouvement rétrospectif de Topinioa se manifeste thcL le Public du Théâtre-Français. — L*acteur Fusil» que Ton accuse d'excès révolutionnaires, notamment d^avoir

été aide-de-carap de Collot-d'Herbois (qui n'était pas Général] reçoit, des spectateurs, riujonctiou chduiev ïq Réveil du Feuple,

Sa voix tremblante l'empêche d'obéir.

On appelle Talma, que l'on charge de lire cet hymne, et qui le fait, ayant à sou cùlû Fusil leuauUe ilambeau dont la eiarié soulage la vue basse du tragédien.

CaumonL reçoit le iiLre de Sociétaire.

Mort de Desessarts, par suite de Témolion que lui avait causée l'emprisonnement de ses camarades»

Il était né à Langres, en 1740, et n'avait pas quitté le tbéfttre.

Réuûious iiouveiles des uiuieurs contre les Comédiens*

Dazincourt, qui a été ie dernier retenu, a cause de ses antécédeius royalisteSf retourne dans la troupe du Faubourg Saint-Germain.

f 11 y trouve LarochellCt qui a quitté le TMàlxû d$ la MépÊh

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