SPOLIATIONS
• Jiy a quelque chose à ne plus faire. '
En achevant ce travail explorateur, d*où la discussion 8*est volontairement bannie, nous nliésitons pas à remplir
un devoir qui en est comme le corollaire, puisqu'il tend à ramener le théâtre en général à sa dignité et à lui restituer l'estime des honnêtes gens.
SeraitHl croyable, si Ton n'en voyait tous les jours les
LE THÉAIKE-FRANJAIS. 2Ô7
preuves les plus accablantes, que de ptéi^rtéixB Auteurs dramatiques usurpassent effrontémenl ce litre par Texercice d'une industrie que, sous d'autres rapports, les lois frappent de leurs cliàtimeiits les plus sévères?
Ces littérateurs au petit crochet, protégés par la nuit qui les enveloppe, se transforment à leur aise en détrousseurs non-seulement des œuvres» mais encore de la mémoire de tous les écrivains morts aux époques qui rendent le larcin plus difficile II reconnaître.
Le sueeèg, si Ton peut déshonorer ainsi ce mot flatteur, pousse jusqu'aux extrêmes limites l'audace de celte téméraire entreprise. — D'abord, les pillards avaient placé leurs noms, la plupart inconnus ou déjà livrés à la juridiction de la publique iodifférence» à côté de ceux des auteurs dont ils dérobaient le tranquille bagage^ — G*était le par&chûte au-dessous de l'aérostat.
Aujourd'iiui. le mot d'ordre de la Colorie aidant, et les défenseurs-nés de la morale littéraire se renfermant dans un silence demi-collaborateur, les forbans découvrent leurs batteries.
Les noms des hommes qui oiU légué leurs pièces de théâtre au respect de ravenh-, sont même effacés^ proscwts ih. l'affiche, et les familles de ces enfants de la postérité (vraisemblablemeat plongées dans la misère) assistent, T^tomac vide, à régoiste absorption de ces repas sauvages.» Leurs yeux sont éblouis par les décorations, cl leurs vêtements éclaboussés par les é(|uipages de ces vendeurs du bien d'autrui, et personne ne proleste pour flétrir cet odieux trafic, pas un cri ne s'élève pour en arrêter le cours 1
A ces voix absentes, et pourlaut si nécessaires» la nôtre
suppléera. Elle n'a en ce moment que le moyen dont elle
dispose ici, et peufc-étre même pour la dernière fois, mais
m LE IJlfiATRË-FRANÇAIS*
du moins elle auia cacore signalé des périls et payé sou tribut à de généreux héritages, — Maintenant, quoiqu'il arrive, elle subsiste.
Pour que notre péroraison soit de couleur moins sombre que Texorde, nous inscrivons, à notre tour, m nom qui les résume tous, celui du dénicheur le plus occupé h transporter sur chacune de nos scènes les inspirations, plus ou moins plaisantes, de feu Piron, Fuzelier, Lesage et d'Qrneval, ces égrillards fournisseurs de nos anciennes Kermesses à peu près dramatiques.
• BANQUIER lïS-LLTTIVES.
Non, monsieur de Leuven n*est pas Très-difficile sur la gloire,
Il la [irend toute faite et sans nul embarras, Dans le Théâtre de la Foire,
Sans respect des vivants, il préfère les morts, Dociles créanciers qui ne sont plus à craindre, Et lorsqu'entre les dents sa verve prend le mors, Pierrot et Golombine ont beaucoup à se plaindre.
U les métamorpliose en vingt sortes de gens, Qu'il a trouvés de même en vingt sortes d'ouvrages. Les tourne, les retourne, et sur ces contingents, Ecrit, comme un Rothschild : « Bmle avec arrérages* »
G*est là sans doute un bon métier, Puisqu'il rapporte tant à son habile maître;
Mais chacun a son goût, moi j'aimerais mieux être
Ouvrier Charpentier.
Ab UHo disce omnes, per secula seculorum.
Sans remonter plus haut que le début de notre siècle, on trouve la composilion artistique de la Contéilîe-Francaisv rcpo^ot, comme par successions, sur l'intéressant ensemble des noms que voici :
Préville, Moli^ MonteL Larite^ Fïeury^ Saint-Prix, Saint-Pkalf Danncouri^ Dugaum, Tûlma^ Oraniménil^ Laroeheîle^ VanÂm>ê, Naudet^ ChampeUh^ Vareninest
Baptiste aîné, Baptiste cadet, Dupont, Bam/is, AftcAot, Lafon, Caimont, Després, Armand^ Alexandre JDuval^ Zacavej Dublin^ Marchand et Faure.
Mesdames : Sainral aînée, Saintal cadette, Raucourt, Contât^ Lachassaigne, Suin^ Baptiste aînée mère, TArffUMrd^ Oandeille^ Détienne, Petit, devenue femme Talma, Jksrosiers^ Vestris, Lange, Simon, Joly, Ophins, Emilie
Contât^ Besbrosscs y Mars, cadette, Mars aînée, Bourgoin^ Buchesnois^ George Weimer, Volmis, Valmonzey et Pa^ radoL
Uu ils soient célèbres, ils combattaient aux Tbermopylesl
A ces béros, sont venus s^ajouter ou succéder :
Michelot^ Thénard aînéj Bevijny, Firmin, Monrose, Perrier, Menjaud, Besmousseaux, Ligier^ Bavid, Bau^ drier, Samson, Cartigny, Joawny^ Pr&vost, Beauvallet^ Ouiaud^ Régnier, Guyon^ Buparai, Jfainineile, Armand
BaiUy, Brindeau, Maillart, Motirose lils, Gol, Maubant et Bressant.
Mesdames : Dupont, Maillard, Emilie £everd, Berner*
260 LE THÉATRE-TOANCAIS.
m» Rose^Du^U, Amtê'Auèert, jReffniermhrei Thénard fille, ffm, Dmn, devenue femme Menjaud, Wmzel^
Suzanne Brocard, Ba/ptiste aînée fille, devenue femme Desmousseaux, Mante^ Mercey^ Plessy^ Denain^ Rachel Félifc^ Augustine Brohan^ Allan^Despréam, Rébecca Felus^ Bowmh M (Pleine BroAan, Judith^ Nathalie, Fix^
Famrt, Dubois et Ouyon,
Cette phalange a bravement soutenu la retraite.
Trait'-d'unlon.
VOdém, érigé en Second-Thêatre-Français par Ordonnance royale du mois d'avril 1818^ et ouvert le 19 septembre suivant, a travaillé pour notre Première scène en lui
fournissant irenté-quatre sujets [débulaiUs, pensionnaires ou sodelaires) indiqués ci- après, et qui raliachent cette troupe au principal objet des perquisitions que renferme ce livre. Voici les noms de ses artistes fondateurs :
La/argue^ Joanny^ Duparai^ Clozel, Firmin^ Perraud, Bavidj Armand-Bailly, Okazel^ Beïlemnce, Perner,
Provost^ TMmrd jeune ^ Samsom^ Bric-Bermrd, Lehome, FrédérichrZeTnaUre, Bocage, Arnault^ Edouard^ FeroUhf Alphonse, JLigier, Moucheté Valmore, Doligny, Zockroy, Reawvallet^ Bel^fosse^ Stoekleit^ BelaUtre^ Rey^ MilonrThibaudeau, Pierron, Mmrose fih, Sainie^ Marie^ Alexandre Mauzin^ Bouvière^ Ballande, DaT" court, Al/r^id Baron, Rosambeau^ Desmyer, etc.
Mesdames George Weimer^ Anaïs, Wenzel, Falcoz, Mo' ' reau-Sainti^ Cosson, Alexandrine Noblet^ Lagardère^ Samt'Ammd, Virginie Bourbier^ Allan^Borval, Gras* saUy Afamme, Naptal^ Barras, Martelleur^ SaintSi^
LB TEEATR&FRàNÇâIS.
iaire, Frantfia, Milen, Delattre, FUzcIlci\ devenue femme Astruc, I>ui€rire, it>aùatier, George cadette, Clairet^ PetU^ AHgnier^ devenue femme Frédérick-Lemaître» CMrin, Gersay, BtoUn mère, OhatUm, Chrenfiot, de- Tenue femme Lockroj, A. Perroud^ etc.
MeniioQ honorable aux efforts de ces auxiliaires.
C'est sous celte déuominatloo que se donnaient auirotois les soirées consacrées au repos des Premiers sn^etSf et qui tournaient au profit des dispositions reconnues cbez les Acteurs secondaires. — On ne s'occupe plus de cela aujourd'hui que le partage des rôles est arbitraire entre les Auteurs elles Comédiens. — Il n'en est peut-être pas moins utile de donner une idée de Tancien état de choses» afin de consta- * ter que de simples Dmblee étant devenus^ par la pratique, de bous, d'excellents C hcf s -d Emplois^ ce moyen doit rendre à ceux d'à présent l'itnitalion possible et le succès vraisemblable. Le talent est maintenant assuré de la récompense que Lekain même n*a reçue qu'à compter du milieu de sa carrière*: il était U seul de ses camarades dont leThéA* tre annonçât, par avance» les représentations au Public.
Voici le tableau de ces substitutions encourageautes :
Lekain doublait (irautival. ||/'Vô</f'm doublait Dazincourt. ZamedoublaitLekaiuelMolc Saint-Phal doublait Saint* Dugazan doublait PréviUe et Prix.
Auger. Naudet doublait Vanhove.
/^a;^nc(KfrMoublaitDugazon. Vanhave doublait Brizard. Momel doublait Molé. M"*' Pe(t^doubiaitM»»«Conlat.