‹ Le Théâtrefranc̜ais monument et dépendancesChapitre 12 sur 18 · MÉMORANDUM— APPENDICE · texte numérisé non relu

MÉMORANDUM— APPENDICE

Mous ne saurions trop le redire, on n'aura jamais une

idée sullisante du désordre qui existe dans les relations écrites sur tout ce qui concerne les alTaires et .les événements du Théâtre. — Signalé de toutes parts, depuis les . premières fautes de ce genre jusqu'à celles qui demeurent enoore ssns solution convenable, ce trouble ne ftdt que s'accrottre et menace de se continuer éternellement.

 qui cependant doivent s'adresser les historiens amis de l'art et désireux d'y r^[>andre la lumière? — il semble que ce soit d'abord aux contemporains des époques dont on veut rappeler les souvenirs; puis, à soi-même, si l'ona vécn assex longtemps pour consulter avec fruit sa mémoire.— Eh bien^ cheas les premiers, les livres n'ofirent qu'incertitudes, doubles emplois, erreurs de toute natures enfin, une indéchiffrable confùsion née de la plus injurieuse indifférence. ^ Nous en donnons, plus loin, une preuve qui dispensera de recourir k d'autres. — Celle ressource épuisée, c'est donc à ce qu'Qu a vu, 4e m dem yem vuy et entendu de ses deux

LE THliATftE-HiAiNgÂlS.

oreilies pour ainsi dire mémoralives, qu'il fftut s'en rapporter, si l'on tient à être plus exact, mieux renseigné que les prédécesseurs. — Tel est, de ces deux partis uniques, celui auquel nous nous sommes expressément atlaché, tout en recevant les meilleurs secours possibles de Fautre.

Malgré tant de soins, malgré l'opiniâtreté de ce douiUe travail de la pioche et de l'imagination, il reste encore dans ce livre des choses sujeties à controverse et sur lesquelles personne n'est, jusqu'à présent, tombé d'accord avec l'évidence. — Réduit à voir le Vrai se dérober à notre poursuite, il a donc fallu nous arrêter quelquefois au Vraisembl^iijle, aux opinions qui réunissent le plus de monde, ce qu'on peut qualifier de Suffrage mmml appliqué ù la littérature dramatique.

Cette situation reçoit une certaine importance des avantages qu'y trouveront nos successeurs en s'aidant des moyens que nous leur offrons pour se rapprocher encore plus près du but et rassembler de plus vives clartés, résultat probable de la marche du temps.

Voici l'exemple des étranges difficultés dont nous par- Ions. Il ressort du début de Talraa, un de ceux assurément qui méritaient le plus d'aUeniioo. — Quelques écrivains le signalent à Tannée 1786.~Dn ancien commensal du Théâ* ire-Prançals, ayant les registres sous les yeux, le constate à 1785. — Et TAlmanach des spectacles, espèce de vivant Monitpur des théâtres, à cette époque, dit positivement à Tannée 1789 : « Za 2t novembre 1787 M, Talma a débuté « par le râle de Séïde dans Mahomet. Il est reçu à l'essai. »

n nous a paru tout simple de nous en tenir à ce dernier document, puisqu'il a dû provenir de témoins virtuellement oculaires; et c'est, en réalité, la seule de ces trois versions qui ait de véritables titres à la préférence.

tE ïdËÂTKE-FUANÇAlS.

Maintenant nous rentrons plus rassurés dans ce champ

dont nous venons de nous écarter pour acquérir la cci liLude d'y marclier sur des traces d'une empreinte ineffaçable. Il a été si négligemment moL'^noô que, pour utiliser les épis tombés de tous côtés, nous avons dû revenir sur nos pas et . les ramasser encore les uns après les autres, dates par dates.

— Ainsi, eii

Hauteroche, qui était au Théàtre-du-Marais, passe à

motel de Bourgop^ne sans que Ton ail dit en quelle année. —

— Mais en 1G80 il faisait partie de la troupe formée par la rémUon des lliéâtres et sa reiraite date de

0aacourt vient au monde le même jour que le Dauphin, fils de Louis XIV. — La remarque n'était pas à rejeter, il Ta même consignée dans une épltre dédicatoire adressée au Grand Dauphin.

Mademoiselle de La Traverse a bien été Sociétaire une année après son début, mais il faut ajouter que celle réception eut lieu par ordre de la Cour.

Mademoiselle Dumesnil, si admirable dans le Tragique, joue d'origine, et supérieurement, Iq Gouvernmte de La-

!!5S LE THÉàTRE-FRANÇAlS.

chaussée. — Nous constatons en outre, à l'année 1770, ce genre de talent chez la grande artiste*

C*esl après deux débuts insignifiants, que Molé d'Alainville (et non Dalinville) vient jouer, noiais, cette fois, des Premiers rôles de seconde classe.— En 17.">9 on lui doiiue Detttû part, h la sollicitation de son Irère.— Cependant il s'éloigne et vaen Hollande.— Le surplus de ce qu'on en dit est exact. L'époque de sa mort est inconnue. On tend à supposer qu'elle eut lieu à Paris près de l'actrice qui portait son nom et appartint longtemps au Théàlre-Luuvjjîs sous Picard.

Début de Feulie dans les Premiers comiques. — On le reçoit Pensionnaire, — 11 double Prévilie. — On l'admet dans la Sociiti en 1706. — 11 meurt en 1774.

D*Alainval (et non Dalainval) débute. — il est reçu, d*a* bord Pmsiomaire^ pour doubler Brîzard. — On le remercie en 1776. — Il meurt en 1784.

Les Comédiens français vont jouer la Partie de chasse à

la maison de campagne de oiadeinoiscUc Dangeville.

Louis XV interdit la représentation publique de cette pièce.

^LE THEATAË-FRAMÇâIS. S53

lui.

Louis XVI rautorise.

Le Théâtre joue au Bénéfice de mademoiselle Dumesnil retirée depuis un an.— Pour témoigner l'intérêt qu'il prend

à la célèbre artiste, Dugazon, en grande livrée, représente un valet dont tout le rôle consisle h recevoir uiie lettre.

L injuste réputation que Tenvie a voulu faire h mademoiselle Dumesnii de boire avec excès, parce qu'elle prenait de l'eau rougie dans les coulisses, est due à un méchant mot de Mannontel. — Il atlriliue îi la tragédienne lacliLiLe de ses Héraciuies et clierclie a se venger en disant que, dans la • pièce de Racine, elle joue Iphigénie en,.. Champagne.

C'est dans cette année que mademoiselle Joly est reçue Soctéiaire^ non un an auparavant. — Après son début, en 1781, comme nous le donnons, elle n'obtint qu'une Pro» messe de réception^ vu Tusage de ne point admettre à la

Société avant deux années d'essai, à moins de cas excep- - tionnels et d'ordres supérieurs.

Année du début de Ghampville, au lieu de 1785. — L'acteur est reçu Pensionnaire en ilM,-- Sociétaire en 1792. — Ët retiré en 1804, époque de sa mort.

m LE THÉATM-FKANÇAIS,

La Gomédiefraoçaise fait une pension aux deux enfants de

Bouret, décédé sans foi luDe.

Dans une discussion avec Lalîarpe, la Comédie excipe du naorr, fondé sur un long usage, de ne payer aucune part d*auteur pendant la première et la^ dernière semaine de Vannée. ^ Toutefois elle se réserve de ne point l^exercer

dans les Cii conslances qu'elle juge exceptionnelles, mais sans préjudicier, soit dans le présent, soit pour l'avenir.

La iemmo de Talma, dont plusieurs copistes ont détiguré le nom, chacun à sa manière, s'appelle mademoiselle Julie Gabbau.

Mademoiselle Uyppolyte Mars, que Ton désignera plus tard sous le titre de Mars cadette, joue les Enfants chez la Montansier du Palais-Royal. —Elle y établit le rôle du petit Jocrisse, n*ayaiu à dire que ces mots relatifs à une tartine de confitures : « Mon frère, donne moi zen. »

Damas est au Théâtre de la République.

C'est en avril de cette année que mademoiselle Mézeray a été reçue Sociétaire. — On aurait du écrire Mézerai,

Gbampville est le premier des acteurs incarcérés qui obtient sa liberté. «*I1 se donne beaucoup de peine pour y faire participer ses camarades.

LE THÊATRE-FRANÇAIS. m

Mademoiselle Mars cadette est reçue Sociétaire,

La troupe du Théâtre- Louvois se compose principalement de Saint-Prix, Larive, Saint-Pbal, Naudet, Dupont et de Mesdames Raucourt» Tbénard, Pleury, Joly et MézertI. *

C'est le 18 janvier que les Coiin'clicus français, errants depuis quelque temps, voQl s'insiailer dans la salle de rOdéon. X

Les deux frères Baptiste» Michot et madame Desrosiers font partie de la troupe.

Madame Vestris y va faire une r entrée.

Mademoiselle Mars ainée et mademoiselle Hopkins pren* nent leur retraite.

On croit que Vaohove père est mort vers cette année.

Nouveau doute sur le décès de Mademoiselle Lange, que I les uns indiquent à 1825 et d'autres à 1816. 11 y a vrai- I semblance pour cette dernière époque.

LE l UKATUE-FKANCAlS.

On reçoit madame Valmonzey daiis la Société très-peu de temps après san début

ta

Mademoiselle Brocard y entre au même litre.

Armand Bailly reçoit cette qualificatioD.

Grâceà Taccumuiation de documents que vient de présenter ce MÉMORAiiDuii, les faits s^lncorporant, par les dates,

à tout ce qui précède, on obtient ici l'ensemble le plus minutieusement élaboré qu'en de pareilles ténèbres il soit donné à lapatience humaine d'oser entreprendre et de pouvoir accomplir. — Nous ne réclamons que l'honneur de ravoir essayé.

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